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Mercredi 3 mai 2006 3 03 /05 /Mai /2006 11:41
Alors qu'hier soir, mardi 2 mai, le projet de loi de Sarkozy était débattu dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, à l'extérieur, une centaine de sans papiers et militants s'étaient réunis pour défendre leurs droits et afficher leur hostilité à ce projet de loi. Au cri, désormais classique, mais visiblement pas assez entendu, de "Nous sommes tous des enfants d'immigrés", les militants réclamaient le retrait de la réforme du Céséda et la régularisation de tous les sans papiers. Les députés, eux, écoutaient doctement le ministre de l'Intérieur exposer avec  éloquence et efficacité (je lui reconnais un grand talent dans la démagogie) son projet qui s'avère pourtant être une remise en cause gravissime du droit des étrangers en France.

Sarkozy s'est livré pendant son exposé à un de ses sports favoris, la division de l'adversaire, en bon adepte de Machiavel. Ainsi a t'il salué "la responsabilité" et le "réalisme" de certains socialistes tels Strauss-Khan ou Malek Boutih, qui avaient rejeté la régularisation des sans papiers présents sur le territoire français, contrairement à Lang ou à Fabius qui pour une fois avaient affiché, sans trop d'hésitations, une position de gauche, la régularisation.
Et voilà, chapeau l'artiste. Les socialistes apparaissent divisés, Sarkozy s'affiche comme pragmatique, et personne ne remet en cause ce projet de loi scandaleux qui va sans conteste venir compliquer, voire détruire la vie de milliers de nos concitoyens dans l'indiférence générale.
Faut-il le rappeler, l'immigration n'est pas le problème de la France. Ce n'est d'ailleurs pas un "problème" mais une chance pour notre petit pays, par ailleurs souvent fermé sur lui-même et qui s'adapte tant bien que mal à la mondialisation. (Les grands groupes français n'ont eux aucun problème à s'adapter, tel Bouygues qui investit même dans certains pays délaissés par tous les autres -voir sur ce blog Bouygues et le Turkménistan-).

Ce ne sont pas les immigrés qui créent le chomage, qui ont des comportements délictueux, qui font baisser les revenus des ménages, qui provoquent les délocalisations. Bien au contraire ils en sont les premières victimes. Mais c'est tellement plus facile de s'en prendre aux plus faibles. Surtout qu'ils n'ont toujours pas le droit de vote (promesse de Mitterrand dans le programme commun de 1981, il y a 25 ans). Alors c'est pratique de taper sur ceux qui ne sont pas des électeurs tout en flirtant avec d'autres, ceux du FN, qui dans le calcul de Sarko pourraient lui faire remporter les présidentielles. Comme d'habitude, les étrangers sont la variable d'ajustement des politiques électoralistes de nos hommes politiques français sans scrupule. Mais désolé pour eux (Sarkozy, De Villiers et consorts), Jean-Marie vivant, ses électeurs ne le délaisseront pas. Tous les politologues semblent d'accord sur ce point.

Enfin, regardons plutôt du côté des sans papiers, qui manifestaient hier de façon organisé et bon enfant, réclamant simplement le droit à l'existence juridique. Ils sont en France, souvent depuis de nombreuses années, ils y travaillent (au noir et sont donc exploités la plupart du temps), ils y ont leur famille et leurs liens et rien ne sert de continuer à nier leurs droits.

Quelques personnalités politiques de gauche étaient présentes à leur côté, telles Martine Aubry (Maire de Lille, PS) ou encore Yves Cochet (député de Paris -photo-), candidat à l'investitures des Verts pour les présidentielles de 2007. Et les autres? Dans l'hémicycle à écouter les amendements sur la réforme du Céséda.

La gauche (une certaine gauche, celle qui, comme le disent les journalistes, a "vocation à gouverner"-pas de commentaires-) risque une nouvelle fois, comme entre 1997 et 2002, de se faire piéger par la droite sur le thème de l'immigration, qui, comme l'insécurité, n'est qu'un cache sexe des vrais problèmes français. Les politiciens ayant laissé aux économistes et aux marchands le soin de gérer nos vies, notre environnement, notre emploi et notre avenir, ils se rattrapent sur les seuls sujets pour lesquels ils ont encore l'impression d'avoir un tant soit peu d'influence, tels que les politiques migratoires.

J'ose croire encore qu'il y a plus de progressistes que de racistes dans notre pays. Mais il faut dire que le gouvernement actuel ne facilite pas les choses en la matière.

Dernière chose, même si je sais que ça n'a rien à voir: Combien coûte pour le budget de l'Etat un immigré qui réclame une CMU par rapport à un porte-avion Clémenceau qui fait le tour du monde en en finissant pas de pourrir en route?

Rappel: Pétition et site de l'UCIJ
Par Ben - Publié dans : Actualité Bin Jamin
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