Bin Jaminhttp://www.binjamin.info/2005-10-03T20:11:31Zover-blog.com Atom 1.0 Generatorhttp://fdata.over-blog.com/99/00/00/01/img/avatar.pngCe blog se veut un vecteur d'infos généralistes traitant de sujets d'actualité.http://www.binjamin.info/article-24961067.htmlL’eau, ressource globale, ressource locale, enjeu vital2008-11-20T16:30:24Z2008-11-20T16:01:00ZBenhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-329906.html<img src="http://idata.over-blog.com/0/14/26/37/images_divers/eau-robinet-1-.jpg" />
« L’eau peut agir sans
poisson, mais le poisson ne peut agir sans eau »
Lao Tseu
L'eau est un élément fondamental, indispensable à la vie. Nous sommes tous composés à majorité d’eau. Sans elle, pas de vie sur terre. Malheureusement,
dans certaines parties de la planète, elle est une denrée très rare et difficile d'accès. Polluée par les activités humaines, pillée par des multinationales, première victime du réchauffement
climatique, l’eau est le meilleur baromètre pour constater l’état de santé de notre planète. Et l’eau est en danger !
Enjeu global
Synonyme de vie, l’ « Or bleue » est également vecteur de mort et de maladies : d’après un rapport de l’OMS (Organisation mondiale
de la santé) du 26 juin 2008, les problèmes d’eau, d’assainissement et d’hygiène, sont responsables de 9,1 % des maladies enregistrées chaque année dans le monde. Les enfants en sont les
premières victimes, puisque l’eau est en cause dans 22 % des maladies des moins de 14 ans.
Mme Annette Prüss-Ustün, une des auteurs du rapport, a souligné lors d’une conférence de presse à Genève que : « Dans les 35 pays les
plus touchés, plus de 15 % des maladies pourraient durablement être évitées en améliorant l’eau, l’assainissement et l’hygiène ».
Il existe en matière d’eau une forte inégalité entre pays riches et pays pauvres : si l’eau est à l’origine de moins de 1 % de la mortalité
dans les pays développés, cette proportion atteint 10 % dans les pays en développement. L’eau est mise en cause dans des maladies comme le paludisme, la dengue ou les diarrhées. L’eau
souillée est à l’origine d’un dixième des maladies et de 6 % des décès dans le monde.
Si l’accès à l’eau potable se généralisait, toujours d’après le rapport de l’OMS, à l’échelle de la planète, 9,1 % des journées de travail perdues
pour cause de maladie pourraient être évitées.
Mais un grand nombre des pays en voie de développement n'ont pas les moyens de la dépollution, de même que ceux de lutter contre les multinationales qui
s’approprient à des fins mercantiles les ressources en eau de certains pays.
En Inde par exemple, à
Plachimada, dans l'Etat du Kerala, au sud du Sous continent, Coca Cola avait installé une usine pour produire ses bouteilles à partir de mars 2000. La société pillait sans vergogne les nappes
phréatiques, jusqu’à 500 000 litres d’eau par jour. Après un combat acharné des paysans, aidés par des militants altermondialistes, dont la fameuse physicienne écologiste indienne Vandana
Shiva, les opposants à Coca Cola gagnèrent une première bataille devant la Cour suprême du Kérala, avant de perdre le deuxième round. Aujourd’hui le combat
continue.
Nombre d’endroits à travers la planète, bien souvent au sud, connaissent ce type de batailles. Ben S’mim, village du Maroc, dont les habitants luttent
contre l’Euro-africaine des eaux qui cherche à privatiser la source du village ; Léré, village du nord-ouest du Mali, dont les villageois protestaient contre un projet de privatisation du
réseau d'eau potable jusqu’à ce que les forces de l'ordre tirent à balle réelle sur les manifestants, faisant un mort et plusieurs blessés, tout récemment ; en Chine, où les multinationales
de l’eau commencent à lorgner sur un « marché » gigantesque et encore peu développé, ce qui entraîne d’ores et déjà des annonces d’augmentation du prix de l’eau,
etc.
Les simples individus sont bien souvent seuls et désarmés face à des groupes puissants à la force de frappe financière supérieure à celle de leur propre
état. Leur incroyable détermination permet pourtant de gagner quelques batailles ponctuelles. Mais la vigilance permanente est de rigueur. C’est toujours «David contre
Goliath».
Dans de nombreuses régions du monde, l'eau est également source de conflits géopolitiques plus ou moins larvés : bataille pour le partage des eaux
du Jourdain entre Israël et ses voisins ; bataille autour du plateau du Tibet sur lequel prennent leur source le Brahmapoutre, le Mékong, l’Indus, le Fleuve Jaune et le Yangtze, parmi les
plus grands fleuves du monde (on comprend mieux pourquoi la Chine ne tient pas vraiment à l’indépendance du Tibet) ; bataille pour la répartition des eaux du Nil, pomme de discorde entre
l’Egypte et l’Ethiopie, etc.
Si l’on n’y prend pas garde, après l’or des Amériques du 16ième au 19ième siècle, ou encore le pétrole au 20ième
siècle, l’eau pourrait devenir le facteur déterminant de guerres terribles au 21ième siècle.
Enjeu local
En France maintenant : comme dans le reste de l’Europe, l'eau y devient de plus en plus chère. Au sein de la facture Eau et Assainissement, l'eau
potable représente près de 50 %. Le coût de ce bien de consommation pas comme les autres, parce qu’absolument indispensable, pèse donc de plus en plus lourdement sur les budgets des ménages et
des collectivités territoriales.
La facture d'eau et d'assainissement représente en moyenne 400 euros par ménage et par an (facture moyenne de 120 m3 pour une famille de 4 personnes).
La partie eau potable représente environ 190 de ces 400 euros.
L’eau un besoin essentiel, dont on ne peut se passer et dont l’achat ne peut être reporté à plus tard pour cause de difficultés passagères. Elle
constitue une dépense parfaitement captive : l'usager ne peut choisir son fournisseur et faire jouer la concurrence. Cette dépense est totalement contrainte. On ne peut ainsi absolument pas
faire l’économie d’une interrogation complète sur le meilleur mode de gestion possible de l’eau.
En l’Ile-de-France, l'eau potable est gérée par plusieurs syndicats : le Sedif, Eau de Paris, le syndicat de la presqu’île de Gennevilliers, le syndicat
des eaux de Versailles et Saint-Cloud, la communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise, etc.
Le Sedif - Syndicat des Eaux d’Ile-de-France - mutualise la production et la distribution de l’eau pour une bonne partie de la région parisienne depuis
1923. Cet établissement public de coopération intercommunale gère le service public de l’eau potable pour le compte de 144 communes, soit quatre millions de personnes dans sept
départements.
Depuis 1962, le Sedif est lié par
contrat à Veolia (leader mondial en environnement, multinationale vorace oeuvrant sur les cinq continents, plus de 300 000 salariés dans 67 pays, au chiffre d’affaires de plus de 26
milliards d’euros en septembre 2008). Or ce contrat arrive à échéance le 31 décembre 2010.
Les 144 communes sont ainsi invitées à se prononcer, par l'intermédiaire de leurs délégués siégeant au Sedif, le 11 décembre 2008, sur le futur mode de
gestion de l’eau devant entrer en vigueur au 1er janvier 2011. Il semble logique qu’elles le fassent en toute connaissance de cause et dans l’intérêt général.
Or, depuis plusieurs années, nombre d’études (Cour des Comptes, Haut Conseil au Service Public, Conseil de la concurrence, Chambre régionale des comptes, UFC-Que-Choisir,
etc.) se sont penchées sur la gestion de l'eau, en comparant gestion publique et gestion privée dans différentes villes. D’après ces études, il
convient d’envisager la question sous trois angles :
-Celui de la gestion déléguée
-Celui du prix de l'eau
-Celui de la concurrence dans le cas d'un renouvellement de délégation
Sur la gestion déléguée, l'étude d'UFC Que-Choisir réalisée en 2008 par exemple, estime qu'une économie minimum de 80 à 90 millions d’euros sur les 300
millions de budget attribué au délégataire Veolia, est possible. Cette économie pourrait même atteindre 150 millions d'euros, soit 50 %.
Sur le prix de l'eau, toutes les études réalisées arrivent à la conclusion que la gestion privée entraîne un surcoût significatif pour l’usager. Dans le
cas du Sedif, la Cour des Comptes a évalué ce surcoût à 31 % et l’UFC Que Choisir a estimé le "sur-profit" annuel de l’ordre de 80 à 90 millions d’euros, soit une économie potentielle de 27 à 30
%.
Sur la question de la concurrence dans le cas d'un renouvellement de délégation, dans un rapport publié en 1999, le Haut conseil au service public
constate que seuls 5 % des contrats ne sont pas reconduits avec le délégataire antérieur, se demandant ainsi s’il n’existe pas un « monopole de fait », le facteur concurrentiel n’ayant
alors aucun impact pour baisser les prix.
Tous les rapports montrent que la délégation de la gestion de l’eau à une entreprise privée est une très bonne affaire pour cette dernière et une
facture toujours plus élevée pour les usagers. André Santini, actuel président du SEDIF, prône pourtant le renouvellement de la régie intéressée rénovée, soit la continuation de la délégation à
Véolia.
A Paris, siège des deux plus grands opérateurs privés du secteur de l’eau, la gestion de celle-ci est pourtant en passe de revenir sous contrôle
public.
Un nouvel opérateur public y verra le jour en 2009, qui reprendra les missions aujourd’hui dévolues à la Compagnie des eaux de Paris (Veolia
Environnement) et à Eau et Force, (filiale de Suez-Lyonnaise des eaux), conformément à l’engagement contracté avant sa réélection par Bertrand Delanoë, réélu maire de Paris en mars
2008.
Au vu de tout cela,
Sachant que l'eau n'est pas un bien comme les autres, mais un besoin essentiel et qui constitue une dépense captive,
Sachant par ailleurs que d'importants bénéfices et plus-values sont réalisés par Véolia au détriment des populations des 144 communes relevant du
SEDIF,
Sachant que ce dernier est propriétaire de toutes les installations de production et de distribution (usines, réservoirs, canalisations...) et a donc,
depuis 85 années d'existence, les compétences requises pour être gestionnaire de la production et de la distribution de l'eau potable,
Sachant que de nombreuses villes et collectivités, telle Paris, ont prouvé la pertinence et l'efficacité d'une gestion en régie publique tant du point
de vue de la maîtrise et de la qualité du service que de la baisse du prix de l'eau,
Sachant que tous les rapports et études réalisés depuis 10 ans
concluent à une baisse du prix de l'eau plus importante dans l'hypothèse d'un retour en régie,
Ayant par ailleurs comme objectifs :
-la réduction significative du prix de l'eau,
-la recherche de l’excellence environnementale dans une logique de développement durable,
-le droit de regard des usagers, des salariés et des élus de ce secteur sur des décisions et une gestion plus
transparente,
-la volonté de réduire les inégalités des populations et des territoires dans l’accès à l’eau,
Les villes au sein du Sedif ne peuvent pas accepter la continuation de la délégation de la gestion de l’eau à Véolia. Il faut que le 11 décembre
une majorité de délégués disent non à André Santini et réclament une gestion de l'eau en régie.
L’UFC Que Choisir a démontré par ailleurs que le prix de l’eau en région parisienne est le double de ce
qu’il devrait être. C’est la plus chère de France, autour de 3 € le mètre3, alors qu’elle serait autour de 2 € si sa gestion n’était pas déléguée à Veolia. De plus, cette dernière
réalise dans le secteur 90 millions d’€/an de bénéfices indus.
L’eau n’est pas une marchandise ! Elle n’a pas à rapporter de l’argent à des actionnaires mais à être
accessible à tous, au même titre que l’air que nous respirons.
Alors battons-nous, du local au global, pour une eau bon marché, gérée
dans l'intérêt général et dans la plus totale transparence.
http://www.binjamin.info/article-24505321.htmlNos enfants nous accuseront...2008-11-20T16:22:41Z2008-11-07T10:14:00ZBenhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-329906.html
Nos enfants nous accuseront...
Chaque année en Europe 100 000 enfants meurent de maladies causées par l'environnement.
70% des cancers sont liés à l'environnement dont 30% à la pollution et 40% à l'alimentation.
Chaque année en France , on constate une augmentation de 1.1% des cancers chez les enfants.
En France , l'incidence du cancer a augmenté de 93% en 25 ans chez l'homme...
Rien à ajouter, si ce n'est qu'ayant eu moi-même un cancer dans les voies digestives dont personne n'a su m'expliquer exactement la cause, je me sens particulièrement et concerné par ce
documentaire, et très en colère contre cette putain d'industrie agro-alimentaire. Qu'elle aille se faire foutre et que tout le monde aille voir ce film courageux!
http://www.binjamin.info/article-24450495.htmlYes, they did !2008-11-05T17:01:19Z2008-11-05T16:46:00ZBenhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-329906.html<img src="http://idata.over-blog.com/0/14/26/37/images_divers/Cynthia_McKinney_Congressional_photo.jpg" />
Certes, Cynthia McKinney, candidate des
Verts (ou plutôt « Greens ») n’a pas gagné l’élection présidentielle américaine du 4 novembre 2008. On pouvait en douter, non ? Doit-on pour autant faire les éternels écolos aigris
et bouder notre plaisir ?
Mais d’abord avant de passer au cas de Barack qui intéresse tout le monde, un petit retour sur Cynthia :
Cynthia Ann McKinney (photo) est née le 17 mars 1955. Elue à la chambre des représentants des
États-Unis avec l'étiquette du Parti démocrate à partir de 1993 et durant 12 ans, elle y représentait le 4e district de Géorgie.
Après sa défaite en 2006 face à un policier au Capitole, elle a viré de bord pour se rapprocher des Verts américains, à tel point qu’elle est devenue leur candidate officielle pour l’élection
présidentielle qui vient de se dérouler.
Cynthia McKinney est la première élue noire américaine du Congrès à avoir demandé une commission d'enquête sur les événements du 11 septembre 2001. Elle a également longuement enquêté sur la
tragédie des Grands Lacs, dénonçant une politique étrangère américaine brutale et irresponsable en Afrique noire. Elle fut envoyée spéciale en Afrique du Président Clinton dans les années 90,
l’ayant conduit en 2001 à l’organisation d’une table ronde sur l'attentat du 6 avril 1994 (avec des agents du FBI, des éléments de la CIA, des enquêteurs du Tribunal Pénal International et des
témoins de l'attentat) qui avait provoqué la mort du président Juvénal Habyarimana et marqué le début du génocide rwandais.
Ces nombreuses prises de position courageuses lui ont surtout valu le fait d’être
cataloguée par les observateurs de la vie politique américaine comme une « théoricienne du complot ». Il faut dire que d’après elle, 5 000 prisonniers avaient été abattus par
le pouvoir après l'ouragan Katrina. Elle accusait également Jeb Bush, le frère du président, ancien gouverneur de Floride, de trafic de drogue avec la Colombie. En dehors de ces propos, qui
peuvent d’ailleurs très bien relever de la manipulation, Cynthia avait comme piliers de son programme la justice sociale, la démocratie participative et la non-violence. Excellent
programme ! Mais bon, l’en dehors du « politically correct » à l’Américaine garantit à coût sur le boycott médiatique.
Cynthia McKinney faisait partie des trois outsiders (avec Ralph Nader, l’éternel indépendant, et Bob Barr, le « libertarien ») capables de faire de la figuration à l'échelle nationale.
A l’heure où ces lignes sont écrites, nous ne connaissons pas son score, mais ce qui est sûr, c’est que tout le monde s’en fout. En 2004, son prédécesseur, David Cobb, avait obtenu
120 000 voix (moins de 0,1 %).
Mais là, là, tous les espoirs de changement et les attentes d’une grande partie du peuple américain s’étaient focalisées sur la personne de Barack Obama. Et il a gagné ! De façon
incontestable ! Autant en 2000, l’élection de Bush était sujette à controverse, autant là, rien à dire : Barack a obtenu 349 mandats de grands électeurs sur 538, contre 163 à son rival,
selon des résultats non encore définitifs. Pour être élu, il devait en obtenir 270.
Dès cette nuit, des scènes de liesse ont éclaté dans tous les Etats-Unis, puis dans d’autres pays à travers le monde, notamment au Kenya, pays de la famille paternelle du nouveau président
américain, où le président Mwai Kibaki a même décrété jeudi jour férié afin de célébrer « l'exploit historique » de Barack Obama.
A travers la planète, les alliés traditionnels de Washington, mais également certains pays hostile à l'hégémonie américaine, ont vu dans cette élection un signe de « changement et
d'espérance ». La Chine et l'Inde, les deux grandes puissances émergentes, ont exprimé l'espoir que leurs relations avec la première puissance mondiale s'élèvent à « un nouveau
niveau ». Le continent européen s’est réjouie à l’unanimité, Russie exceptée, celle-ci étant rarement enthousiaste sur les signes de manifestation démocratique qui semble
fonctionner.
Le taux de participation quant à lui a atteint le chiffre record de 66%, ce qui peut paraître faible chez nous, mais qui est pourtant du jamais vu depuis 1908 aux
Etats-Unis.
Barack dans le texte, lors de son 1er discours de Président des Etats-Unis devant ses partisans dans le Grant Park, au bord du lac Michigan, dans son fief de
Chicago :
« Il a fallu longtemps. Mais ce
soir, grâce à ce que nous avons fait aujourd'hui et pendant cette élection, en ce moment historique, le changement est arrivé en Amérique » […] « Si jamais quelqu'un doute
encore que l'Amérique est un endroit où tout est possible, qui se demande si le rêve de nos pères fondateurs est toujours vivant, qui doute encore du pouvoir de notre démocratie, ce soir est la
réponse ».
Tout est dit : ils sont forts ces Américains ! Un pays hier encore honni de la planète, détesté du Nord au Sud de l’Equateur, pour son impérialisme et ses guerres iniques en Irak et en
Afghanistan, pour son hégémonisme et son orgueil vis-à-vis des autres pays, pour son système économique libérale appliqué par tout le monde et ayant amené à la crise actuelle, la plus grave
depuis 1929, redevient le temps d’une élection le « phare devant guider le monde ». Attention tout de même à ce que sa lumière n’aveugle pas une nouvelle fois la plupart des gens.
N’oublions pas que la doctrine de « la destinée manifeste » des Etats-Unis, idéologie quasi religieuse de la Nation américaine développée dès 1840 pour justifier le génocide des Indiens
ou encore l’invasion du Mexique, guide encore la politique étrangère de ce pays, qui a toujours du mal à envisager les points de vue différents des siens.
Sous Bill Clinton (1992-2000), qui était pourtant nettement plus apprécié que Georges W. Bush, n’oublions pas les guerres, n’oublions pas les plans d’ajustement structurels, n’oublions pas
l’embargo irakien responsable de la mort de milliers de femmes et d’enfants innocents, n’oublions pas l’accélération du réchauffement climatique et de la diminution de la biodiversité,
etc.
Alors certes, un garçon qui s’appelle Barack Hussein Obama, qui a 47 ans, qui est issu d’une famille somme toute modeste, avec un père kényan et musulman, qui est métis, allez, disons même noir,
à la tête de la première puissance mondiale dès janvier prochain, c’est une sacrée revanche de l’Histoire, c’est un sacré symbole et c’est un sacré espoir pour des millions de gens à travers la
planète.
Et c’est là le problème. Barack a été élu sur sa personne, et non sur son programme, démocrate et loin d’être révolutionnaire. Peut-être un peu trop d’attentes pèsent sur les épaules de ce
garçon. Si la déception s’élève dans les mois qui viennent à la hauteur de l’espérance suscitée par Obama, attention à la « gueule de bois » et au retour de
bâton.
Mais bon, pour le moment ne soyons pas bégueules et ne boudons pas notre plaisir. L’élection de Barack Obama est une sacrée bonne nouvelle en ces temps où les occasions de se réjouir
politiquement se font rares. Déjà, il va enfin piquer la vedette à l’excité de l’Elysée et ça, ça va nous faire du bien pendant quelques semaines. Ensuite, avec ses talonnettes, notre
« omniprésident » va faire bien pâlichon à côté du nouveau super héros américain.
So, now, in USA we will try to trust!
Et sinon une petite pensée pour Cynthia McKinney, que tous ceux qui ne connaissaient pas ont déjà oublié.
http://www.binjamin.info/article-24273827.htmlFace à la crise, Tombons les masques!2008-10-31T11:48:38Z2008-10-31T11:21:00ZBenhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-329906.html<img src="http://idata.over-blog.com/0/14/26/37/images_divers/Mitterrand.jpg" />
La crise financière historique que nous traversons actuellement nous donne enfin l’occasion
d’apercevoir le véritable visage du système économique mondial, que nous connaissons en France sous le vocable de « mondialisation », et que nous subissons depuis bientôt trois
décennies. La « croissance », la « sécurité », la « bonne gouvernance », etc., tous ces outils nécessaires à la propagation du néolibéralisme dans les têtes du bon
peuple apparaissent aujourd’hui bien fades face à l’ampleur de la catastrophe, dont nous ne subissons pourtant que les prémices. Alors tombons les masques ! La gauche a une occasion
historique de revenir en force au cœur du champ politique comme elle a su le faire en Amérique Latine, rompant définitivement avec ce libéralisme mortifère.
Or est-ce bien le chemin emprunté actuellement ? Le Congrès du PS approche, et l’on ne voit
pas vraiment apparaître en ses rangs une nouvelle idéologie porteuse d’espoir. L’écologie, la décroissance, la décolonisation de l’imaginaire, toutes ses utopies qui semblent aujourd’hui urgentes
à mettre en œuvre ont une occasion historique d’émerger enfin. Les écologistes et les altermondialistes ne devraient plus crier seuls dans le désert par les temps qui courent. Et
pourtant…
L’insécurité pour oublier la lutte des classes
L'insécurité consiste en un sentiment d'anxiété que peut ressentir un individu ou une collectivité
devant ce qui peut advenir. Peur quant au présent et peur quant à l’avenir. Le sentiment d'insécurité peut être individuel ou collectif, combinant danger bien réel ou imagination de celui-ci. Sa
perception est affaire de subjectivité. Les éléments perçus collectivement comme angoissants varient d'un pays à l'autre, d'une période à l'autre, d'une catégorie de population à une autre,
etc.
De nombreux acteurs politiques n’hésitent pas à surfer sur le sentiment d’insécurité, voire à le
susciter, dans l'optique d’obtenir le soutien des populations sensibles à ce discours. Sentiment d’insécurité quant à son logement, à son emploi, à sa retraite, à sa santé, à la délinquance dans
son quartier, la crainte d’un acte terroriste, etc. Les sujets enclins à susciter le sentiment d’insécurité sont nombreux aujourd’hui.
Des auteurs comme Frédéric Fappani
font apparaître la notion de sentiment d'insécurité entre 1970 et 1980 : ce sont exactement les rapports Peyrefitte de 1977 et Bonnemaison de 1982 qui consacreront l’insécurité en France,
parallèlement à la mise en place du premier plan Vigipirate en 1978 par Valéry Giscard d’Estaing alors que l’Europe connaît une vague d’attentats.
L’insécurité est une manière de se saisir de la question de l'augmentation de délinquance, notamment dans les quartiers populaires, sans avoir à se prononcer sur les causes. Ne serait-elle donc
pas une manipulation de l'Etat ?
L’insécurité est en effet une notion bien commode pour dissimuler la question sociale et les
rapports de classes, dans une société de plus en plus inégalitaire : la France, qui n’a jamais créé autant de richesses, comptait par exemple, en 2006, 7,9 millions de personnes pauvres (si
l’on définit la pauvreté, selon un critère européen, en dessous du seuil de 60% du revenu médian), soit 13,2 % de la population.
Dans un pays traumatisé par le chômage de masse, élément structurel de notre économie depuis le
début des années 70, la peur du déclassement social frappe cependant toutes les couches de la population, pas seulement les plus pauvres. Cela provoque une peur de l’avenir dissuadant bien
souvent les salariés de revendiquer de meilleurs salaires, déjà bien contents d’avoir un job. Leur frustration n’a plus qu’à être détourné et canalisé vers un bouc émissaire, l’autre, le
différent, l’étranger, technique vieille comme le monde, par des hommes politiques, à droite, mais également malheureusement parfois, à gauche : l’étranger, l’immigré, le sans papier, celui
qui serait responsable de tous les maux de la France. Les banlieues françaises brûlent ? C’est la faute à ces jeunes immigrés incapables de s’intégrer (nés en France, ils ne sont pas plus
immigrés que le reste du pays). Le chômage augmente, c’est du à la pression démographique exercée par ces immigrés du Sud se ruant à nos frontières, etc.
Parfaitement exploitée par Le Pen à partir du début des années 80, cette technique de l’immigré
bouc émissaire a contaminé progressivement tous les esprits au fur et à mesure que la droite pérorait et que la gauche renonçait. Ce phénomène est décrit par des penseurs comme Pierre Tévanian
sous le terme de « Lepénisation des esprits » et a quand même amené Jean-Marie Le Pen à être présent au second tour des élections présidentielles d’avril 2002.
Aujourd’hui, en octobre 2008, Nicolas Sarkozy est président de la République française et pratique
par le biais de son Ministère de l’immigration et de « l’identité nationale », dirigé par Brice Hortefeux, une politique inique de traque aux clandestins, faite d’enfermement et
d’expulsion, dans la droite ligne de ce dont rêvait depuis bien longtemps le Front National. Ce n’est pour rien que son électorat a été véritablement siphonné par Sarkozy.
Le recul de l’Etat providence
Mais si l’Etat français consacre une telle énergie à traquer les immigrés, c’est parce qu’il a
abandonné des pans entiers de sa souveraineté et de ses prérogatives parallèlement à l’imprégnation dans tous les esprits de l’idéologie néolibérale. Il reconcentre alors son énergie sur le peu
qui lui reste, la sécurité. Depuis les années 80, on n’entend plus que cela, la nécessité du toujours moins d’Etat, dans l’industrie, dans l’éducation, dans la santé, dans la Poste, etc. Le
moindre interventionnisme de l’Etat est perçu depuis la chute du Mur de Berlin comme une velléité marxiste d’un autre âge.
De plus, la construction de l’Union européenne a provoqué elle aussi des transferts de souveraineté
et donc un abandon de la marche de manœuvre de nos dirigeants. Si cela avait été effectué pour une Europe soucieuse des inégalités sociales, il n’y aurait pas de problèmes, mais malheureusement,
d’ailleurs non sans raison, les citoyens perçoivent de plus en plus l’UE comme une prédatrice de prérogatives françaises, non pas au profit d’un continent plus solidaire, mais bien plutôt d’un
grand marché européen dont les seuls bénéficiaires semblent être les multinationales. Le non au référendum sur le traité constitutionnel de mai 2005 n’est que la conséquence de cet état de
fait.
L’Etat se dépouille progressivement de ce que Pierre Bourdieu nommait la « main gauche », santé, éducation, services à
la personne, pour se concentrer sur ses fonctions régaliennes, armée, police, justice. Et encore, l’armée française se plaint de la vétusté des
matérielles, la police réclame sans cesse une augmentation d’effectifs, confrontée à des populations soi-disant de plus en plus violentes, les juges quant à eux débordent sous les dossiers,
devant appliquer une politique de plus en plus répressive sans moyens supplémentaires, etc. Dans les faits donc, même les fonctions régaliennes de l’Etat français se « tiermondisent ».
Mais dans le discours politique ambiant, seules celles-ci semblent revêtir une importance autre que comptable. Pour les profs, les infirmières ou la sécurité sociale, tout ce qui compte par
contre, c’est la lutte contre les déficits.
Nos hommes politiques ont très bien compris cela et savent parfaitement que leur seule marche de
manœuvre dans la sphère publique concerne les fonctions régaliennes. Lorsqu’ils veulent agir sur l’économie, après avoir fait cadeau au privé pendant vingt ans de toute la richesse publique
française (souvenons-nous par exemple de Thomson cédé au privé par Juppé en 1997 pour 1 euro. Ironie de l’histoire, aujourd’hui l’action en bourse de Thomson vaut moins d’un euro), nos élites
vont alors pantoufler dans le privé. Pour revenir au centre de l’échiquier politique, ils doivent ensuite se concentrer sur la « main droite » de l’Etat, celle des fonctions
régaliennes.
C’est ce que Sarkozy a parfaitement intégré. Après sa traversée du désert entre les présidentielles
de 1995 et celles de 2002, il revient dans le jeu en obtenant le ministère de l’Intérieur. Il va alors surfer sur l’insécurité, multipliant les passages au 20h et devenant la personnalité
française la plus médiatisée de tous les temps, avec plus de 4000 passages télé en dix ans, soit plus d’une fois par jour en moyenne sur dix années !
Instrumentalisation de l’immigration, provocation dans les banlieues, vocable
« racaille » craché avec mépris à la face des habitants des quartiers populaires, sur la dalle d’Argenteuil, un soir d’octobre 2005. S’en suivront, après la mort de Zyed et Bouna, 17 et
15 ans, électrocutés dans un transformateur électrique où ils s'étaient réfugiés pour échapper à un contrôle de police, des émeutes urbaines violentes dans une grande partie des banlieues
françaises. Nos élites viendront ensuite pérorer à la télévision les raisons à cela : Finkielkraut, censé être un « intellectuel », ira ainsi invoquer la polygamie comme phénomène
explicatif des émeutes (pourquoi pas les kebabs ?). Et on connaît la suite, Sarkozy, quand même en grande partie responsable de ces émeutes, surfant sur la peur des autres, de ces
« nouveaux barbares », se fera élire Président de la république en mai 2007, ayant récupéré toutes les voix du Front National.
Ces jeunes des banlieues ne sont pourtant que les nouvelles « classes dangereuses »,
comme les ouvriers au 19ième siècle, ceux qui subissent le plus durement le système, qu’ils soient exploités comme hier ou oubliés et marginalisés comme aujourd’hui. En 1871, les
journaux dominants de l’époque décrivaient les partisans de la Commune de Paris comme des barbares, des fous sanguinaires, sans aucune volonté politique si ce n’est tout détruire. Pareil pour les
jeunes de novembre 2005. Pourtant dans les deux cas, il s’agit d’un sentiment de révolte diffus qui finit par entraîner le passage à l’acte par une exacerbation du sentiment d’injustice, en
l’occurrence la mort de deux innocents et les provocations d’un ministre de l’Intérieur pour le second cas.
Quand la gauche renonce…
On aurait alors aimé entendre à ce moment là la gauche remettre en avant la question sociale, le
phénomène d’exclusion vécu dans ces quartiers face à une autre marge de la population qui s’engraissait avec l’accélération de la globalisation financière : enrichissement incommensurable de
quelques uns face à la dégradation des conditions de vie dans les pays du Sud et les quartiers relégués des pays du Nord. Mais non, le PS continuait de courir après la droite sur le terrain de
l’insécurité. Sa « nécessaire » mue idéologique passait par l’inclination devant le « divin marché » et la croissance. Et face au renoncement économique, ne reste plus que la
lutte contre l’insécurité, mais « de gauche » (c’est quoi, une matraque en peau de zibeline ?), pour traiter la question sociale.
Depuis 1983 et le tournant de la rigueur, les socialistes ont abandonné la notion de lutte des
classes. Mitterrand déclarait alors « la lutte des classes n’est
pas pour moi un objectif ». Lui qui s’était précisément fait élire sur des discours virulents contre les riches pour siphonner l’électorat du PC. Sauf qu’en 1984, le chômage augmente de
25% et que durant l’hiver 1985, Coluche, face à l’inaction de la gauche au pouvoir, ouvre les Restos du Cœur pour soulager les exclus des premiers balbutiements en France de la Globalisation
financière qui met à bas l’Etat Providence. Réélu en 1988, Mitterrand et ses amis socialistes vont continuer à « mettre du Mercurochrome sur une jambe de bois » (dixit
Coluche), tentant par quelques mesurettes de pallier aux effets les plus dévastateurs du néolibéralisme mondial (relayé alors par les institutions de Bretton Woods et les fameux plans de
réajustement structurel du FMI, et par deux ambassadeurs de choc, Margaret Thatcher et Ronald Reagan).
Les ouvriers, chômeurs et classes populaires, oubliés par les Socialistes, renoncent au vote où
vont vers le Front National, seul parti leur adressant désormais la parole.
Entre 1997 et 2002, lorsque la gauche revient au pouvoir, elle privatise plus d’entreprises que
sous Balladur. Elle a cette fois-ci complètement renoncée. On sait ce qu’il advient, elle n’est même pas présente au second tour des élections de 2002. Et au lieu d’opérer enfin une mue
idéologique non pas pour céder aux sirènes du tout marché mais pour proposer une nouvelle grille de lecture du monde, telle qu’issue par exemple des mouvements altermondialistes qui donnent de la
voix depuis 1999, la gauche préfère culpabiliser les électeurs.
Et aujourd’hui, et bien le parti socialiste est encore « à contresens sur l’autoroute des
idées » (François Ruffin). Alors que toutes les bourses s’effondrent, Delanoë, lancé à la conquête du PS, se proclamait, très fier de lui, « libéral », au printemps dernier.
Manuel Valls voulait abandonner le nom de « socialiste » pour soi-disant, comme si c’était l’urgence tant attendue par le petit peuple, « réconcilier les idées de gauche et le
marché ». C’est vrai que lorsque Dominique Strauss-Kahn, aujourd’hui directeur du Fonds monétaire international, était ministre de l’économie et des finances entre 97 et 99, nous
vivions sous domination des Soviets. C’est au contraire lui qui contribua à enterrer définitivement toute idée socialiste au sein du PS concernant l’économie. Le deuil du socialisme est fait
depuis longtemps au PS. Ségolène Royal quant à elle, ancienne candidate malheureuse face à Sarkozy, prône depuis la campagne présidentielle l’ouverture au Modem, c'est-à-dire au centre
droit.
Le plus drôle, c’est que dans le même temps, de l’autre côté de l’Atlantique, des personnalités
telles qu’Alan Greenspan, ex directeur de la FED, ou encore Lawrence Summers, 71e secrétaire au Trésor américain entre 99 et 2001, pas vraiment des gauchistes patentés, commencent à
douter des bienfaits de la totale dérégulation. Les Socialistes français prennent le train en marche dans le dernier wagon alors qu’il s’apprête à heurter le mur de plein fouet. On aurait pu
souhaiter pour la gauche d’un pays comme la France, si souvent révolutionnaire au cours de son histoire, un peu plus de clairvoyance et de sens critique.
Les Socialistes n’ont-ils pas remarqué que de l’autre côté des Alpes, leurs amis, qui se sont
proclamés démocrates et non plus socialistes après leur ouverture au centre, se sont pris une « branlée » monumentale aux élections d’avril 2008 ? Ce pourtant par une personnalité
aussi ridicule et caricaturale que Silvio Berlusconi, englué dans les affaires jusqu’au cou et ayant gouverné déjà deux fois l’Italie sans avoir laissé un souvenir impérissable. La seule leçon à
tirer de tout cela, c’est que lorsque la gauche court après la droite, elle perd, notamment sur le thème de l’insécurité. Celle-ci, et il faut le marteler sans cesse, n’est que le paravent, le
cache-sexe, de la question sociale.
Le dogme croissanciste
L’autre paravent, masque bien pratique pour dissimuler les inégalités sociales, c’est la
sacro-sainte CROISSANCE. Les parts du gâteau ne sont pas équitables ? Grossissons le gâteau à l’infini. Or, et personne ne nous l’explique jamais dans les médias dominants, comment base t’on
un système économique sur une croissance infinie sur une planète aux ressources finies ? Posez la question à Elie Cohen et il vous regardera avec de grands yeux genre « qu’est-ce que
c’est que cet ahuri ? Un Bolchevique sans doute !».
Les économistes libéraux parlent du fameux trickle-down effect : en créant toujours plus de richesses d’abord captées par les classes supérieures, celles-ci
seront ensuite redistribuées du haut vers le bas de la société de façon automatique, comme par magie. Sauf que les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres, et
toujours aussi nombreux. Un rapport du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) de 2005 estimait que les 50 plus grandes fortunes du monde gagnaient alors plus que les 416
millions de personnes les plus pauvres. Pour celles-ci, les effets positifs de la croissance se font encore attendre, alors que les négatifs, réchauffement climatique et dégradations
environnementales (pollutions des sols, des eaux, sécheresses, perte de biodiversité, etc.) sont de plus en plus perceptibles. Par exemple, un habitant lambda du Bangladesh reste toujours aussi
pauvre mais a de plus en plus souvent les pieds dans l’eau.
Comme le dit George Monbiot, journaliste et universitaire britannique spécialiste de
l’environnement, « les gouvernements adorent la croissance parce qu’elle les dispense de s’attaquer aux inégalités ». Henry Wallich, ancien gouverneur de la Réserve fédérale
américaine entre 74 et 86, tient le même discours : « La croissance est un substitut à l’égalité de revenu. Tant qu’il y a de la croissance, il y a de l’espoir, et cela rend
tolérables les grands écarts de revenus. » « La croissance est un sédatif politique qui étouffe la contestation, permet aux gouvernements d’éviter l’affrontement avec les
riches, empêche de bâtir une économie juste et durable ». Là encore, ce n’est pas un gauchiste invétéré qui s’exprime. Une trace de ce type de propos dans les motions socialistes pour
le Congrès de Reims ? Une seule, dans la motion Utopia, prête pour la décroissance, mais qui risque au mieux de faire 5% et qui sera donc absente de l’exécutif PS pour les années qui
viennent.
Et pourtant, pourtant l’actualité n’a jamais autant donné raison aux partisans d’un changement de
système économique. Alors pourquoi pas l’écologie et la décroissance ?
Une occasion historique
Toute la planète finance s’effondre, les multiples mises en garde des altermondialistes qui depuis
des années criaient seuls dans le désert se vérifient, les penseurs les plus libéraux découvrent tout d’un coup les vertus de l’interventionnisme étatique, etc. Il faut « refonder le
capitalisme » sur de bonnes bases, rien que cela. Nicolas Sarkozy a beau jeu maintenant de prendre la posture du chef d’orchestre de la refonte du capitalisme et du retour de l’Etat, lui qui
prône depuis des années l’adoption en France du libéralisme anglo-saxon. Il faut garder à l’esprit qu’il y a encore quelques semaines, son gouvernement proposait un texte pour dépénaliser le
droit des affaires et donc permettre aux financiers de jouer notre argent avec encore plus de facilité. Et aujourd’hui François Fillon refuse de financer le sauvetage des banques par
l’augmentation des impôts (qui toucherait d’abord les plus nantis). Il préfère grever le déficit : tout le monde paye pour l’irresponsabilité de quelques uns qui par ailleurs s’en sont mis
plein les poches ces dernières années.
320 milliards d’Euros, oui 320 milliards, c’est la somme débloquée par l’Etat français sous
présidence Sarkozy pour sauver les banques, dont 10,5 milliards injectés immédiatement pour soulager les six grandes banques françaises ! Et ce n’est que le commencement. Comparaison n’est
pas raison, certes, mais mettons à côté de ce chiffre celui du trou de la sécu, 15 milliards prévus en 2009, servant à justifier en permanence les déremboursements de soins (dentaires, optiques,
frais d’hospitalisation, etc.), ou encore le budget de l’éducation nationale, 58 milliards d’Euros pour 2008, 19 milliards de moins qu’en 2007, et 13 500 postes de profs supprimés l’année
prochaine, toujours pour raison budgétaire. Dernier chiffre : 10 milliards d'euros, c'est exactement le montant nécessaire pour éradiquer la faim dans le monde, selon une estimation des
Nations Unies.
On le voit, la priorité de l’Etat français aujourd’hui, ce n’est ni la santé de nos concitoyens, ni l’avenir de nos enfants, mais le sauvetage d’un système économique libéral complètement fou. La
machine infernale s’est autodétruite, ce phénomène ayant accéléré ces dernières années par l’impéritie d’une poignée de financiers rapaces dont la majeure partie de nos dirigeants, français et
européens, partage encore aujourd’hui le même prisme idéologique (celui du libre échange).
L’économie réelle commence juste à subir les premiers effets de la crise financière. Dans les mois
qui viennent, 20 millions de personnes risquent de se retrouver au chômage dans le monde (chiffre du directeur du Bureau International du Travail - BIT.) Précarisation accrue au Nord,
multiplication des émeutes de la faim au Sud, nous ne sommes plus dans l’urgence mais dans la bérézina.
Les mouvements de résistance à la globalisation financière, écologistes et altermondialistes, n’avaient jamais encore vu leurs constats critiques sur l’économie s’avérer,
malheureusement, aussi justes. Ce n’est pas pour cela qu’ils sont plus entendus. Bien au contraire, ce sont exactement les mêmes acteurs, pompiers pyromanes, qui mettent leur casquette à l’envers
pour prôner aujourd’hui ce qu’ils réfutaient hier, disons pour faire vite l’intervention de l’Etat et le retour du secteur public sur la scène internationale. Et les Nicolas Baverez, Elie Cohen,
Jacques Attali et autre essayiste de salons, qui nous bassinent depuis des lustres avec la nécessité du tout marché, sont les mêmes aujourd’hui qui, sans honte aucune, nous vantent les vertus de
l’Etat. Mais « qu’on leur coupe la tête ! » pour citer la Reine de Pic dans Alice au Pays des Merveilles. Foutez-nous la paix !
Allons nous encore écouter longtemps les mêmes vieilles badernes radoter sur nos ondes et dans nos
journaux la nécessité de nous adapter à ce monde libéral qui n’a plus aucun sens. L’argument budgétaire pour freiner les avancées sociales, c’est fini ! Quand on trouve 320 milliards en 24h
pour sauver des banques, on est en mesure de trouver des sous pour tout le reste.
Alors saisissons cette occasion historique : parlons écologie, parlons décroissance conviviale et solidaire, parlons partage des ressources naturelles entre le Nord et le Sud. Cela n’a plus
rien d’utopique quand les soi-disant « réalistes » libéraux nous foutent en l’air la planète. Et s’ils ne veulent toujours pas nous écouter, il va falloir les pousser vers la sortie
avec un coup de pied au derrière.
Pour citer Jean Jaurès, un socialiste qui lui n’a jamais renoncé : « ce que la vie m’a révélé, ce n’est point l’idée socialiste, c’est la nécessité du combat. » Alors
battons-nous !
Le rassemblement des écologistes de tous bords est une première étape pour peser face à tous les partisans du productivisme qui se sont, s’en rendent-ils compte aujourd’hui, historiquement
plantés. Cessons d’agrandir le gâteau, la planète ne le supporte plus, mais partageons-le enfin en parts égales car, comme le disait Gandhi, « il y a assez de biens en ce monde pour les
besoins de tous, mais pas assez pour l’avidité de chacun. »
http://www.binjamin.info/article-24273560.htmlSemons la biodiversité!2008-10-31T11:49:18Z2008-10-31T11:13:00ZBenhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-329906.html
Les 27 et 28 octobre à Paris, DES ELUS SONT DEVENUS RECELEURS en acceptant des sachets de semences
paysannes remis par le collectif "Semons la Biodiversité" !
Le 28 octobre, une délégation du collectif « Semons la biodiversité » a remis sur le Parvis de l'Hôtel de
Ville de Paris des sachets de semences fermières (semences sélectionnées par l'industrie semencière mais multipliées à la ferme) et paysannes (semences sélectionnées et reproduites à la ferme) à
Denis Baupin, adjoint au Maire de Paris chargé du Développement Durable, de l'Environnement et du Plan-climat, et Fabienne Giboudeaux, adjointe au Maire de Paris en charge des espaces verts.
Tous les échanges de semences paysannes, même à titre gratuit, sont interdits par la législation française alors qu'ils sont indispensables à la survie de la biodiversité cultivée par les
paysans. Par ailleurs, les paysans qui ont récolté dans leurs champs ces grains de blé refusent de payer des royalties à l'industrie semencière : ils sont de ce fait coupables de contrefaçon et
toute personne acceptant de recevoir ces semences devient coupable de recel d'une contrefaçon.
Après Jacques Boutault, Maire du 2e arrondissement de Paris qui avait accepté la veille au soir les sachets de semences paysannes, en présence de plus de 350 personnes en salle Jean Dame, deux
autres élu-e-s sont devenu-e-s receleurs...
Les élus receleurs
envoyé par latelevisionpaysanne
DÉCLARATION COMMUNE ADOPTÉE LE 27 OCTOBRE A PARIS PAR LE COLLECTIF "SEMONS LA BIODIVERSITÉ"
"Nous, paysans, jardiniers, consommateurs, citoyens, réunis ce lundi 27 octobre à la salle Jean Dame de la mairie du 2° arrondissement de Paris, déclarons nous associer au mouvement des semeurs
volontaires de biodiversité. En conservant, en semant, en multipliant, en échangeant et en vendant des semences de variétés paysannes libres de droit, non mutées ni manipulées et non inscrites au
catalogue officiel, nous refusons : tout droit de propriété intellectuelle sur le vivant, brevet ou certificat d'obtention végétale, le fichage génétique des plantes ou des animaux dans le seul
but de faciliter ces formes légales d'appropriation privée des biens communs, les semences industrielles manipulées grosses consommatrices d'engrais et pesticides chimiques qui réchauffent la
planète et affament les peuples pauvres pour nourrir les animaux et les voitures des riches,
En conservant, en semant, en multipliant, en échangeant et en vendant des semences de variétés paysannes libres de droit, non mutées ni manipulées et non inscrites au catalogue officiel, nous :
contribuons au renouvellement indispensable de la biodiversité cultivée, garantissons l'existence d'agricultures paysannes et biologiques seules capables de nourrir et de refroidir la planète,
défendons notre droit à une nourriture suffisante, de qualité et à la souveraineté alimentaire, devenons volontairement receleurs et diffuseurs de variétés paysannes interdites par des lois
illégitimes,
Nous exigeons une évaluation indépendante et contradictoire des risques des OGM sur la santé, l'environnement et les agricultures paysannes, biologiques et de qualité. Toute coexistence est
impossible et le droit des régions et des pays à refuser toute culture de PGM et toute semence contaminée doit rester inaliénable. Une semence ou un produit n'est pas un peu contaminé. Ils sont
contaminés ou ne le sont pas. Nous refusons toute dissémination de plantes génétiquement manipulées, que ce soit par transgénèse, mutagénèse dirigée, fusion cellulaire, nanotechnologies ou autres
techniques de bricolage du vivant.
Les semences sont le bien commun des communautés rurales qui les ont sélectionnées et conservées. C'est pourquoi, au soir de cette initiative de la campagne « semons la biodiversité », nous nous
engageons à faire respecter les droits collectifs des paysans et des communautés d'user, de développer, d'échanger et de protéger leurs semences, première marche du droit des peuples à la
souveraineté alimentaire, contre la globalisation du commerce.
Si l'ensemble des paysans, jardiniers, consommateurs, citoyens sèment et cultivent la biodiversité enfermée dans les banques de gènes partout dans leurs champs, jardins privés, partagés ou
publics, sur leurs balcons, alors le château de carte des Droits de Propriété Intellectuelle sur le vivant s'écroulera."
A Paris, le 27 octobre 2008
http://www.binjamin.info/article-23167902.htmlLe Rsa, « Reste Sans Argent »2008-09-26T18:50:24Z2008-09-26T18:42:00ZBenhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-329906.html
« Le discours politique est destiné à donner aux mensonges l'accent de la vérité, à rendre le meurtre respectable et à donner l'apparence de la solidarité à un simple courant d'air ». Georges Orwell
A Droite, il fait avaler de travers, à gauche également, bien entendu pas pour les mêmes raisons. Cette dernière se veut de ne pas l’avoir inventé plus tôt, la première s’indigne que son chef à
talonnettes, élu sur les promesses des baisses d’impôt, en sorte actuellement un nouveau par semaine.
Mais l’ensemble de l’échiquier politique (exceptée la « gauche juste avant les bombes » comme dirait Denis Robert, ou l’extrême droite dont on se fout de l’avis) semble d’accord sur une
chose, « le RSA est une bonne idée.» Est-ce donc si vrai ?
Premier argument pour commencer, certes un peu démago mais ça fait du bien : toutes celles et ceux que l’on entend sur les ondes dire du bien du Revenu de Solidarité Active n’auront jamais à
le toucher à la fin du mois.
Exemple : Martin Hirsch, grand gourou promoteur du RSA. Avec une allocation
mensuelle de 12 795 euros, à laquelle il faut ajouter un accès gratuit au réseau SNCF (1ère classe), des quotas de déplacements aériens, une mise à disposition d'un parc automobile, des
dépenses téléphoniques et de courrier, une voiture de fonction avec chauffeur et enfin un logement de fonction pris en charge par l'Etat d'une superficie maximale de 80 m² plus 20 m²
par enfant à charge (autant dire un logement social), le Haut commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté n’aura sans doute jamais besoin du RSA en complément de revenu. Lui et ses
collègues ministres, de même que les parlementaires, de droite comme de gauche, dithyrambiques sur le RSA, n’auront jamais à se soucier de fins de mois difficiles (à moins qu’ils aient été assez
cons pour souscrire à un PEA, plan d’épargne en actions, « dynamique », comme disent ces escrocs de conseillers financiers, bientôt tous
« subprimés »).
Une fois cela dit, arrêtons-nous donc tout d’abord sur les termes, « solidarité active ». C’est quoi le contraire, une solidarité passive ? On regarde les pauvres à la télé d’un
air attendri ? Et que la collectivité verse un complément de revenus aux travailleurs précaires parce que le système économique est devenu tellement inique que travailler ne suffit plus à
subvenir à leurs besoins élémentaires, ça c’est « actif » ?
« Solidarité active », ça ne veut rien dire ! La solidarité est une et indivisible, comme la laïcité. La solidarité est une démarche humaniste de personnes qui choisissent ou ressentent une obligation morale d'assister d’autres personnes. Elle existe en elle-même et n’a que faire
d’adjectif lui collant au derrière. Elle est holistique, comme dirait les sociologues. De même que la laïcité, qui n’est pas « positive » (que signifie « laïcité
positive » ? Comme dirait Christophe Alévêque « se faire mettre un doigt dans le cul par un curé en chantant la Marseillaise ? »).
C’est toujours la même méthode en Sarkozye : on prend un concept de gauche, la solidarité, ou la laïcité, on le saucissonne et on l’instrumentalise ensuite (la « bonne laïcité »,
la « bonne solidarité », comme s’il pouvait y en avoir des mauvaises). Et ces benêts du PS, au lieu de crier à l’imposture, courent derrière en se désolant de ne pas y avoir pensé plus
tôt. Il ne faudra pas s’étonner après si François Bayrou devient Président en 2012 sur les cendres encore chaudes de la Rose, qui aura perdu définitivement ses
épines.
Les termes mis à part, le Revenu de Solidarité active, c’est quoi donc ? Il s’agit d’une allocation qui vise à la fois à remplacer les minima sociaux existants comme le RMI ou l’API,
allocation de parent isolé, et à se substituer à des dispositifs comme la prime pour l’emploi.
Le RSA, c’est censé être pour ceux qui ne travaillent pas un revenu minimum et pour ceux qui
travaillent un complément de revenu. C’est du moins comme cela qu’on le présente au Gouvernement. La mise en place du RSA repose sur l'idée qu'une partie des chômeurs ne travaille pas car,
bénéficiant de minimas sociaux assortis de droits connexes, ceux-ci n'ont pas intérêt financièrement à reprendre un emploi. C’est vrai qu’au chômage après un emploi au SMIC, situation déjà vécue
par des millions de Français, on s’éclate par les temps qui courent.
On voit bien que les crânes d’œuf qui ont pondu ce type d’analyse partent déjà d’un à priori quant à une situation, la pauvreté, qu’ils ne connaissent qu’à travers les statistiques, mais
certainement pas à travers des expériences personnelles (prouvez-moi le contraire ! Je ne demande que ça !
De plus, les RSAistes, comme les chômeurs indemnisés par l'Assedic, devront respecter les obligations définies dans leur projet personnalisé d’accès à l’emploi et ne pourront refuser deux offres
«raisonnables» sous peine de sanction/suspension de la prestation. Le RSA, un bel outil pour surveiller et punir les pauvres.
Le RSA garantira pour l’instant un revenu salarial plafonné à 1.040 € par mois. Ouaouh ! Les pauvres travailleront donc plus, seront surveillés,
mais resteront pauvres. Certes on fera baisser les chiffres de la « très grande pauvreté », en faisant gagner une centaine d’euros supplémentaires à des précaires pour les faire sortir
des barèmes statistiques désobligeants pour le Gouvernement, mais ces personnes resteront soumises à un salaire de misère, à un temps de travail rallongé, et la collectivité paiera de plus le
complément qui devrait être réglé par les entreprises. Plutôt que l’assistance généralisée, des salaires décents pour tous me parait être une revendication plus classique mais beaucoup plus
logique.
Petite information, les entreprises ont reçu, en 2008, 65 milliards d'€ d'aides publiques, dont 32 milliards d’€ rien qu'en allègements de «charges» ou exonérations de cotisations. Ce chiffre est
à comparer déjà avec le coût, 1,5 milliards d’€, du RSA. Qui sont réellement les plus assistés dans notre pays ?
Martin Hirsch semble oublier qu'aujourd'hui les salaires pratiqués sont de plus en plus bas et l'emploi de plus en plus précarisé. Comme dirait Gérard Filoche, «Un salaire, c’est un salaire,
pas un soin palliatif». C’est là la question centrale. Mais tandis que les entreprises et leurs actionnaires, après s’être gavées de façon ignominieuse sur le dos des salariés, font
aujourd’hui payer la note de leur impéritie aux contribuables (voir crise des subprimes et autre couillonnade libérale), le gouvernement fait culpabiliser les premières victimes de ce système
suicidaire et leur balance des cacahuètes. Surtout que cette grosse cacahuète de RSA risque d’inciter les entreprises, voyant que la collectivité paye la note, à verser des salaires de plus en
plus minables. La suppression du Smic est en marche et la droite en a parfaitement conscience. La gauche elle dit que « l’idée est bonne mais qu’il ne faut pas la faire payer par les
classes moyennes », avec le prélèvement prévu de 1 et quelques % du Capital. Ignares ! L’idée est mauvaise !
Comme d’habitude, les bénéfices, c’est pour le privé (le blocage de l’augmentation des salaires avec le chantage au chômage), et les pertes (le RSA), c’est pour la
collectivité.
Tout ceci pour le plus grand bénéfice des patrons. La preuve : en mars 1998, le président du CNPF (ancêtre du Medef), un certain Ernest Antoine Seillière, avait suggéré dans un entretien à
la Tribune que l’Etat pourrait compléter le salaire que les entreprises régleraient « à hauteur de ce que peuvent payer les clients » par un, et les mots sont de lui,
« revenu de solidarité ». Il manquait le mot « active ». Merci Martin Hirsch. Avec lui, finie la pauvreté. Vive la précarité pour tous !
http://www.binjamin.info/article-22736569.htmlLe poids des mots, le choix des photos2008-10-31T11:47:42Z2008-09-12T11:16:00ZBenhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-329906.html<img src="http://idata.over-blog.com/0/14/26/37/images_divers/photo.jpg" />
Une polémique stérile frappe actuellement le landernau politique français, montrant une nouvelle fois l’impéritie lamentable de
nos hommes politiques actuels concernant leur vision et de la guerre, et du rôle du journaliste, et plus largement de la liberté de la presse :je veux parler des débats autour des photos
publiées dans Paris Match (ci-dessous, dans le numéro du 4 au 10 septembre 2008) montrant les Talibans qui, le 18 août 2008, ont tué 10 soldats français lors d’une embuscade en
Afghanistan.
Comme le
rappelle Michel Guerrin, chef du service culture du Monde, dans son édito du vendredi 12 septembre 2008, les critiques autour de ce photoreportage de Paris Match, réalisé par
la journaliste Véronique de Viguerie, ont trois angles :
D’abord il constituerait « une insulte » vis-à-vis de nos soldats tués et de leur famille, ensuite il ferait « la promotion » des Talibans et enfin il fragiliserait l’effort
militaire français en Afghanistan.
Si le premier argument est à peu près recevable du point de vue des familles des victimes, qui n’ont pas encore eu le temps de faire leur deuil, les deux autres sont inopérants si l’on tient un
tant soit peu à la liberté de la presse et au devoir d’informer. Néanmoins une phrase de Pascale Aragonès, épouse du chef de corps du 8e RPIMa encore en Afghanistan actuellement, est
choquante : « Je me demande comment cette journaliste se regarde en face dans la glace », a t’elle déclaré à propos de Véronique de la Viguerie. Cette personne n’a
visiblement pas compris quel était le rôle d’un journaliste, surtout reporter de guerre, mais nous mettrons cela sur le compte de l’émotion.
Mais le plus lamentable, ce sont les réactions de nos hommes politiques : Philippe de Villiers a parlé à propos de ce reportage de « haute trahison ». On en attendait pas moins de
l’excité du bocage vendéen, mais le Premier Ministre François Fillon ou le Ministre de la Défense Hervé Morin ne sont pas en reste, de même qu’à gauche, ce qui est stupide de la part de personnes
se voulant progressistes, chacun y va de sa critique à l’encontre de la journaliste de Paris Match : Pierre Moscovici ou Jean-Luc Mélenchon au PS, de même que Daniel Cohn- Bendit chez les
Verts, qu’on a pourtant souvent connu bien plus inspiré.
Rappelons que les photos qui font polémique sont celle où l’on voit des Talibans qui semblent en train de poser avec des « trophées », objets qui appartenaient aux soldats français
tués, casques, armes, treillis, et celle qui montre en gros plan la montre d’un des soldats remise ensuite par les Talibans à la journaliste qui l’a rendue à la famille de celui-ci de retour en
France.
Revenons-en à l’argumentaire : ce reportage et ces photos feraient la promotion des Talibans et affaibliraient la France. Mais qu’est-ce que c’est que ce discours martial ? Nous sommes
bien en temps de guerre, celui du « eux et nous » cher à Georges Bush et aux dangereux excités de la Maison Blanche qui , espérons-le, ont déjà commencé à faire leur carton. Mais, et
désolé pour tous ces politiques français qui veulent surfer sur l’émotion des familles et de l’opinion publique pour se redorer l’image, le rôle du journaliste est de déconstruire ce
discours : il n’y a pas de « eux et nous », il n’y pas que les affreux Talibans contre les gentils Occidentaux partis loin de chez eux pour apporter la démocratie aux quatre coins
de la planète. Ca, ce sont les discours.
Mais ces Talibans sont des êtres humains qui existent, même si ça dérange, et le rôle du reporter de guerre, rempli ici avec beaucoup de courage et un grand professionnalisme par
Véronique de la Viguerie, est de montrer les deux, voire les multiples facettes de la réalité.
Lorsque des journalistes filment nos seuls soldats français en Afghanistan, bien peu les accusent de faire la promotion de l’armée et de prendre parti, alors que d’un strict point de vue
journalistique, il s’agit de propagande puisque l’on a qu’un seul discours à l’écran ou sur le papier, le notre, celui de l’Etat français par le biais de ces forces armées.
Si les Talibans recrutent si facilement en Afghanistan et qu’ils sont soutenus par une partie de la population, c’est qu’en face les « bavures » (le mot est bien trop faible) de l’OTAN
se multiplient et les Occidentaux sont de plus en plus perçus comme des envahisseurs. Un exemple, le 22 août dernier, près du village d'Azizabad, à quelques 120 kilomètres
d'Hérat (non loin de la frontière iranienne), un raid des forces internationales sous commandement américain et de commandos afghans a fait 90 morts parmi les civils, principalement des femmes et
des enfants. 90 morts bon sang ! Et pas des militaires qui ont signé pour être prêts à risquer leur vie! Des innocents, l’innocence même quand il s’agit d’enfants. Bien peu de nos
hommes politiques français se sont alors indignés. Que feriez-vous si vous étiez Afghans?
Alors oui c’est vraiment affreux ce qui est arrivé à dix de nos soldats, mais c’est cela la guerre ! Et les responsables de
tous ces deuils et ces drames, ce sont les politiciens qui ont décidé dans leur bureau d’aller livrer bataille dans un pays lointain, qui n’a jamais eu de répit depuis la fin des années 70. On
amène la démocratie avec le dialogue, la confrontation d’idées, l’exemplarité, et certainement pas avec les bombes et les chars.
Les journalistes qui montrent la cruauté de ces Talibans ne sont eux, sûrement pas responsables de tout ce « merdier »,
mais ils tentent courageusement de faire leur travail en allant sur le terrain, au plus prêt des acteurs, pour déconstruire des discours politiques et nous montrer l’horreur de la réalité, à nous
qui sommes bien loin de tout cela, tranquillement attablés devant le poste (malgré certes la « crise du pouvoir d’achat »).
Surtout, les reporters de guerre montrent à ces hommes politiques qui eux décident des guerres, portent réellement la responsabilité de tous ces morts, et restent soigneusement loin
des combats, et bien que la guerre, c’est con et ça tue ! Je croyais que chez nous, on l’avait compris depuis la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948.
Rien ne justifie la guerre, seule peut se défendre l’idée de la résistance à l’oppression. Et pour paraphraser Gandhi,
contrairement à la doctrine de Machiavel, la fin ne justifie pas les moyens. Quand les moyens utilisés ne sont pas justes, la fin n’est jamais bonne. Et la guerre n’apportera jamais la
démocratie. L’Afghanistan est partie pour rester un bourbier dans les décennies qui viennent, et si Sarkozy a envoyé de jeunes soldats français là-bas, ce n’est certainement pas pour le bonheur
des civils afghans.
Alors plutôt que de critiquer l’excellent travail de Véronique de Viguerie (bravo à elle !), prenons-en nous donc à nos
dirigeants qui ont décidé, pour faire plaisir au Grand Frère américain, de participer à cette guerre inique.
Certes Paris Match se fait du pognon avec tout ça, mais « c’est de bonne guerre », sans vouloir faire de vilain jeu de
mots.
http://www.binjamin.info/article-22624657.htmlLes pilleurs du vivant2008-09-08T16:00:10Z2008-09-08T15:34:00ZBenhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-329906.html<img src="http://idata.over-blog.com/0/14/26/37/images_divers/p_left.gif" />
« Il y a assez de tout
dans le monde pour satisfaire aux besoins de l'homme, mais pas assez pour assouvir son avidité ». Le Mahatma Gandhi
Que diriez-vous si une entreprise étrangère brevetait la recette de la baguette, chaque boulanger français se
voyant alors obligé de lui demander l’autorisation et de verser des royalties pour faire son pain ? C’est pourtant ce qui arrive notamment aux Indiens Ashaninka du Pérou concernant le Sacha
Inchi, une amande à la base de leur alimentation.
En 2006, un rapport de l’Union internationale pour la Conservation de la nature a démontré une nouvelle fois
que le développement de la civilisation humaine est en train de ravager un des plus grands trésors de notre planète, la biodiversité. L’exploitation croissante des ressources naturelles à des
fins commerciales détruit non seulement la diversité du vivant mais s’accompagne également de ce qu’Aminata Traoré nomme pour l’Afrique un « viol de l’imaginaire », le pillage culturel
des peuples autochtones. L’absence de règles internationales sur l’utilisation des ressources naturelles permet à chacun de s’approprier des savoirs traditionnels au détriment de leurs détenteurs
ancestraux à travers le système des brevets. C’est ce que l’on nomme la biopiraterie.
Ce phénomène de prédation planétaire ne fait jamais la une de l’actualité, alors que des millions de personnes
partout sur la planète, parmi les couches populaires les plus fragiles, en sont directement victimes. Il est donc grand temps que les militants écologistes s’emparent de ce sujet, au confluent
des urgences sociale et environnementale, pour sensibiliser l’opinion publique et lutter contre ce fléau.
Le fait de s’approprier les ressources biologiques d’un pays, d’une population ou d’une communauté à des fins commerciales, par le biais de dépôts de
brevets sur des gènes ou des espèces, sans respecter les droits des détenteurs des savoirs locaux, est essentiellement une pratique des laboratoires privés des pays du Nord.
Ces laboratoires profitent d’un vide juridique pour, d’une part diminuer leurs dépenses de recherche et
développement en utilisant les savoirs traditionnels, et d’autre part s’approprier l’exclusivité des bénéfices de leur exploitation.
Quasi absente des médias, la lutte contre la biopiraterie est un élément clef dans la défense de la biodiversité,
enjeu écologique majeurs du XXIe siècle, aussi déterminant pour l’avenir de notre planète que le réchauffement climatique.
La biopiraterie a été théorisée et clairement définie par Vandana Shiva,
(photo) physicienne indienne et militante écologiste, prix Nobel alternatif 1993, dans son ouvrage La Biopiraterie,
ou le pillage de la nature et des connaissances[1]. Pour celle qui est également directrice de la « Fondation de recherche
pour la science, les technologies et les ressources naturelles »[2] et fondatrice
de l’association Navdanya[3]
, la biopiraterie
« est un déni du travail millénaire de millions de personnes et de cerveaux travaillant pour le bien de l’humanité ».
Le terme « biopiraterie » a été d’abord utilisé pour décrire les brevets
déposés par les grosses firmes privées travaillant sur le génie génétique dans les années 1980 afin de s'approprier un
droit exclusif sur les gènes du génome humain, des plantes, et plus largement de tout ce qui est vivant, notamment les ressources naturelles de populations autochtones.
Mais ce type de pratique est du point de vue de Vandana Shiva, bien plus ancien : ces velléités prédatrices
exercées par l’Occident colonisateur peuvent s’observer par exemple dès le XVème siècle, lorsque le pape Alexandre VI Borgia accorde aux rois catholiques, Isabelle Ire de Castille et Ferdinand II d'Aragon, toutes les terres se situant à l'Ouest et
au Sud des Açores, en l’occurrence les Amériques que découvre par erreur Christophe Colomb en 1492, croyant être arrivé aux Indes.
Une autorité occidentale proclame alors unilatéralement son droit de propriété sur
des espaces encore inconnus (d’elle-même). Les populations locales, pourtant habitants légitimes de ces terres, regroupées sous le vocable erroné d’ « Indiens », n’ont plus qu’à
accepter cet état de fait ou à disparaître. La suite de l’histoire tout le monde la connaît : au prétexte d’exporter le progrès en ces territoires inexplorés par les colons européens,
ceux-ci vont massacrer sans vergogne la majorité des Amérindiens. Entre les pillages auxquels se livrent Anglais, Français et Néerlandais au Nord ou Portugais et Espagnols au sud, auxquels on
peut ajouter les maladies apportées par bateaux du Vieux Continent, coqueluche, rougeole, variole ou encore peste bubonique, les « Indiens » d’Amérique passent de plusieurs dizaines de
millions à la fin du XVe siècle à quelques centaines de milliers au XVIIe siècle. Ce « vol » des terres et de la vie de ces millions d’ « indigènes » américains par les
colons européens avides d’or et de ressources naturelles n’a pas d’équivalent dans l’histoire de l’humanité. Nos livres d’Histoire sont pourtant bien peu bavards en la matière[4].
Aujourd'hui, il n’y a plus de tels espaces géographiques à conquérir, et le XXe
siècle a été marqué par le paroxysme mortifère puis le déclin (relatif) des Etats Nations. Les grandes firmes multinationales ont pris le relais de ces derniers dans le processus de prédation
planétaire, et leurs nouveaux terrains de conquête se trouvent désormais à l’intérieur des êtres vivants, au niveau des cellules et des gênes.
Après la conquête de l’or (qui a justifié les massacres perpétrées pendant trois
siècles par les Espagnols en Amérique du Sud, à la recherche notamment du mythique Eldorado), puis de l’ « or noir » durant tout le XXe siècle, semble venu le temps de
l’ « or vert ».
Toute la vie sur terre, infiniment riche et diverse, que l’on peut désigner sous
le vocable « biodiversité », est devenue objet de convoitise pour les industries agrochimiques, pharmaceutiques ou encore biotechnologiques, se livrant à une prospection incessante des
plantes et des savoirs y étant associés. Nouveaux médicaments, produits cosmétiques, produits phytosanitaires et agroalimentaires, les débouchés commerciaux des gisements verts constituent une
immense source de profits pour les multinationales, particulièrement avides en la matière.
Non seulement ces firmes s’emparent de connaissances censées appartenir à
l’ensemble de l’Humanité, mais de plus, comme 90% de la biodiversité se situe dans les pays du Sud, elles pillent les dernières richesses de populations extrêmement fragiles. Déjà martyrisés par
l’histoire, massacrés, colonisés et exploités par les Occidentaux, nombre de peuples du Sud voient aujourd’hui leurs savoirs ancestraux appropriés par des grandes entreprises sans aucune
contrepartie.
La biopiraterie constitue alors une des formes les plus poussées et les plus
insidieuses de colonisation dont ait fait preuve l'Occident.
Il existe pourtant à l’échelle internationale des dispositifs censés protéger les
droits des peuples autochtones. Ainsi la Convention sur la Diversité Biologique (CDB)
[5], signée lors du Sommet de la Terre à Rio en 1992, reconnaît officiellement l’existence de savoirs traditionnels et permet de faire
valoir le principe de l’antériorité de ces savoirs oraux sur les droits conférés par des brevets. Mais dans le cadre des discussions autour de cette convention, les firmes multinationales
cherchent encore à accroitre leur contrôle sur les ressources naturelles aux dépends des communautés rurales et indigènes par le biais d’un lobbying incessant. Elles continuent
de promouvoir la privatisation du vivant.
A l’ère de l’économie de la connaissance, les questions de propriété
intellectuelle sont au cœur des négociations commerciales internationales. Dans le cadre de l’Organisation Mondiale du Commerce, les ADPIC (Accords sur les Aspects de Droits de Propriété
Intellectuelle qui touchent au Commerce) constituent depuis le G4 de Postdam, la clef de voute du système de libre commerce. Les ADPIC protègent ainsi les firmes multinationales du Nord en leur
permettant de breveter les ressources naturelles au détriment de la souveraineté alimentaire des pays du Sud.
En France, sur le marché très développé des produits cosmétiques, de nombreux
laboratoires vont puiser leurs matières premières dans les zones de grande diversité biologique, faisant de notre pays un territoire privilégié pour les biopirates.
Face à cela, un groupe de travail s’est crée en 2007 pour défendre les droits des
peuples autochtones et proposer des modes de valorisation alternatifs de la biodiversité et des savoirs traditionnels associés. Il réunit des associations de défense des droits des peuples
indigènes et relaye le travail de terrain réalisé par des organisations et des gouvernements sur la biopiraterie, dans le but de faire annuler les brevets biopirates déposés en Europe. Il est
vrai que le temps presse. Le gouvernement péruvien a dénoncé en 2006 et 2007 deux brevets déposés par des laboratoires français sur le Sacha Inchi. Les laboratoires GREENTECH et COGNIS ont en
effet déposé un brevet pour des applications cosmétiques de l’huile de Sacha Inchi, utilisée depuis des siècles par de nombreuses ethnies amazoniennes dans leur alimentation et leur hygiène
corporelle. Ces entreprises prétendent avoir découvert que l'huile et les protéines extraites de cette plante pouvaient servir à faire des cosmétiques particulièrement performantes dans les soins
anti-âge. Or des écrits datant de 1992 rapportent que l'usage cosmétique du sacha inchi par les peuples du Pérou est connu depuis longtemps. Il y est décrit que les femmes mélangent l'huile de
sacha inchi à de la farine de la graine pour préparer une crème revitalisante et rajeunissante; et les hommes frottent leur corps avec l'huile pour soigner les douleurs musculaires et les
rhumatismes après l'effort. La preuve est faite que les brevets sont contestables, et ce combat ne fait que commencer.
Face à des enjeux économique très importants, la lutte contre la biopiraterie ne concerne ni plus ni moins que de
la défense de la diversité de la vie, biologique et culturelle. Les peuples autochtones qui ont su jusqu’à aujourd’hui préserver les secrets de la nature, sont plus que jamais menacés par la
voracité des businessmen planétaires, démunis face aux règles du jeu définis par les pays développés. Notre participation à ce combat constitue à cet effet une humble pierre à l’édifice d’un
monde solidaire, dans lequel l’enrichissement de quelques uns ne pourra plus se faire au détriment de tous les autres.
Benjamin Joyeux, avec l'aide de Matthieu Mellul (collectif Biopiraterie)
Pour plus d’infos :
-www.icra.org
-www.biotech.indymedia.org
-www.biopiraterie.org (en cours de construction)
[1] Biopiracy : The Plunder of Nature and Knowledge, Vandana Shiva, SouthPress, 1997
[2]
Research Foundation for Science, Technology and Natural Resource Policy
[3]
http://www.navdanya.org/
[4]
Lire à ce propos l’excellent ouvrage d’Howard Zinn, professeur émérite à la Boston University, Une histoire populaire des Etats-Unis, publié en
France chez Agone, 2002.
[5]
www.cbd.int
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http://www.binjamin.info/article-20738784.htmlAprès Vincennes, à quand la prochaine explosion ?2008-06-25T13:00:10Z2008-06-25T12:13:00ZBenhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-329906.html<img src="http://idata.over-blog.com/0/14/26/37/images_divers/P811086D651950G_px_470__w_ouestfrance_.jpg" />
L’incendie qui a complètement détruit les bâtiments du centre de rétention administrative de Vincennes (CRA), dimanche 22 juin 2008, était malheureusement
prévisible. Il est le résultat d’une politique inique, inhumaine et scandaleuse, en matière d’immigration, conduite sciemment par le Président de la République et son gouvernement. Cet incendie
est également la conséquence d’une gestion calamiteuse des conditions de détention dans notre pays, que ce soit en centre de rétention administratif ou dans les établissements
pénitentiaires.
Contrairement aux affirmations cyniques et grotesques du député UMP Frédéric Lefebvre, l’incendie n’a
pas été provoqué ou entretenu par les associations de défense des sans papiers, qui manifestaient alors à l’extérieur du centre, mais bel et bien par le décès, samedi 21 juin en fin d’après midi,
d’un Tunisien âgé de 41 ans suite à un arrêt cardiaque. Ainsi, un homme, non pas un chiffre ou une statistique chers à Brice Hortefeux, meurt enfermé, et ses codétenus s’interrogent légitimement
sur les circonstances de son décès, jusqu’à la révolte ayant amené certains à mettre le feu à leur matelas. Ce type de phénomènes s'observe également de plus en plus dans les prisons françaises
surpeuplées et indignes de la République, quoi que dise notre Garde des Sceaux ("à champagne" comme dirait le Canard).
Cet
incendie est donc le fruit d’un sentiment d’injustice et de colère vécu par des gens qui, rappelons-le encore, ne sont ni des délinquants ni des criminels mais des êtres humains dont la seule
faute est d’avoir voulu coûte que coûte gagner la France pour améliorer leurs conditions de vie. Essayer de détourner l'attention sur la responsabilité des associations est absolument indigne.
L'UMP n'a décidément peur de rien en matière de démagogie.
Le
CRA de Vincennes était le plus grand centre de rétention administratif de France, avec 249 personnes enfermées au moment du drame, tête de pont de la politique d’expulsion pratiquée par Sarkozy
et son ministre de l’immigration Brice Hortefeux. Il est aujourd’hui totalement détruit.
Ce
nouvel incident doit amener l'excité de l'Elysée à s’interroger sérieusement sur le bilan de sa politique migratoire à très courte vue, qui coûte cher à notre pays en terme de drames humains,
entache douloureusement notre parvis des droits de l’Homme, donne une image calamiteuse de la France à l’étranger, et dont les bénéfices sont totalement nuls pour nos concitoyens qui eux, se
préoccupent surtout de leur pouvoir d'achat. Et ce n'est pas une campagne de communication (de propagande) grotesque orchestrée par Thierry Saussez, le gourou publicitaire de Sarkozy, qui va faciliter les fins de mois de plus en plus difficiles de la majorité des
Français.
Arrêtons donc de poursuivre, d’arrêter, d’enfermer et d’expulser les étrangers en situation irrégulière comme s’ils étaient des criminels. Stop à la
politique du chiffre ! Dans un prochain article, nous verrons d'ailleurs combien coûte précisément, en monnaie sonnante et
trébuchante, cette politique migratoire raciste et stupide faite pour galvaniser l'électorat d'extrême droite et qui ne résout en rien les problèmes de notre pays.
Si la France continue à pratiquer ce type de politique,
la seule question à se poser est malheureusement: où et quand la prochaine explosion ?
Expulsion des immigrés clandestins, diminution des
remboursements de soins, chasse aux sans papiers, aux chômeurs, aux jeunes des cités, aux syndicalistes, stigmatisation des profs, des petits fonctionnaires, des Français issus de l'immigration,
des associations de défense des droits de l'homme, etc.
La stratégie de la majorité est simple et se résume en
trois points: -aider les riches (paquet fiscal, privatisation des services publics, dont l'audiovisuel public, etc.) -culpabiliser les pauvres (notamment la nouvelle "offre
raisonnable d'emploi" dont l'esprit sous-entend que l'on peut se complaire dans le chomage. On voit bien que ce texte a été écrit par un jeune sous-ministre, Laurent Wauquiez, qui ne connaît pas
les mois à moins de 10 000 euros d'argent de poche). -détricoter les derniers restes de l'Etat providence tel qu'issu du Conseil national de la Résistance après la Seconde Guerre Mondiale,
en gros ce qui faisait la spécificité, donc la fierté de la France.
On l'a voulue, on l'a la "rupture"!
Mais attention, l'urgence sociale est de plus en plus
prégnante et la majorité ferait bien de se méfier d'un retour de bâton, pas de l'opposition, totalement inefficiente, mais bel et bien de la rue. Même Raffarin sent bien que "ça peut péter à tout
moment!".
http://www.binjamin.info/article-20415951.htmlBilderberg: quand l’élite se réunit à huis clos pour diriger le monde…2008-06-14T12:23:21Z2008-06-13T15:19:00ZBenhttp://www.over-blog.com/profil/blogueur-329906.html<img src="http://idata.over-blog.com/0/14/26/37/images_divers/Bilderberg1954meeting.jpg" />
Et bien on ne trouve pas beaucoup de journalistes pour relayer l’information. Chaque année à la même période, le groupe de Bilderberg se
réunit discrètement en un bel hôtel de la planète pour traiter des affaires du monde. Cette fois-ci, la réunion « secrète » a eu lieu à l'hôtel Westfields Marriott de Chantilly, en
Virginie, à une quinzaine de kilomètres de l'aéroport international de Washington Dulles (plus pratique en sortant du jet, un petit coup de limousine et on y est), le week-end dernier.
Mais
qu’est-ce donc que ce groupe de Bilderberg ? Comme le résume très bien Wikipedia, le groupe de Bilderberg, ou conférence de Bilderberg, ou encore Club Bilderberg est un rassemblement annuel et non-officiel d'environ 130 membres, dont la
plupart sont des décideurs, des influenceurs comme on dit en marketing, banquiers, hommes politiques, industriels, universitaires, haut fonctionnaires, personnalités d'influence dans le monde du
travail et de l'éducation, et journalistes. Ce groupe se réunit depuis 1954 (photo de la première réunion) en différents lieux d’Europe ou d’Amérique du Nord. L’idée de départ était de
renforcer, dans le contexte de la Guerre Froide, la coopération entre les Etats-Unis et leurs partenaires européens, notamment via l’OTAN. Bien entendu, leur rôle a considérablement évolué depuis
la chute du mur de Berlin.
Certains vont jusqu’à affirmer que Bilderberg est le lieu où sont choisis les futurs présidents américains et Premiers ministres britanniques.
Cela serait corroboré par la présence de Bill Clinton à ces réunions en 1991 et celle de Tony Blair en 1993. Sans aller jusque là, les peuples choisissant tout de même à la fin leur dirigeant par
le biais des urnes, le groupe de Bilderberg constituerait un des principaux lieux décisionnels de la mondialisation.
Ainsi les « Bilderbergers », comme ils se nomment eux-mêmes, à l’abri des regards extérieurs, en dehors de toute médiatisation, gèrent
les affaires du monde. Ce genre de groupe, c’est vraiment du pain béni pour tous les adeptes de la « théorie du complot ». A leur décharge, sur ce coup là, on ne peut que comprendre
leur paranoïa. Alors que la réunion s’est tenue les 7 et 8 juin, pas une agence, pas un journal et très peu de sites Internet pour relayer cette information. On se croirait dans Le Talon de
Fer, de Jacques London. Saluons les sites Alterinfonet et Rue89, les seuls qui ont parlé de la réunion de cette année. Pourtant rien que la liste des participants avait de quoi allécher
toute la presse, notamment people.
Aller, « en exclu » comme ils disent, voici la liste des participants français de cette année :
-Christophe Margerie, PDG de
Total,
-Thiery de Montbrial, président de l’Institut français des Relations internationales (IFRI), ça c’est pour le côté intello,
-Nicolas Baverez, doxosophe de salon et « déclinologue » célèbre,
-Henri de Castries, président du directoire du groupe AXA,
-Bertrand Collomb, président du Conseil d’administration du groupe Lafarge,
-Bassma Kodmani (ouaih, une femme !), directrice de l’Arab Reform Initiative,
-Et dame Christine, comme disait Philippe Alexandre,
Christine Okrent, épouse de l’autre et toujours dans les bons coups,
jusqu’ici rien
d’étonnant
Pour les politiques :
-Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d’Etat aux affaires européennes,
-François Pérol, secrétaire général adjoint de l’Elysée,
-Hubert Védrine, prof de relations internationales pour VIP au portefeuille bien garni,
-Jean-Claude Trichet, Président de la Banque centrale
européenne,
-Et petite surprise, Manuel Valls, oui, oui, le
socialiste député-maire d’Ivry en campagne, comme tout le monde au PS en ce moment, pour prendre la tête du parti.
Que faisait donc ce dernier au groupe de
Bilderberg ? Il donnait des cours de socialisme ? N’en doutons pas ! Un peu comme Strauss Kahn au FMI ou Lamy à l’OMC. En fait, ce sont des taupes infiltrées au cœur du grand
capital pour faire sauter cette mondialisation inique qui creuse chaque jour le gouffre des inégalités et amener au pouvoir l’international socialiste.
Merci camarades de vous battre pour les peuples du monde entier asservis par le Capital !
En tous cas, c‘est
Sarkozy qui peut être content. Avec des Socialistes comme ça, le danger est à chercher plutôt du côté des récalcitrants de la majorité. Pendant qu’au PS, on se bat pour savoir qui est le plus
libéral, partout ailleurs, on se bat pour pouvoir finir le mois, surtout les trente derniers jours, alors que le monde n’a jamais autant créé de richesses qu’aujourd’hui.
Soyons sur que le groupe de Bilderberg a travaillé cette année sur une plus juste répartition des richesses et sur la lutte contre la crise
écologique, les deux grandes urgences de la planète en ce début de 21ième siècle. Non ?
D’après le site Alterinfonet, l’ordre du
jour des Bilderbergers de cette année était consacré tout d’abord au prix de l’essence, on s’en serait douté, puis à une probable attaque américaine de l’Iran (oui, oui, les faucons de la
Maison Blanche, fiasco après fiasco, n’arrivent toujours pas à se calmer). Visiblement sur cette question les Bilderbergers européens étaient des plus septiques (c’est bien les gars !).
Enfin, et ça c’est beau, le groupe de Bilderberg a évoqué la lutte contre le terrorisme et, à cet effet, la possibilité de poser une micropuce sur chaque citoyen américain pour surveiller les
possibles futures recrues d’Al Qaeda. Je leur proposerai bien plutôt le code barre dans l’anus, plus discret, mais on va me taxer de vulgarité.
On le voit, le groupe de Bilderberg, c’est vraiment nécessaire pour sauver la planète ! Alors merci à Manuel Valls d’être allé le
surveiller pour que nous la gauche, nous participions à la construction du bonheur de demain.
Désolé Ségolène mais je crois que l’on tient le futur secrétaire du PS. Et avec un PS aussi combattif, la droite a de belles années de pouvoir
sans partage devant elle. Et l’année prochaine, on va tous à la réunion Bilderberg !