Un projet de directive européenne sur la rétention et
l’expulsion des étrangers en situation irrégulière va être soumis au Parlement européen le 20 mai 2008. Ce texte, visant à donner des normes communes aux États membres pour l’expulsion des sans
papiers, prévoit que ceux-ci pourront être mis en rétention pour une durée allant jusqu’à 18 mois. Pendant ce temps, en France, une
nouvelle victime de notre politique d'immigration est à déplorer:
La politique européenne conduite par les gouvernements en matière d’asile et
d’immigration se traduit une nouvelle fois par un recul des droits fondamentaux. L’enfermement des étrangers risque à terme de devenir le mode de gestion habituel des flux migratoires en
Europe.
Mais ce projet de directive présenté au Parlement européen va faire l’objet d’une procédure de codécision avec le
Conseil des ministres. Le Parlement a donc entre les mains le pouvoir de mettre un terme à cette politique scandaleuse allant à l’encontre des droits fondamentaux reconnus dans
la Charte européenne des droits de l’Homme et des valeurs humanistes à la base du projet européen.
Les parlementaires européens ont donc aujourd’hui une responsabilité historique : refuser une politique
dangereuse de stigmatisation des étrangers rappelant les heures les plus sombres de l’histoire tragique du Vieux Continent.
Il s'avère donc nécessaire que les parlementaires européens prennent leurs
responsabilités en rejetant ce projet de directive (et en signant notamment la pétition sur le site www.directivedelahonte.org).
18 mois et une interdiction de l'espace Schengen pendant cinq ans! Et pourquoi pas la torture? On pourrait les écarteler ces salauds de sans papiers. Où s'arrêtera donc notre haine de l'autre, du pauvre, du différent? Quelle nouvelle horreur administrative irons-nous donc inventer pour ériger des murs encore plus hauts, tandis que nous continuons à apauvrir le Sud par le néocolonialisme économique?
Petit rappel: actuellement en France la détention maximale d'un sans papiers est de 32 jours.
Mais nous ne sommes pas en reste en matière d'horreurs: Abdelakim Ajiimi, jeune homme de 22 ans, s'est vu, vendredi 9 mai 2008, opposer un refus dans une agence du Crédit agricole où il était allé retirer de l'argent. Dénoncé et interpellé ensuite par la police, il s'est apparemment fait violenter par trois policiers qui l'ont maintenu face contre terre en lui serrant le coup. Que s'est-il passé ensuite? Et bien ce jeune homme est mort! Oui mort! "Victime d'un malaise" selon la thèse officielle. A 22 ans, sa santé ne devait donc vraiment pas être bonne. D'après le préfet des Alpes Maritimes, Dominique Vian,"Aucun élément ne permet actuellement de mettre en cause l'action des fonctionnaires" de police. Ce n'est pas du tout l'avis de plusieurs témoins de la scène: Layla Picout, 22 ans, a donné un témoignage accablant pour les policiers: "(Abdelakim Ajiimi) ne se défendait pas. Il était sur le sol, complètement à l'envers, comme s'il était déjà parti. Quand ils l'ont mis dans le coffre de la voiture, menotté, on aurait dit une guimauve." Excès de zèle! Ils voulaient sans doute bien faire leur travail ces policiers. Résultat, un mort!
Il y a tout de même beaucoup plus d'étrangers que de Français dans le monde, alors personnellement, je me place du côté des plus nombreux. L'autopsie d'Abdelakim devait avoir lieu aujourd'hui.
Au delà de cette nouvelle bavure policière lamentable qui vient souiller le fronton de nos droits les plus fondamentaux, le principal responsable de tout ce gachis est l'actuel locataire de l'Elysée qui, à coup de discours et positionnements démagogiqueset électoralistes, a encouragé ce type de dérives. Va t'il adresser des voeux de condoléances à la famille et peser de tout son poids pour qu'une enquête sérieuse ait lieu? On peut toujours l'espérer.
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