Partager l'article ! Ballade sur le Sous Continent: Après 5 semaines de pérégrinations en Inde, du Sud au Nord en passant par l’Est et l’O ...
Après 5 semaines de pérégrinations en Inde, du Sud au Nord en passant par l’Est et l’Ouest (parcours en traits rouges grossiers), je reviens à Paris des images et des sensations plein la tête. Toujours aussi magique, ce pays, qui n’en est pas un mais des centaines, des milliers, rassemblés autour d’une entité, "India", est un paradis pour les photographes amateurs, pour les névrosés du matérialisme, pour les mystiques en mal de spiritualité, pour les sportifs, pour les nerveux, pour les moustachus bien sûrs, pour les fans de mode, pour les « pauvres » (en Europe qui deviennent presque riches en Inde), pour les acteurs, pour les danseurs, pour les sociologues, en herbe ou confirmés, pour les journalistes, pour les économistes, pour les politiques de toutes tendance, pour les amoureux du kitch, pour les cinéphiles ouverts d’esprit, etc. bref pour toutes celles et ceux qui sont curieux et veulent du « ailleurs ». En Inde, ils sont servis. Même ces saletés de Mac Do sont différents, avec comme un petit goût de « massala ». Pour tous les fatigués de la globalisation uniformisante, dépêchez-vous, l’Inde offre encore des sites, des quartiers, des croyances, des modes de vie survivance d’un monde autre, cyclique et sacré, mais ça ne va pas durer !
Allez, petite ballade touristique autour de quelques destinations incontournables ! Pour aujourd'hui l'Inde du Sud.
Après un atterrissage à Bombay, renommée en 1996 « Mumbai » par les extrémistes du Shiv Sena (groupement d’extrême droite réclamant une Inde « hindou » et passant leur temps à stigmatiser les musulmans, ça nous rappelle un peu chez nous), direction Goa. Ce n’est pas une ville comme on le croit souvent, mais un Etat, un des plus petits de l’Union indienne, ayant Panjim comme capitale. L’Inde, alors dirigée par Nehru, n’a repris ce territoire aux Portugais qu’en 1961. Depuis, c’est le paradis des touristes et surtout des hippies occidentaux qui viennent y passer l’hiver au chaud, allongés défoncés sur des plages paradisiaques. Pour les amoureux de la farniente, destination incontournable.
Voici Palolem Beach, tout au sud de Goa, l’une des plus belles plages de l’Etat, les vaches ne s’y sont pas trompées. On y loue des cases sur la plage et il n'y a plus qu'à se laisser aller. Par rapport à la chaleur étouffante et à la population écrasante du reste du pays, cet endroit peut être qualifié de "paradis indien". Il est magique de rester immbile sur la plage pour observer les pêcheurs au filet, utilisant les mêmes techniques depuis des temps immémoriaux sur leurs bateux en bois. Ils ne reviennent jamais bredouillent et les touristes du restaurant d'en face se font péter la pance le soir avec les fruits du travail de ces pêcheurs.
Allez, on descend un peu plus bas, vers Cochin, dans l'Etat du Kerala. Cochin regorge d'histoire. Vasco de Gama y débarqua en 1502, et il y mourut en 1524, dans le célèbre fort Cochin. Après les Portugais, les Hollandais s'y installèrent, puis les Anglais colonisèrent la ville. Aujourd'hui se sont les touristes.
Le nom de Cochin désigne l'agglomération Cochin ( Cochin est la partie ancienne de la ville, située à l'ouest, Ernakulam est la partie moderne). Cochin est réputé pour ses carrelets chinois, filets immenses et ancestraux, pour ses spectacles de Kathakali, théâtre traditionnel du Kerala très expressif et absolument époustouflant, et pour abriter une des diaspora juive les plus anciennes de la
planète. Aujourd'hui n'y résiderait néanmoins plus qu'une douzaine de sémites (photos d'un carrelet chinois au soleil couchant et d'un spectacle de Kathakali représentant une scène du Mahabarata, équivalent indien de l'Illiade et l'Odyssée).
L'Etat du Kerala est également une attraction touristique majeure pour ses fameux backwaters, canaux d'eau qui parcourent tout son territoire et sur lesquels il est de bon temps de se laisser porter au gré des eaux sur des ketuvallams, barques traditionnelles keralaises (voir ci-dessous).
Le Sud indien, moins visité que le Nord, constitue pourtant une destination féérique et encore quelque peu préservée du tourisme de masse. La surpopulation y est plus suportable, les cultures traditionnelles y sont très présentes, les paysages sont grandioses, bref que du bonheur, et je ne dis pas ça parce que j'ai écrit un guide sur l'Inde du Sud.
Petit rappel quand même: Inde du Sud, éd. Mondéos.
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