Partager l'article ! A gauche toute en Amérique Latine!: Voilà. Comme d'habitude la France, trop occupée à sa nouvelle activité, la Ség ...
Après le Vénézuela de Chavez, après la Bolivie de Moralès, après le Chili de Bachelet (beaucoup plus "light" à gauche), après l'Uruguay de Vasquez, après le bordel au Mexique et la montée en puissance d'Obrador malgré la victoire du conservateur Caldéron, après le Brésil de Lula, après l'Argentine de Kirchner, c'est au tour de l'Equateur de basculer à gauche toute avec la victoire de Rafael Correa (photo), professeur socialiste d'économie âgé de 43 ans, à l'élection présidentielle de dimanche dernier. Crédité de 58% des voix, Rafael Correa et son jeune parti, l'Alianza Pais, sont arrivés largement en tête devant Alvaro Noboa, roi de la banane et homme le plus riche du pays, néolibéral, crédité de 42 % des voix (tous les bulletins n'étaient pas encore dépouillés hier soir).
Cette élection constitue une victoire certaine pour le mouvement social équatorien, qui s'oppose depuis plusieurs années aux politiques néolibérales dictées par les Etats-Unis et les institutions financières internationales. La CONAIE (Confédération des nationalités indigènes) avait déjà porté à la présidence son précédent candidat, l'ancien officier Lucio Gutierrez, trois ans auparavant. Mais à peine était-il élu que Gutierrez s'empressait de se rallier aux thèses du FMI, ce qui avait profondément déçu et divisé le mouvement social. Cette fois-ci, avec la victoire de Correa, tous les espoirs sont permis.
La contestation de l'ordre néolibéral mondial est donc en marche en Amérique Latine, et l'Europe ferait bien de se pencher sur ce gigantesque laboratoire, surtout la gauche française, dont le PS qui semble d'ores et déjà sûr de sa victoire après l'intronisation de Ségolène Royal. Celle-ci s'était d'ailleurs rendue au Chili soutenir Michèle Bachelet (photo) au printemps dernier, pendant que les autres éléphants barrissaient sous la pluie de Jarnac en hommage à Tonton. L'avait-elle fait parce que Bachelet était une candidate de gauche ou bien parce que c'était une femme? La réponse numéro deux me paraît la plus probable. On attend donc une réaction de Ségo sur la Victoire de Rafael Correa en Equateur. Si elle s'en moque, cela prouve bien que son dernier voyage au Chili était purement une opération de com' et non une préoccupation géopolitique. Bah oui, faut pas rêver! C'est fini les politiques qui se préoccupent de l'avenir de la planète et qui envisagent sur le long terme les basculements géopolitiques régionaux. Bienvenue dans l'ère de la politique boutiquière et de la com' à deux balles. Monsieur Correa, si vous espérez recevoir la visite de notre future Présidente de la République, il va falloir changer de sexe.
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