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« A tous les jeunes de France,
Jeunes! Les citadelles du sarkozisme doivent tomber. La prospérité de la bande sarkoziste, édifiée sur les ossements du peuple, va crouler. La capitale doit
être entre les mains du peuple soulevé. Des jeunes révolutionnaires doivent sauver le pays de la perte et de la faillite définitives, que lui réserve le gouvernement
sarkoziste."
Ceci est une interprétation libre du 1er paragraphe du Manifeste bolchevik du 27 février 1917, qui précéda la capitulation du Tsar Nicolas II et
l’effondrement de la Russie impériale. Comparaison n’est pas raison certes, mais notre Tsar à nous d’aujourd’hui, Nicolas 1er de France, ferait bien de se méfier.
Dès qu’il sort de son palais ou de l’hôtel particulier de sa guitariste aphone dans le 16ième arrondissement de Paris, force est de constater que Nicolas
Sarkozy se heurte depuis quelques mois à des cris, des sifflets, des vociférations de la part du petit peuple de France.
La colère gronde ! Et que fait notre Président ! Il limoge des préfets ! Ainsi le 12 janvier dernier à Saint-Lô, dans la Manche, Sarkozy fait un
discours aussi démagogique que d’habitude devant un parterre admiratif parce que trié sur le volet. La salle est mal insonorisée et du coup quelques bruits de contestation venant du dehors
arrivent jusqu’aux oreilles de notre Omniprésident. S’en est trop pour les oreilles de son empereur ! Le préfet de la Manche et le directeur de la sécurité départementale sont limogés dans
la foulée.
Le Canard Enchaîné de cette semaine
nous apprend que depuis l’arrivée de l’excité du Karcher à l’Elysée, ce ne sont pas moins de 82 préfets de départements sur 96 et 19 préfets de région sur 22 qui ont été changé. Sous Sarko
1er, même préfet est devenu un métier précaire. Il semble que le Président de la République soit devenu persona non grata en de nombreux lieux du pays. Déjà, pour des raisons de
« sécurité », disons plus sérieusement d’images, il ne se déplace plus dans les grandes agglomérations françaises, de peur de lâcher de nouveau des « casse-toi pov’
con ! » à des Français ayant l’outrecuidance de ne pas être sous le charme de Sarkozy. Il préfère les bourgades et petites villes plus facilement encerclables par ses troupes de
choc.
Depuis la dalle d’Argenteuil durant la campagne présidentielle de 2007, évènement qui restera dans l’histoire de France comme le cri de mépris du politique
vis-à-vis des quartiers populaires de France, et malgré toutes ses promesses, Sarkozy n’a jamais remis les pieds en banlieue. Les jeunes de ces quartiers, qui se sont rebellés en novembre 2005
après que Sarkozy toujours, alors ministre de l’Intérieur, ait jeté de l’huile sur le feu et les cendres encore tièdes de jeunes morts pour rien, Bouna et Zied (on attend d’ailleurs toujours plus
de trois ans après un véritable procès pour faire toute la lumière sur cette histoire), sont aujourd’hui plus que jamais abandonnés. Victimes eux depuis longtemps de la crise, précarisés,
stigmatisés, ces boucs émissaires bien commodes ne suffisent plus à masquer l’inefficience du pouvoir actuel, incapable de tenir le cap du bateau France dans la tempête de la
Globalisation.
Jeunes de banlieue, des quartiers, diplômés ou peu qualifiés, vous n’avez jamais eu autant de raisons qu’aujourd’hui de vous révoltez !
Etudiants: le mécontentement grimpe dans les universités. Selon l'Unef, plus de 20 000 étudiants en France ont participé à des assemblées générales, essentiellement
en province, depuis lundi. C’est parce qu’à Paris, nous sommes en période de partiels et la plupart des étudiants ne reprennent leurs cours que le 9 février. Mais de plus en plus de voix, dont
celles de la coordination des enseignants-chercheurs (qui en ont marre d’être payés au lance pierre à bac + 10 quand des petits cons qui ont préféré une école de commerce gagnent 100 fois plus
dans la banque et la finance et provoquent par leur irresponsabilité une crise économique et financière catastrophique pour tout le monde) a appelé à la "grève illimitée" ainsi qu'à des
manifestations les 5 et 10 février.
Malgré un appel à la grève illimitée, le projet de réforme du statut des enseignants-chercheurs d'université français sera maintenu, souligne Valérie Pécresse,
ministre de l’enseignement supérieur dont le regard n’est aujourd’hui tourné que vers les futures régionales de 2010. Quel dévouement, quel sacrifice envers l’intérêt général !
Il faut dire que c’est tellement peu important la recherche en France, un peu comme la justice. Par punition, on envoie la Garde des Sceaux à Bruxelles en lui
incombant de se présenter aux Européennes. C’est dire la considération qu’a le Président de la République et pour le Parlement européen, et pour la justice française qui navigue à vue sans plus
aucun capitaine à la barre, tandis que Sarkozy annonce, ça lui prend telle « une envie de pisser », c’est une habitude chez lui, que l’on va supprimer les juges
d’instruction.
Le pouvoir en place n’est que mépris. Il suinte l’irrespect, l’irresponsabilité et la médiocrité par tous les pores de notre fronton républicain. Pas la peine, même
s’il est excellent, de lire le dernier ouvrage d’Emmanuel Todd (Après la démocratie) pour s’apercevoir que l’élite française au pouvoir dont le premier d’entre tous, a atteint un degré de
déliquescence, de mépris social et de médiocrité intellectuelle tel qu’il n’y a visiblement plus que la rue pour se faire entendre. Et ne me parlez pas du parti socialiste, ou pire encore, de
Ségolène Royal. Comment a t'on pu en arriver là?
Si l’on y rajoute la lecture d’un opus sorti ces dernières semaines, Petit guide de la corruption politique (Essai, Seuil, 01/2009), écrit vraisemblablement par un acteur du système, sans doute
un homme politique d’importance dissimulé sous le pseudo de Brice de Tours, moine débauché du Ve siècle, nous ne pouvons qu’être exaspéré par nos gouvernants. Ce livre nous apprend que bien que
ne faisant plus la une des journaux, la corruption est plus prospère que jamais dans notre landernau politique. A l’heure où une majorité de Français
peine à boucler les fins de mois, cet ouvrage fait désordre. Les méthodes sont décrites d'une façon telle que l'auteur de ces lignes y a forcément pris part.
Cerise sur le gâteau, les économistes de salons (les Alain Minc, Guy Sorman, Jacques Marseille, Nicolas Baverez, et tout ce que l’institut Montaigne vomit de prêt à
penser pour carriéristes pressés sans aucune once de compréhension pour l’intérêt général) continuent eux, certes plus discrètement qu’avant, à pérorer sur nos ondes. Encore de la
dérégulation ? C’est vrai que plutôt que freiner, mieux vaut accélérer lorsqu’on est à la manœuvre d’une locomotive qui fonce droit dans un mur. Suicide ? Méthode Coué ? Comme il
vous plaira. Simplement, on sait désormais avec la crise que toutes ces grandes théories sont complètement fumeuses, pas besoin d’un doctorat en économie pour le comprendre.
Et puis c’est même plus la peine d’argumenter. La génération de nos parents a connu le plein emploi, le sexe libre, le progrès matériel infini, etc. Nous, ce n’est
que stage non rémunéré ou presque pas, longues études pour pointer avec dignité à l’ANPE, planète ravagée, logement quasi impossible dans les grandes villes, en particulier Paris, Sida, explosion
des cancers, bref précarité et peur de l’avenir dans tous les secteurs. Et nos parents ont fait mai 68 ? Nous avons 100 fois plus de raison aujourd’hui de le faire qu’eux à
l’époque.
Alors que la colère monte bon sang ! Qu’elle monte dans les facs, qu’elle monte dans les quartiers, qu’elle monte dans les usines, désormais désaffectées car délocalisées, qu’elle monte dans les campagnes désertifiées et polluées par l’agriculture productiviste, qu’elle monte dans les syndicats, enfin unifiés comme jeudi dernier, qu’elle monte dans les centres de rétention qui retiennent des femmes et des enfants selon des méthodes dignes de Vichy, qu’elle monte partout pour botter les fesses du pouvoir en place. A demain pour une nouvelle manifestation !
Nous ne payerons pas pour leur crise !
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