Mercredi 25 juin 2008

L’incendie qui a complètement détruit les bâtiments du centre de rétention administrative de Vincennes (CRA), dimanche 22 juin 2008, était malheureusement prévisible. Il est le résultat d’une politique inique, inhumaine et scandaleuse, en matière d’immigration, conduite sciemment par le Président de la République et son gouvernement. Cet incendie est également la conséquence d’une gestion calamiteuse des conditions de détention dans notre pays, que ce soit en centre de rétention administratif ou dans les établissements pénitentiaires.

Contrairement aux affirmations cyniques et grotesques du député UMP Frédéric Lefebvre, l’incendie n’a pas été provoqué ou entretenu par les associations de défense des sans papiers, qui manifestaient alors à l’extérieur du centre, mais bel et bien par le décès, samedi 21 juin en fin d’après midi, d’un Tunisien âgé de 41 ans suite à un arrêt cardiaque. Ainsi, un homme, non pas un chiffre ou une statistique chers à Brice Hortefeux, meurt enfermé, et ses codétenus s’interrogent légitimement sur les circonstances de son décès, jusqu’à la révolte ayant amené certains à mettre le feu à leur matelas. Ce type de phénomènes s'observe également de plus en plus dans les prisons françaises surpeuplées et indignes de la République, quoi que dise notre Garde des Sceaux ("à champagne" comme dirait le Canard). 

Cet incendie est donc le fruit d’un sentiment d’injustice et de colère vécu par des gens qui, rappelons-le encore, ne sont ni des délinquants ni des criminels mais des êtres humains dont la seule faute est d’avoir voulu coûte que coûte gagner la France pour améliorer leurs conditions de vie. Essayer de détourner l'attention sur la responsabilité des associations est absolument indigne. L'UMP n'a décidément peur de rien en matière de démagogie. 

Le CRA de Vincennes était le plus grand centre de rétention administratif de France, avec 249 personnes enfermées au moment du drame, tête de pont de la politique d’expulsion pratiquée par Sarkozy et son ministre de l’immigration Brice Hortefeux. Il est aujourd’hui totalement détruit.

Ce nouvel incident doit amener l'excité de l'Elysée à s’interroger sérieusement sur le bilan de sa politique migratoire à très courte vue, qui coûte cher à notre pays en terme de drames humains, entache douloureusement notre parvis des droits de l’Homme, donne une image calamiteuse de la France à l’étranger, et dont les bénéfices sont totalement nuls pour nos concitoyens qui eux, se préoccupent surtout de leur pouvoir d'achat. Et ce n'est pas une campagne de communication (de propagande) grotesque orchestrée par Thierry Saussez, le gourou publicitaire de Sarkozy, qui va faciliter les fins de mois de plus en plus difficiles de la majorité des Français.

Arrêtons donc de poursuivre, d’arrêter, d’enfermer et d’expulser les étrangers en situation irrégulière comme s’ils étaient des criminels. Stop à la politique du chiffre !  Dans un prochain article, nous verrons d'ailleurs combien coûte précisément, en monnaie sonnante et trébuchante, cette politique migratoire raciste et stupide faite pour galvaniser l'électorat d'extrême droite et qui ne résout en rien les problèmes de notre pays.

Si la France continue à pratiquer ce type de politique, la seule question à se poser est malheureusement: où et quand la prochaine explosion ?

Expulsion des immigrés clandestins, diminution des remboursements de soins, chasse aux sans papiers, aux chômeurs, aux jeunes des cités, aux syndicalistes, stigmatisation des profs, des petits fonctionnaires, des Français issus de l'immigration, des associations de défense des droits de l'homme, etc.

La stratégie de la majorité est simple et se résume en trois points: -aider les riches (paquet fiscal, privatisation des services publics, dont l'audiovisuel public, etc.) -culpabiliser les pauvres (notamment la nouvelle "offre raisonnable d'emploi" dont l'esprit sous-entend que l'on peut se complaire dans le chomage. On voit bien que ce texte a été écrit par un jeune sous-ministre, Laurent Wauquiez, qui ne connaît pas les mois à moins de 10 000 euros d'argent de poche). -détricoter les derniers restes de l'Etat providence tel qu'issu du Conseil national de la Résistance après la Seconde Guerre Mondiale, en gros ce qui faisait la spécificité, donc la fierté de la France.

On l'a voulue, on l'a la "rupture"!

Mais attention, l'urgence sociale est de plus en plus prégnante et la majorité ferait bien de se méfier d'un retour de bâton, pas de l'opposition, totalement inefficiente, mais bel et bien de la rue. Même Raffarin sent bien que "ça peut péter à tout moment!". 

par Ben publié dans : Actualité Bin Jamin
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Commentaires

La chute est énorme....allez JP
commentaire n° : 1 posté par : eva le: 26/06/2008 09:32:25
N.S., dont les initiales font frémir, c'est le roi Merdas, il pourrit tout ce qu'il touche.
commentaire n° : 2 posté par : eric dombret le: 26/06/2008 13:08:26
D'un coté s'il est anormal que les clandestins se retrouvent dans des centres de détention durant parfois longtemps avant d'être renvoyés, ils représentent quand même un réel problème, et critiquer ne propose pas de solutions, non?

-L'immigration clandestine nuit à l'immigration légale. L'état doit respecter la loi - le gouvernement déborde souvent, mais les citoyens aussi. Il est aujourd'hui plus difficile pour rentrer en france de facon légale qu'illégale, entre les mariages bidons et les affiliations de cousins de cousins, l'état se méfie tellement, et tellement submergé, que quand des gens sont de bonne foi et avec tout ce qu'il faut légalement, il n'ont d'autre choix que subir un parcours du combatant qui s'étale souvent sur plus d'une année.

-Comment faire sortir de la tête des clandestins qu'en arrivant en france il vont vivre riche et heureux, alors qu'ils ne connaissent ni le montant d'un loyer, ni de l'alimentation, et n'ont aucune notion de l'impot? J'ai rencontré mon épouse lorsque qu'elle a débarquée en pensant vivre en france durant trois mois (visa tourisme) en louant un appart en faisant du baby sitting... He oui, ses copines s'étaient bien vantées de ce qu'elle gagnaient, mais pas de la réalité. Les maqueraux étaient les seuls à lui proposer du travail, et elle aurait vite pu se retrouver dans une situation où la honte se confronte au besoin comme beaucoup. Les hommes quand à eux se retrouvent souvent sur des chantiers, payés au lance pierre ou pas... Tout cela car certains de leurs amis sont rentrés sans oser raconter que leur épopée vers l'eldorado n'a été qu'un combat, en omettant toutes les batailles.

Alors, quelles solutions ?
Personnelement je trouve que celles de notre gouvernement sont pas les meilleures, mais j'en vois pas des masses d'autres que d'entrainer ces pays dans le développement (durable dit on) ce qui est un travail plutot social et de longue haleine. D'un autre coté, investir à l'étranger (en afrique surtout) semble de plus en plus dangereux... A court terme, que faire?
commentaire n° : 3 posté par : Vincent le: 30/06/2008 13:05:36
A court  terme cher vincent, je pense qu'il faut continuer  à critiquer cette politique migratoire raciste pour qui enfermer  un étranger sans papier en centre de rétention pendant 18 mois et bah c'est normal!!!! et bah Non!
commentaire n° : 4 posté par : Sacadidie (site web) le: 01/07/2008 22:44:29

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