Jeudi 26 janvier 2006
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On peut voir actuellement dans les salles obscures le film d'Andrew Nicol "Lord of War", joué divinement bien par Nicolas Cage. Sur ce thème, il faut soutenir absolument la campagne "Control arms":
Les armes légères alimentent les nombreux conflits à travers la planète et sont à l’origine de multiples atteintes aux droits de l’homme. A elles seules, elles provoqueraient 500 000 morts par an. Fort de ce constat accablant, un collectif d’associations a lancé au niveau international une grande campagne plaidant pour l’adoption d’un traité susceptible de réguler le commerce mondial des armes.
Les vrais armes de destruction massive
Alors que l’on parle beaucoup des « armes de destruction massive », armes bactériologiques et autres ogives nucléaires, constituant des menaces objet de toutes les inquiétudes de la part des grands Etats de la planète, la plupart des conflits à travers le monde, Irak, Tchétchénie, RDC, Soudan, etc. sont alimentés en armes légères à l’origine de multiples victimes civiles et militaires. Chaque année, plus de 500 000 personnes sont tués par balles, soit une personne toutes les minutes. Il y aurait aujourd’hui 639 millions d’armes légères en circulation dans le monde et huit millions de plus par an. Or 80% à 90% de ces armes proviennent du commerce légal et viennent alimenter les conflits. Tous les gouvernements sont donc responsables.On estime que 80 % des livraisons d’armes mondiales sont assurées par les États-Unis, la Russie, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et la France. En 2005, cette dernière se situe à la troisième place des exportations mondiales d’armement.
La nécessité d’un traité
Un collectif d’associations a décidé de réagir face à ce commerce morbide. Des organisations luttant pour les droits de l’homme et pour le développement, fortes dusuccès rencontrées par des campagnes internationales telles que celles pour l’interdiction des mines antipersonnel ou encore pour la création de la Cour pénale internationale, se sont inspirées du même modèle pour demander aux Etats de mieux contrôler leurs exportations d’armes. Le but est de pousser les Nations Unies à adopter un traité international sur le commerce des armes, juridiquement contraignant, qui mettrait en place un mécanisme planétaire susceptible d’assurer la traçabilité des armes légères, des armes de petits calibres et des munitions.
Ainsi en octobre 2003, Amnesty International, Oxfam International et le Réseau d’action international sur les armes légères (RAIAL) ont lancé une campagne, relayée dans une vingtaine de pays au Nord comme au Sud, afin de mieux contrôler les transferts d’armement.
Utopie ? Non rétorquent les ONG, arguant que le combat mené par des associations contre les mines antipersonnel a contribué à l’adoption de la convention d’Ottawa par l’ONU en décembre 1997 ayant interdit leur commerce. Plus de 150 Etats l’ont ratifiée aujourd’hui, et cet instrument juridique constitue une forte contrainte pour tous les candidats potentiels à la vente de mines antipersonnel.
Alors qu’il existe des traités mondiaux juridiquement contraignant pour contrôler les transferts de certains produits tels que les os de dinosaures, l’absence d’accord global sur le transfert des armes constitue réellement une anomalie au XXIe siècle.
Barbara Stocking, directrice d’Oxfam, a souligné à ce propos : « En 2006, le monde doit faire un choix […] Qui d’autre qu’un criminel vendrait sciemment une arme à un meurtrier ? Et pourtant les gouvernements vendent des armes à des régimes dont on sait qu’ils bafouent les droits humains. »
Une campagne photographique
Dans le cadre de la campagne « Contrôlez les armes », une opération assez originale a été mise en oeuvre. Les ONG qui l’animent sont actuellement en train de recueillir les portraits de personnes du monde entier souhaitant manifester leur soutien à un contrôle sur le commerce des armes. Plus de 600 000 photos ont déjà été réunies. L’objectif est d’en rassembler un million d’ici juin 2006, date du sommet de l’ONU sur les armes à New York. La pétition, illustrée d’un million de visages, sera alors déposée sur le bureau des Nations Unis. Reviendra à ces dernières la décision d’entériner ou non une volonté mise en œuvre et exprimée par la société civile à travers la planète.
Cette campagne semble aller dans le bon sens, mais j’ai un doute. Le but ne serait il pas de laisser les armes aux militaires et a toutes les forces de répression gouvernementales, mais à désarmer seulement les peuples ? Et ainsi entériner des situations ou des états bafouent les libertés ?