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Mercredi 22 novembre 2006 3 22 /11 /Nov /2006 16:30
Ah ah! Petite info trouvée dans le parisien de ce matin, mercredi 22 novembre 2006, et qui confirme ce que je disais sur Nicolas Hulot (voir article Ecologie et démagogie). Difficile de concilier écologie de combat et poste de dirigeant d'une importante société fabriquant des shampoings:

Alors, selon Greenpeace, il y aurait des substances toxiques dans les produits de la marque Ushuaïa. Les gels douches et déodorants Ushuaïa sont même classés sur la "liste rouge" des produits épinglés par Greenpeace parce qu'ils contiendraient des phtalates et des muscs artificiels. Ces substances sont en effet soupçonnées de perturber le système hormonal. Charmant!

La marque Ushuaïa, qui est la propriété de TF1, est en fait cédée sous licence à L'Oréal. Et le
groupe cosmétique est l'un des partenaires de la Fondation Nicolas Hulot. Ca fait un peu désordre pour un éventuel candidat à la présidentielle qui brandit son pacte écologique à tous bouts de champ. Nicolas Hulot a déclaré sur cette affaire: "Les produits utilisés sont courants dans la cosmétologie". Oui, fabriquer des voitures, c'est courant également. Mais voilà, vu l'ampleur de la crise écologique qui nous attend, c'est tout ce qui est "courant" comme cela qu'il faut justement revoir: consommation d'énergie, habitudes alimentaires, moyens de transport, loisirs, etc. Bref tout notre mode de vie.
Sentant bien que l'argumentaire était léger, Nicolas a ensuite rajouté: "Mais, après avoir pris connaissance des informations de Greenpeace, en particulier sur les parabens (conservateurs soupçonnés d'être cancérigènes), j'ai demandé à L'Oréal de voir ce qu'ils pouvaient faire. Ils sont en train de réfléchir à un prochain retrait des substances en question".

Merci Nico (sur la photo, à l'UMP, parti qui se soucie de l'écologie, c'est bien connu). Trop fort! C'est dûr hein, d'être chef d'une entreprise florissante, surtout travaillant pour l'Oréal, et écolo en même temps! C'est un peu comme la branche "développement durable" de Total ou d'Areva. C'est facile d'être écolo à temps partiel mais beaucoup plus difficile à temps complet. On en est tous là. Que dire de Corinne Lepage, écolo en public mais qui défend bien souvent les grands groupes pollueurs dans le privé par le biais de son cabinet d'avocats d'affaire? Combien d'arbres détruits pour fabriquer les livres de José Bové? Combien de fois par an Voynet prend l'avion?
Enfin on le voit, il y a tout de même des différences d'échelle entre ces différents "écolos". Et puis c'est un peu la différence entre les "écolos" de droite et ceux de gauche non? Pour l'histoire de Hulot, c'est un peu comme si l'on apprenait que José Bové possède des actions Macdo. Ah non José, c'est pas vrai hein?

Bon, je ne veux pas être trop sévère avec Hulot. C'est vrai qu'il a l'air sympathique. Mais il travaille quand même pour une chaîne, TF1, qui appartient à Bouygues, bétonneur de la France et de la planète entière et qui n'hésite pas à aider les dictateurs (voir un article Bin Jamin), et qu'il dirige une entreprise qui fabrique des produits que l'on voit être cancérigènes.

Tout ça pour dire que son pacte écolo là, et tous les médias qui le reprennent, c'est un peu facile. Alors que des militants d'Agir pour l'environnement, de Greenpeace, de WWF, des Verts, etc., se battent depuis des décennies envers et contre tous pour démontrer l'urgence d'être écologiquement responsable, l'autre arrive avec son pacte et tout le monde ne parle plus que de Hulot le sauveur de la planète. Et si les médias essayaient un peu de couvrir les multiples actions environnementales qui ont lieu en France tous les jours, plutôt que les voitures ou les cars qui brûlent en banlieue, ou alors l'urgence écologique traitée en deux secondes par le biais d'un film d'un ancien candidat à la présidentielle américaine ou d'un présentateur télé vendeur de shampoing?

Mais voilà, l'insécurité hier, l'écologie aujourd'hui, des thèmes clefs en mains qui, comme des bons produits de supermarché, doivent être bien emballés pour se vendre au maximum auprès des électeurs-consommateurs pour surtout, surtout leur éviter de trop réfléchir. Parce que s'ils s'y mettent, ils commenceront par arrêter de se rendre dans les supermarchés. Et ça, ça n'est pas bon pour Nicolas et son shampoing comme pour bon nombre de multinationales.

L'écologie n'est pas un produit biodégradable de surenchère électorale, c'est une vraie idéologie, sans doute celle du XXIe siècle, puisqu'il faudra bien dépasser le capitalisme à bout de souffle (enfin surtout la planète) et le communisme sous perfusion alter. Je le répète donc, quitte à choisir un candidat écolo, mieux vaut choisir un(e) vrai(e), Voynet, ou Bové peut-être s'il y va. Allez Nicolas, démissionne, et rejoins les Verts, ils auraient bien besoin d'un pro de la com!

Par Ben - Publié dans : Actualité Bin Jamin
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