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Jeudi 21 décembre 2006 4 21 /12 /Déc /2006 11:53
Grand jour pour les Turkmènes: Ce matin tôt, jeudi 21 décembre 2006, vers 4h30, Separmourad Niazov, 66 ans, dictateur mégalomaniaque, est décédé d'une crise cardiaque. Celui qui se faisait appeler le "Turkmenbachi", le père de tous les Turkmènes, selon un champ lexical n'étant pas sans rappeler  Staline, cumulait tous les pouvoirs : président, premier ministre, chef des armées et leader du Parti démocratique, l'unique parti politique du pays.

Patron du parti communiste turkmène au temps de l'URSS, le père Niazov avait été élu président par le Parlement en 1990, un an avant que le pays n'accède à l'indépendance. Il régnait donc depuis 16 ans d'une main de fer sur le Turkménistan. Les mois de l'année portaient son nom, la fête nationale était célébrée le jour de son anniversaire, une statue en or géante avait été fabriquée (par le groupe Bouygues) à son éfigie en plein centre de la capitale (photo ci-dessous), Achkhabad, même la bière nationale était recouverte de la tronche à Niazov. Bref, il s'agissait d'une dictature d'un autre âge. Le gouvernement turkmène vient de décréter un deuil national de sept jours. Il fallait bien ça pour un taré dans son genre. Ses obsèques seront célébrés le 24 décembre, la veille de Noël. Beau cadeau pour le peuple turkmène, ayant connu non stop la dictature de l'URSS puis celle du Turkmenbachi.
La présidence par intérim sera assurée par le vice-premier ministre Gourbangouly Berdymoukhammedov, parent de Niazov.

Après Pinochet, enfin mort la semaine dernière, aprés Castro, disparu des écrans depuis quelques semaines et peut-être mort à l'heure où j'écris ces lignes, voici que Niazov disparaît. Y aurait-il un virus bienfaisant qui décide ces temps-ci de supprimer les dictateurs autocrates de la planète? Donald Rumsfeld a démissionné, il reste Khamenei et Ahmadinedjad en Iran, Poutine en Russie, Loukachenko au Bélarus, Kim Jong Il en Corée du Nord, le PC chinois, Khadafi en Libye qui vient de faire parler de lui avec ses infirmières bulgares condamnées à la fusillade, quelques autres potentats en Afrique qui continuent discrètement d'emmerder leur peuple (Mugabe, Bongo, Eyadema, etc.), Bachir El Assad en Syrie, les Emirs et autres Princes du Golfe, toute la liste des prédateurs de la liberté de la presse de Reporters sans frontières, etc. Ah oui, y'a encore du boulot en fait. La Terre regorge de centaines de dangereux dirigeants. Bon, ça fait toujours un de moins. Pourvu que ce ne soit pas "un de perdu, dix de retrouvés".

En tous cas, avec la mort de Separmourad, c'est un proche de Bouygues qui disparaît. Seul le groupe Bouygues osait encore faire des affaires dans le pays avec ce dangereux malade. Pour plus d'infos, lire sur ce blog Le turkmenistan, pays où il fait bon vivre...pour Bouygues et Bouygues et le Turkmenbachi, c'est pour la vie.

Toutes mes condoléances Martin. Mais tant mieux pour les Turkmènes. Essayez d'en profiter un petit peu avant qu'un autre mégalo prenne le pouvoir, et pensez à relâcher les journalistes et autres prisonniers politiques.
Par Ben - Publié dans : Actualité Bin Jamin
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