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Vendredi 16 septembre 2011 5 16 /09 /Sep /2011 16:54

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Lundi 12 et mardi 13 septembre 2011, se tenait au Centre de Conférence International de Genève (Suisse) une grande « conférence internationale sur le droit à la terre et aux ressources naturelles ». Organisée par le réseau Ekta Europe et le mouvement emblématique indien Ekta Parishad, cette réunion rassemblait des militants et des organisations de tous horizons, sous l’égide de prestigieux partenaires comme CESCI Support Association, DANIDA (gouvernement danois), MINBUZA (gouvernement néerlandais), SDC (agence suisse pour le développement et la coopération), Action Aid, Solidarité, etc. Si la salle n’a contenu qu’au maximum une petite centaine de personnes durant ces deux jours, la conférence a permis des échanges vraiment fructueux et porteurs d’espoir pour l’avenir entre différentes têtes de réseau et personnalités importantes.

 

Tout le monde était là pour débattre du sujet essentiel de l’accès à la terre et aux ressources naturelles pour les différents peuples de la planète. 

 

Au pays des banques et des exilés fiscaux, la conférence d’Ekta voulait rien de moins que tracer « le chemin vers la sécurité alimentaire, l’accès aux ressources naturelles et le développement durable par une économie non violente au niveau mondial ».

 

La conférence s’était ainsi fixée trois objectifs : - tout d’abord attirer l’attention des autorités européennes et internationales sur les problématiques des pauvres ruraux dans les pays en développement ou en transition – ensuite tenter de mutualiser les efforts internationaux pour promouvoir le droit à la terre et le contrôle des ressources naturelles par les communautés locales, ce pour tendre vers la sécurité alimentaire, le travail décent et le développement durable – enfin gagner un soutien politique, institutionnel et financier pour la grande marche organisée par Ekta Parishad en Inde et un peu partout sur la planète en 2012, la Jan Satyagraha.

 

La cérémonie d’ouverture de la conférence à 13h ce lundi 12 septembre place la barre très haut, avec les interventions respectives de l’organisatrice Margrit Hugentobler, coordinatrice d’Ekta Europe, Caroline Morel, directrice de Swissaid, Flavio Valente, secrétaire général du FIAN (Food Information Action Network), Olivier De Schutter, rapporteur pour la droit à la sécurité alimentaire à l’ONU (par vidéo) et bien entendu le désormais célèbre Rajagopal P.V., fondateur et leader d’Ekta Parishad depuis 1991.

 

P1030862.JPG Rajagopal annonce d’emblée la couleur: « Dans un monde globalisé, c’est facile de voyager. La technique et le capital se retrouvent à cette échelle pour exploiter toutes les ressources. Mais le profit ne revient pas aux peuples. Il est gardé par une petite minorité et exporté. Résultat : plus de pauvreté, plus de migrations vers les villes et plus de violence. Ca se passe en Inde et ça se passe partout ailleurs. Les villes deviennent de plus en plus laides et les villages deviennent invivables. Alors comment renverser ce processus ? »

 

Il poursuit : « Nous voulons changer de paradigme de développement. L’espace démocratique se restreint de plus en plus. Mais qu’on le veuille ou non, les gens aspirent au changement. (...) Il faut décentraliser la gestion des ressources contre les décisions venant du sommet. (…) Mais rien ne peut arriver sans une grande solidarité mondiale. Les gouvernements peuvent écraser les mouvements locaux, mais pas si nous nous organisons mondialement. (...) On a tendance à tout attendre de l’Etat. Cela doit changer. Nous ne devons pas avoir une attitude d’attente. La mobilisation est décisive. Il s’agit de créer la solidarité en mobilisant l’opinion publique et d’influencer les institutions internationales comme la FAO, les Nations Unies, l’Union Européenne, etc. Créer des ponts de solidarité et mobiliser l’opinion publique grâce à des gens comme ceux dans cette salle».

 

Tel est l’objectif  de la grande marche de 2012. En 2007 avec Janadesh, en faisant marcher entre Gwalior et Delhi durant 26 jours 25 000 paysans, accompagnés par des dizaines de militants de toute la planète, Ekta Parishad avait obtenu du gouvernement indien une réforme agraire et la mise en place d’une commission chargée d’attribuer des terres aux plus démunis, ceux exclus par les projets de développement concoctés par le pouvoir central en lien avec des multinationales intéressées par le sol et le sous-sol de l’Inde. En 2012, il s’agit de faire marcher 100 000 personnes, en premier lieu paysans et petits producteurs, pendant un an  qui convergeront à Delhi en octobre 2012, en même temps que partout ailleurs sur la planète se dérouleront des actions de solidarité. Cela afin que non seulement le gouvernement indien finisse par tenir ses promesses, mais surtout pour que soit mis à l’agenda international la question de l’accès à la terre, terres qui sont de plus en plus accaparées un peu partout (Afrique, Asie, Amérique Latine, Europe de l’Est) par de grands groupes agro-industriels et des multinationales en recherche de matières premières au détriment des populations locales. 

 

Le message vidéo d’Olivier De Schutter (rapporteur du droit à la souveraineté alimentaire à l’ONU) diffusé suite aux propos de Rajagopal, précise le constat : « La petite agriculture familiale rend de grands services mais subit la concurrence déloyale des grandes exploitations. La marche d’Ekta Parishad en 2012 a une signification universelle. Dans toutes les régions du monde, des communautés se voient exclues du droit à la terre. Or 75 à 80% des pauvres dans le monde survivent dans les zones rurales. Dans beaucoup de régions, existent des programmes de titrisation pour donner le droit de propriété aux agriculteurs, mais ils ne sont pas accompagnés des programmes de soutien nécessaires et amènent à termes à plus de concentration agraire. Il faut garantir le droit de produire dans des conditions satisfaisantes. »

 

Monsieur De Schutter y ajoute une dimension supplémentaire, celle du genre : « Les femmes sont souvent exclues du droit à la terre. Or elles sont majoritaires à produire, mais ont beaucoup de mal à accéder au crédit. Ainsi le combat d’Ekta Parishad est un combat pour les paysans ET surtout les paysannes du monde, c’est un combat pour la planète et la sauvegarde de la biodiversité. »

 

Le secrétaire général de FIAN, Flavio Valente indique qu’entre 50 et 80 millions d’hectares de terre ont jusqu’à présent été transférés de petits propriétaires à des firmes multinationales. Il s’agit d’un acte de « viol social » inacceptable.

 

Flavio Valente rappelle également l’existence de l’Appel contre l’accaparement des terres préparé au dernier Forum Social Mondial, à Dakar en 2011, appel clair pouvant montrer la voie d’une nouvelle gouvernance mondiale sur cette question du droit à la terre.

 

De nombreux autres intervenants de grande qualité interviennent ainsi tout au long du lundi après-midi : Karima Delli, notre jeune et célèbre eurodéputée Europe Ecologie Les verts, enflamme l’assemblée avec un discours de volontarisme politique très loin de la langue de bois. Certes la pauvreté n’est pas à la mode, mais il faut pourtant porter cette question fondamentale au cœur des institutions, et notamment du Parlement européen. Elle s’engage à soutenir au maximum la marche, relayer ses revendications devant le Parlement européen et venir marcher aux côtés de Rajagopal et des paysans indiens plusieurs semaines en 2012.

 

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Madiodo Niasse, directeur d’International Land Coalition, nous livre lui les leçons qu’il a retenues de Gandhi, qui lui rappelle Mandela, dans la simplicité du message face à la « dimension de l’œuvre ». D’après lui, les leçons de sagesse de Gandhi restent très pertinentes et plus que jamais d’actualité aujourd’hui.

 

Après de très enrichissants débats, un « repas culturel » nous est offert dans le centre ville de Genève : Gauri Kulkarni, chorégraphe et danseuse indienne connue, membre d’Ekta loka kala manch (la branche artistique d’Ekta Parishad) nous danse durant une petite heure les épisodes clefs de la vie du Mahatma Gandhi.

 

Le mardi 13 septembre, nous rentrons dans le cœur du sujet organisationnel, en abordant notamment le rôle à jouer de la part des ONG et des agences internationales de développement, avec notamment des représentants d’Action Aid, Action Village India (Grande Bretagne), Oxfam international, Alter Eco, etc.

 

Toutes ces organisations mènent un combat extraordinaire et nécessaire, mais c’est toujours le même soucis : leurs actions et leur budget ne pèsent pas lourds face aux Etats surtout soucieux d’investissements directs étrangers (IDE), aux multinationales prédatrices de toujours plus de ressources naturelles et aux institutions internationales comme l’OMC ou la Banque mondiale, surtout promptes à déréglementer pour toujours plus de libre échange. C’est le combat de David contre Goliath, de don Quichotte contre les moulins à vent, de Sisyphe repoussant sans cesse son rocher.

 

Il est grand temps de globaliser toutes ces luttes, ce qui est l’objet de ma courte intervention ! Et la Jan Satyagraha 2012 d’Ekta Parishad peut être un excellent outil pour réaliser cela.

 

Après dix ans de combat et de lutte, et une énorme crise financière ayant mis à genoux de grandes banques, des pays entiers et des peuples qui n’avaient rien demandé, l’idée portée par ATTAC de taxation des transactions financières se trouve aujourd’hui à l’agenda du G20. Que n’a t’on pourtant tout au long de ces années entendu tous ces faux prophètes du libéralisme effréné nous expliquer la stupidité de cette idée ! Interdire aux multinationales ou aux gouvernements de s’accaparer des terres pour permettre aux populations de pouvoir rester et vivre dignement sur leur terrain, faire primer les règles de la FAO sur celles de l’OMC, reprendre les propositions de l’appel de Dakar et les porter devant l’ONU, etc., utopie ? Les utopies d’aujourd’hui sont de plus en plus les réalités de demain, avec l’accélération du dépérissement du modèle économique dominant se heurtant de plein fouet aux règles immuables de la nature (les ressources, contrairement à l’idée stupide de croissance infinie, ne sont pas illimitées).

 

Europe Ecologie Les Verts a ainsi pleinement vocation à soutenir la démarche d’Ekta Parishad et à en prendre sa part, pour qu’en 2012, plutôt que d’un match François, Martine, Ségolène (Eva Joly ce serait mieux) contre le petit Nicolas ou l’affreuse Marine, on puisse aborder de vrais sujets concernant les Français et l’ensemble de l’humanité (rappelons qu’en France chaque année 60 000 hectares de terres disparaissent au profit de la ville et qu’il subsiste aujourd’hui à peine un million de paysans français contre dix millions en 1945. Et on n’y a pas vraiment gagné en qualité nutritionnelle).

 

Alors personnellement pour 2012, mon passeport et mes chaussures sont prêts !

 

Benjamin Joyeux

 

Pour plus d’infos, voir notamment:

 

http://www.ektaparishad.com/

 

http://www.jan-ouest-2012.fr/

 

http://www.gandhi2012.org/

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ekta_Parishad

 

 

Par Ben - Publié dans : Inde - Communauté : Media - Actualité générale
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Commentaires

Blog(fermaton.over-blog.com)Mathématiques de la conscience humaine.No-20, THÉORÈME PORZIUNCOLA.-Le Nouveau Père de l'Europe.

Commentaire n°1 posté par clovis simard le 15/10/2011 à 17h17

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