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Mercredi 18 octobre 2006 3 18 /10 /Oct /2006 17:31
Le 17 octobre 1961, une terrible répression frappait une manifestation pacifique en faveur de l’indépendance de l’Algérie à Paris. Plus de 300 Maghrébins étaient assassinés par la police française, alors dirigée par le préfet de police Maurice Papon. Des dizaines de manifestants avaient été jetés dans la Seine, tandis que d’autres mourraient dans des centres de détention.

Tous les ans, le 17 octobre, des militants et responsables polititiques, comme Alima Boumediene-Thiery, sénatrice de Paris (les Verts), sont présents sur le pont Saint Michel, en compagnie de tous ceux qui refusent l’oubli, qui veulent que l’Etat français reconnaisse sa responsabilité et que tous les coupables de ces assassinats racistes soient enfin punis, dont au premier chef Maurice Papon, déjà condamné pour sa collaboration durant la seconde Guerre Mondiale mais jamais inquiété en tant que préfet de police pour sa responsabilité dans ces crimes racistes.

Ce massacre n’a été reconnu officiellement que le 17 octobre 2001 par le seul maire de Paris, Bertrand Delanoë, et demeure l’un des traumatismes refoulés de la guerre d’Algérie.

Tant que la France continuera de nier des pans entiers de son histoire, elle aura du mal à se réconcilier avec toute une partie de sa population, les survivants du 17 octobre et leurs proches
bien sûr, mais également toutes les personnes issues de l'immigration maghrébine dont on continue de nier la mémoire.

Le film Indigènes a ému Chirac. Alors je tiens à lui signaler qu'à partir du 19 octobre, Canal + diffusera
Nuit noire à Paris, le 17 octobre 1961, film en plusieurs volets de Alain Tasma. Sinon il existe bien d'autres bobines sur le sujet: tout d'abord l’œuvre pionnière de Jacques Panijel, Octobre à Paris (1962), qui reste aujourd'hui encore quasiment inaccessible après avoir été longtemps interdite, Le Silence du fleuve (1991), d’Agnès Denis et Mehdi Lallaoui, Une journée portée disparue (1992), de Philippe Brooks et Alan Hayling, ou encore Les enfants d’octobre (2000) d’Ali Akika. Ces différents films révèlent le souci des nouvelles générations issues de l’immigration de se réapproprier une mémoire jusqu’alors confuse, totalement niée par les pouvoirs publics.

Que le chef de l'Etat se penche donc sur la question des massacres de 1961, après avoir visionné une de ces oeuvres, avant qu'il ne parte en chasse contre les braconneurs de baleines après la diffusion de "Sauver Willy"
.

Par Ben - Publié dans : Actualité Bin Jamin
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