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Mardi 29 août 2006 2 29 /08 /Août /2006 17:40

La guerre du Liban de juillet 2006 a eu des conséquences dramatiques non seulement sur la vie des civils libanais, mais également sur l’environnement du pays et au-delà de toute la région méditerranéenne. Les bombardements intensifs de Tsahal durant 34 jours ont fait au total au moins 1183 victimes, dont un tiers d’enfants, 4 054 blessés et 970 000 déplacés. Dans un pays de presque 4 millions d’habitants, c’est plus d’un quart d’entre eux qui ont été déplacés.

Toutes les infrastructures du pays ont également subi à très grande échelle les contrecoups de cette guerre. Le coût total des destructions est estimé à plus de 15 milliards d’euros, handicapant sérieusement l’avenir immédiat de l’Etat libanais. 31 points vitaux, comme les aéroports, les ports, les centrales électriques, les stations d’épuration, ont été partiellement ou totalement détruits, de même que 25 stations services et près de 900 centres commerciaux. Deux hôpitaux publics ont été rayés de la carte, à Bint Jbeil et Meis al-Jebel, et trois autres sérieusement endommagés.

A ces chiffres dramatiques vient s’ajouter une catastrophe environnementale, celle de la marée noire provoquée par le bombardement israélien de la centrale électrique de Jiyé, à 25 km de Beyrouth, le 14 juillet. La destruction des réservoirs de cette centrale a provoqué le déversement de près de 15 000 tonnes de mazout dans la mer Méditerranée.

Une marée noire est apparue au large des côtes syriennes, sur près de 80 km, souillant trente sites de la côte libanaise, dont le port historique de Byblos, vieux de plus de 7000 ans. La région comptait malheureusement les plus belles plages du Liban. Dès le 25 juillet, alors que les combats faisaient rage, le ministère de l’Environnement libanais a demandé assistance. L’Organisation maritime internationale (OMI) et le Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) ont quant à eux averti du danger que la marée noire représentait pour les autres pays de la Méditerranée orientale. En effet, la nappe dérive en remontant vers le nord et la quantité déversée en mer est à peu près équivalente à celle du naufrage de l’Erika en France en 1999.

Une réunion organisée par des agences des Nations unies présentes en Méditerranée a eu lieu en Grèce, dans le port du Pirée, le 17 août, en présence de ministres turcs, grecs, libanais et d’un représentant de la Syrie.

Les différents participants y ont expliqué que les hostilités, et notamment le blocus imposé par l’Etat hébreux sur le Liban depuis le 12 juillet, les avaient empêchés d’effectuer une évaluation des dégâts, alors que l’on sait que le fioul lourd est très difficile à éliminer.

Les Nations unies réclament aujourd’hui 50 millions d'euros pour venir à bout de cette marée noire, grave menace pour l’environnement de toute la région. De nombreux bénévoles tentent à l’heure actuelle de nettoyer les plages de Beyrouth, à l'aide notamment de tuyaux censés absorber le pétrole.

Si l’heure est à l’urgence, notamment celle de tout faire pour empêcher la marée noire de s’étendre, il faudra bien ensuite désigner les responsables de cette catastrophe, en premier lieu l’armée israélienne. Dans un discours prononcé à Haïfa, le 28 août, devant les maires des villes touchées par des roquettes Katouchia, le premier Ministre israélien Ehoud Olmert (photo) a concédé que tout n'était pas allé pour le mieux dans ce conflit.

« Nous n'étions pas préparés comme nous aurions dû l'être, a-t-il reconnu. Il y a eu des manquements, voire des échecs. Même si le bilan général est positif, nous ne devons pas masquer ces défaillances. »

Meurtres de plus d’un millier de civils libanais innocents, utilisation de bombes à fragmentation prohibées par des conventions internationales, augmentation certaine de l’hostilité à l’égard d’Israël et de l’antisémitisme au Moyen Orient, mais également sur l’ensemble de la planète, accusations de « crimes de guerre » avec notamment une enquête d’Amnesty International sur le dos, maintenant marée noire aux conséquences environnementales désastreuses pour toute la Méditerranée orientale, etc. Le bilan « positif » de la guerre menée par Tel-Aviv contre le Hezbollah est tout de même difficile à percevoir. L’environnement méditerranéen, de même que les civils libanais, n’en demandaient pas tant.

Par Ben - Publié dans : Actualité Bin Jamin
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