Partager l'article ! Lectures estivales: En ces mois d’été mornes et pluvieux, que vous soyez cancéreux au fond de votre lit, juillettiste ...
-Comment les riches détruisent la planète, d’Hervé Kempf, journaliste au Monde et ardent défenseur de l’écologie. L’auteur nous y fait «comprendre que crise écologique et crise sociale sont les deux facettes d’un même désastre, et que ce désastre est mis en œuvre par un système de pouvoir qui n’a plus pour fin que le maintien des privilèges des classes dirigeantes. » Hervé Kempf nous explique comment les différentes classes sociales inférieures tentent de copier (par le choix de la voiture, du téléphone, de l’ordinateur, etc.) sur le mode de vie d’une caste de privilégiés devenus apatrides, sans aucun but si ce n’est la poursuite perpétuelle d’un bien être matériel illusoire et surtout prédateur pour notre planète et ses ressources naturelles. En tentant d’imiter le mode de vie de ces aristocrates inconséquents du 21e siècle, stars du Showbiz, chefs et cadres de multinationales, sportifs, princes anachroniques et autres jet-setters ridicules, les « classes moyennes » ou du moins ce qu’il en reste, et en dessous tous les autres, courent derrière un rêve prompt à faire oublier l’essentiel, la question sociale, au cœur d’une question plus vaste, celle de l’écologie. Toujours cette contradiction d’un système économique basé sur une croissance infinie prenant place sur une planète aux ressources finies. Quand la gauche acceptera enfin de se poser sérieusement la question de la décroissance, peut-être que l’on pourra enfin avancer. Un des grands intérêts de l’ouvrage de Kempf et de faire resurgir des vieux grimoires un économiste trop peu connu de la fin du XIXème siècle: Thorstein Veblen. Celui-ci a démontré comment le jeu économique est déterminé par l’ostentation et l’imitation. Ainsi : «puisque la classe de loisir établit le modèle de consommation de la société, si son niveau est abaissé, le niveau général de la consommation diminuera ». En gros, diminuons le train de vie des riches, et la planète pourra respirer un peu. Elémentaire mon cher Watson. A faire lire à ses copains pleins aux as. (PS:Merci Anne L. S. de m'avoir offert ce livre)
- Dans un autre registre, la saison se prête bien à la relecture d'Ebène, aventures africaines de Ryszard Kapuscinski. Né en Pologne en 1932, l'auteur est correspondant de l'Agence de presse polonaise jusqu'en 1981. A ce titre, il couvre le monde d'Asie en Amérique en passant par l'Afrique et ses grandes vagues de décolonisation des années 60. Ce sont ces dernières, vécues de l'intérieur, que Kapuscinski nous relate dans Ebènes. S'en suivront guerres et famines, dans la grande désillusion africaine des années 70 et 80, avant le terrible génocide rwandais de 94 qui traumatisera à jamais les esprits. Témoin de multiples coups d'état et guerres civiles, le grand reporter nous relate l'histoire de potentats tels qu'Amin Dada et remonte la véritable source des conflits postcoloniaux africains, à mille lieux des généralités occidentales stupides habituelles sur les "guerres tribales et ethniques" du continent noir. Armé d'une plume d'écrivain et d'un regard humaniste, Kapuscinski semble avoir su éviter tout au long de sa carrière le regard paternaliste et néocolonial du Blanc du nord pour s'attacher aux gens et à la vie tumultueuse d'un continent immense et pluriel, ne se résumant certainement pas aux guerres, aux famines ou aux problèmes économiques. Ca change du Négrologie de Stephen Smith et autre "bouquin" sur le soi-disant retard perpétuel des Africains. Du vrai travail de journaliste, ça manque de nos jours.
-Une dernière pour la route: Une petite BD, aux fabuleuses éditions poitevines imprononçables, FLBLB, Petite histoire des colonies françaises, Tome 1. Excellente réponse, sarcastique et historiquement très bien documentée, à la loi totalement incongrue sur les "aspects positifs de la colonisation française" que nous avaient sortie l'année dernière quelques députés et politiciens débiles nostalgiques de l'Algérie française sans aucun doute. L'ouvrage remet les choses à leur place en passant en revue cinq siècles de colonisation. Avec des dessins minimalistes, il explique clairement les choses et peut ainsi parfaitement convenir aux enfants, bien souvent peu renseignés sur ces questions à l'école. Vivement le tome 2! (PS 2:Merci à Yoyo pour cette petite BD de convalescence).
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