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Mercredi 25 octobre 2006 3 25 /10 /Oct /2006 13:48
J'avais déjà consacré un article sur ce blog à cet extraordinaire pays, le Turkmenistan, et aux relations cordiales qu'entretiennent son président haut en couleurs, Separmourad Nyazov (en photo avec Chirac), et un de nos grands industriels à nous, ce cher Martin Bouygues (Voir Le Turkmenistan, pays où il fait bon vivre...pour Bouygues). Comme cette nouvelle info est passée un peu inaperçue dans les grands médias, si ce n'est le Canard et Libération qui font encore leur travail de journalisme (c'est bizarre, TF1 n'en a pas parlé? Mais pourquoi donc?), j'avais envie d'enfoncer le clou.

Alors voilà: le Turkmenistan, pays classé avant dernier en matière de liberté de la presse par Reporters sans frontières (juste avant la Corée du Nord), a inauguré sa "maison de la presse", plus précisément sa "maison de la libre créativité", en grandes pompes le 17 octobre. Et qui c'est qui était là pour l'inauguration aux côtés du Turkmenbachi (joli surnom de Separmourad, le sympatique président qui fait torturer en prison ses opposants jusqu'à ce que mort s'en suive)? Martin Bouygues, dont cette maison de la presse est la dernière réalisation dans le pays.

Merci Martin (photo) d'avoir non seulement pris part à cette mascarade au nom de la France et de son amour des droits de l'homme, mais également d'avoir en quelque sorte rendu hommage à titre posthume à Ogoulsapar Mouradova (photo plus bas), correspondante turkmène de radio Free Europe, dernière journaliste indépendante du pays, morte sous la torture en prison en septembre dernier. Elle serait contente de savoir qu'un grand industriel français aide le sympathique président turkmène (dont la ligne politique se situe entre Staline et Kim Jong il) à se faire une bonne image.


Annakourban Amanklytchev et Sapardourdy Khajiev
, le premier journaliste et le second militant local des droits de l'homme, pourrissent toujours en prison. Peut-être sont-ils déjà morts? Leur seul tort est d'avoir aidé une journaliste de France 2 à réaliser en caméra cachée un reportage sur le pays pour Envoyé Spécial. Elle est bien rentrée et ses corresondants locaux sont bien enfermés, dans une boîte ou derrière des barreaux.

C'est pas tout ça qui va empêcher Bouygues de faire des affaires avec un dictateur, non mais. "Business is business", et même si la plupart des multinationales, notamment américaines, refusent de faire des affaires avec un psychopathe paranoïaque mégalomaniaque, Martin Bouygues, lui, en profite. 

Ainsi la construction de la nouvelle "maison de la libre créativité"  lui a rapporté quelques 17 millions de dollars. Ce bâtiment de 6300 m2 doit accueillir 17 rédactions et plus de 200 journalistes. Une belle prison en perspective, et qui plus est "made in France". On peut être fier de nous. Merci Martin. Puis comme avec la politique actuelle du gouvernement, il faut construire en urgence de nouvelles prisons, il faut bien se faire la main en Asie centrale.

On attend avec impatience le reportage de Jean-Pierre Pernaud sur ce sujet brûlant. Ah oui mais TF1 appartient à Bouygues, non? C'est quand même mieux de montrer ses affreux délinquants de banlieues qui brûlent des Super 5 et qui seront peut-être bientôt déferrés devant les Assises (encore une brillante idée de l'excité de Beauvau) plutôt que ces délinquants en col blanc (ce cher Martin) qui aide les psychopathes de la planète à se redorer le blason, surtout quand c'est le patron!
Par Ben - Publié dans : Actualité Bin Jamin
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