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Mardi 5 septembre 2006 2 05 /09 /Sep /2006 13:29

Le 17 août dernier, les forces de l’ordre lançaient à deux reprises l’assaut contres les habitants du bâtiment F de la cité universitaire de Cachan, les « 1000 de Cachan ». 15 personnes étaient alors blessées, dont 2 enfants et 11 femmes. Le gouvernement faisait une nouvelle fois le choix de la politique des gros bras, nous ramenant dix années en arrière, triste souvenir, lors de l’expulsion scandaleuse des sans papiers de l’église Saint Bernard.

Depuis le 18 août, les expulsés, n’ayant nulle part où aller, se sont installés dans un gymnase mis à leur disposition par la mairie de Cachan. Cela a au moins le mérite de leur permettre de continuer à lutter ensemble. La solidarité qui s’est mise en place dans et autour du gymnase, avec des bénévoles, des habitants du quartier et des militants, dont ceux du réseau RESF, est venue compenser fort heureusement l’inhumanité totale dont a fait preuve le gouvernement en cette affaire.

Des expulsés, ayant quant à eux accepté « l’hôtel » proposé par les pouvoirs publics lors de l’expulsion de la cité universitaire, ont été arrêtés par la police. Trente d’entre eux sont encore incarcérés, sous la menace d’une expulsion (ou d’une peine de prison pour ceux qui ont les papiers en règle).

Sept sans papiers révoltés par la tournure des évènements ont commencé une grève de la faim depuis le 22 août  à l’intérieur du gymnase.

Ils réclament la libération des sans papiers incarcérés, la régularisation de tous les « 1 000 de Cachan » et le relogement de toutes les familles et célibataires.

Si la solidarité des militants et habitants du quartier, qui se relaient en permanence pour fournir de la nourriture, des vêtements et d’autres produits de première nécessité, fait plaisir à voir, ce sont tout de même près de 200 familles qui survivent dans un petit gymnase et dans des conditions des plus précaires. Bien souvent une famille avec quatre enfants ne dispose que d’un seul matelas par terre. Nous avons pu constater sur place que plusieurs personnes avaient leurs papiers en règle mais se trouvaient dans l’impossibilité de se loger. Autre constat alarmant, énormément d’enfants occupent le gymnase, alors que la rentrée des classes approche. Il paraît inconcevable que tous ces enfants, bien souvent très jeunes, ne puissent pas se rendre à l’école dans des conditions dignes de notre pays. D’où l’urgence de reloger ces familles et de trouver une issue à la crise.

La situation des 1000 de Cachan est non seulement emblématique de la brutalité du gouvernement à l’égard des sans papiers et des migrants, mais également de l’ampleur de la crise du logement qui sévit en Ile de France et de l’augmentation des discriminations et de la précarité dans notre pays. Mais ils sont tellement pratiques ces 1000 de Cachan, boucs émissaires et fond de commerce électoraliste pour des politiciens en mal d'imagination.

Par Ben - Publié dans : Actualité Bin Jamin
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