Etant moi-même porteur d'un lymphome B non Hodgkinien à grandes cellules, ou pour faire simple, cancer des lymphocytes, ou plus clair encore une bonne Sarkozyte aigüe (voir article plus bas), je me sens un peu concerné par ce précieux document. Et bien une fois traduit le jargon médical, qu'est-ce que j'y apprends? Que le tabac et l'alcool sont les deux principales causes de cancer en France. 29 000 décès par an dus au tabac chez l'homme pour 5 500 chez la femme. Jusque là rien de bien surprenant, la routine quoi. Mais attention , c'est ensuite qu'il faut s'accrocher et ne pas s'étrangler: Comme le dit le quotidien gratuit 20 Minutes, ce rapport balaie notamment une "idée fausse", la responsabilité de la pollution dans l'apparition d'un cancer. Circulez, il n'y a rien à voir! donc. Notre mode de vie hyperstressant, notre mode de consommation à outrance d'aliments bourrés d'émulsifiants et autres joyeusetés concoctées avec amour par nos firmes agroalimentaires hexagonales, la concentration urbaine et son lot de pollutions multiples, aériennes, sonores, psychologiques, les cours d'eau saturés de nitrates, Tchernobyl et ses petits tumulus radioactivus, etc. Tout cela n'est pour rien dans l'apparition exponentielle des nouveaux cas de cancers.
"1% au plus des décès par cancer peuvent être attribués avec certitude à la pollution", indique le rapport. L'expression "avec certitude" prend ici toute son importance. Car en fait la moitié des cancers ont une cause "certaine", soit le tabac et l'alcool. Chez les non fumeurs, le taux de cancers d'origine inconnue atteint 85%. Bravo l'étude médicale! En gros, le tabac et l'alcool tue, c'est de votre faute puisque c'est votre comportement individuel qui provoque la maladie. Par contre la pollution, du domaine de la responsabilité collective de l'ensemble du corps social, c'est 1% de sûr. Il reste donc au moins la moitié des cancers qui sont dépourvus d'explication.
Peut-être que le principe de précaution devrait entraîner la bande de joyeux chercheurs auteurs de cette étude à ne pas minimiser la pollution environnementale. Cela éviterait aux journalistes de 20 Minutes de parler "d'idée fausse" à propos de la responsabilité de la pollution dans l'apparition des cancers, puisque le phénomène ne peut pour l'instant être précisément quantifié.
Au sein même du corps médical, le débat fait rage, puisque par exemple le professeur Dominique Belpomme, cancérologue, a réagi au rapport sur les causes du cancer en France, Et pour lui, la part de la pollution environnementale y est largement sous-estimée (voir l'article).
Alors qu'en penser? Depuis 25 ans, notre environnement ne cesse d'être dégradé par l'activité humaine. Et si le cancer est mieux soigné qu'avant (la mortalité par cancer a diminué de 13% entre 1968 et 2002), des cas comme le mien se multiplient chez les jeunes sans qu'aucune cause certaine ne puisse être mise en avant. Il serait donc prudent de ne pas balayer d'un revers de mains le facteur environnemental, ne serait-ce que par correction pour les premiers concernés, les malades, en expliquant, le doigt sur la couture du pantalon, que non en fait, il n'y a pas d'explication. A se demander si cette étude n'a pas été commandée par des multinationales.
En Norvège, sur l'île de Bastoey, dans le ford d'Oslo, à 60 km au sud de la capitale, une prison d'un genre nouveau a vu le jour. Les 115 détenus qui y vivent, du petit truand à l'assassin récidiviste, ont droit à des maisons en bois sans barreaux, barbelés et autres miradors. Ils font de la culture et de l'élevage dans le but de les "responsabiliser, leur donner confiance en eux et leur apprendre le respect", comme l'a indiqué à l'agence Reuters Oyvind Alnaes, directeur de la "prison". Mieux, toute leur production est totalement écologique: Les détenus s'occupent des 195 poules, 40 moutons et 20 vaches de l'île et font pousser des céréales, des haricots, des pommes de terre et des fraises, le tout 100% bio, les engrais et pesticides étant interdits de séjour sur Bastoey. Pas de tracteur non plus, puisqu'on laboure avec des charrues tirées par des chevaux. Les prisonniers recyclent tous leurs déchets et ont également aidé à l'installation de panneaux solaires.De plus, le ferry qui relie Bastoey au continent est géré par des prisonniers.
Une seule tentative d'évasion a été enregistrée ces six dernières années, selon M. Alnaes. Tout écart se traduit par un retour à la case prison traditionnelle. Bref, s'ils vivent en autarcie comme en prison, les détenus de Bastoey apprennent également à subvenir à leurs besoins et à vivre en communauté, ce dans une perspective écologique et de réinsertion.Tandis qu'en France, la peine d'emprisonnement semble ne plus avoir d'autre sens que d'exclure des individus pour un temps de la société, ce de façon totalement improductive puisque, tous les experts en conviennent, les prisons françaises sont des machines à fabriquer de la récidive, en Norvège, cette expérience redonne tout son sens à la peine de prison (en photo ci-joint, un détenu avec une chèvre). Allier emprisonnement, réinsertion, responsabilisation des détenus, réapprentissage de la citoyenneté, autosuffisance alimentaire, et même éducation à l'écologie, il fallait le faire.
La loi sur la récidive votée par nos parlementaires UMP cet été devrait rajouter 10 000 détenus dans les années qui viennent au nombre déjà scandaleux de prisonniers qui débordent de toutes les prisons françaises, avec un taux d'occupation moyenne de 120%. Alors plutôt que de continuer à accentuer sans cesse la répression dans une volonté démagogique de ne prendre en compte que le point de vue des victimes, carressant ainsi l'opinion publique dans le sens du poil, il serait bienvenu de regarder du côté de la Norvège et de réfléchir à nouveau sur le sens de la peine, n'est-ce pas monsieur le Président? Certes ce n'est pas forcément électoralement porteur, tout comme l'abolition de la peine de mort (même pour les pédophiles), mais c'est ce qui constitue l'essence même des grandes nations. Espérons qu'on aura lu le Courrier International cette semaine à l'Elysée.
Pas grand chose à ajouter, si ce n'est que pour la rentrée, ce serait bien de se mettre sérieusement à résister, en commençant par un régime médiatique à base de blogs, de Canard Enchaîné le mercredi, de Politis le Jeudi, de Monde diplomatique en début de mois, et pour les quotidiens, peut-être la Croix, un des moins contaminés par la Sarkozyte.
En bonus de l'hédito de l'équipe de Mermet, une interview de la juge Eva Joly, retanscrite dans Le Monde d'aujourd'hui, qui remet les choses à leur place.
Plus que jamais, "à l'assaut du nabot!"
"Là-bas c'est reparti, mais quel leurre est-il ?
Même sur la plus perdue des îles du Pacifique, même au fond d'un bunker à 100 mètres sous terre, il était là. Dans le coffre de la voiture, dans le placard, il était là, sous le lit, dans le lit. Le matin sous les tartines, il était là. Nous avons tous passé l'été avec lui. Chaque jour, chaque nuit, chaque seconde. Et ça continue.
Et nous les Français ça nous plaît.
Et les médias français aussi, ça leur plaît.
Son bourrelet effacé par Paris Match, l'angine blanche de Cécilia, la visite à notre ami Bongo comme à notre ami Bush, on en redemande, la centrale nucléaire à notre ami Kadhafi, le frère de Rachida sévèrement condamné, DSK qui serait G., l'amant de Yasmina, on en veut encore. C'est ce que nous disent les médias, ça nous plaît.
Les médias se régalent. Chaque jour, il leur fournit tout chaud le nouvel épisode qui accroche l'audience. Du croustillant, du compassionnel, de l'emphatique. Faut que ça mousse. Chaque jour Zorro, Kennedy, Malraux et Michel Sardou à lui tout seul. L'Italie nous envie : même Berlusconi ne faisait pas aussi fort. C?est l?unanimité, de l?Express à Charlie hebdo, de Jean-Marie Le Pen à Michel Rocard, la France est derrière lui.
Oh, bien sûr il y a des revers, et même d'énormes revers. Il y aussi des choses énormes à faire avaler au bon peuple. Mais dans ce cas on connaît la recette, vous prenez un fait-divers et vous le gonflez au maximum, qu'il prenne toute la place. Le fait-divers fait diversion. Les médias vous font ça très bien. En France, jamais les médias n'ont été aussi agenouillés qu'aujourd'hui. Les journalistes, ça les écoeure, bien sûr et ça commence à fermenter dans ce petit monde. L'enquête annuelle Sofres publiée par La Croix en février 2007, ne donnait pas de quoi pavoiser. Croyez-vous que les journalistes sont indépendants, c'est-à-dire qu'ils résistent aux pressions des partis politiques et du pouvoir ? Réponse, NON à 63%. Qu'ils résistent aux pressions de l'argent ? NON à 60% !
Mais que voulez-vous, il y a la trouille de perdre sa place, ou de se retrouver dans un placard. Et il y aussi les contraintes d'audience. Un bon pédophile vous fait dix jours alors que la perte de recette fiscale de 13 milliards que coûte le bouclier fiscal ça intéresse qui au juste ? Oui, dix jours , il nous a fait, Francis Evrard le pédophile. La récidive, le Viagra et « la castration chimique » ! « Ce traitement hormonal appelez-le castration chimique, les mots ne me font pas peur » Alors là, bravo l'artiste ! Ah, bien sûr les conseillers en COM sont excellents, rien n'arrête les « spin doctors » de l'Elysée et les sondeurs n'arrêtent pas de sonder, mais sans un tel artiste, ça ne marcherait pas aussi bien. Voyez ce brave François Hollande, avec sa nouvelle compagne, à peine 15 000 euros d'indemnité et tout juste une petite journée de ragots. Alors qu'avec notre agité de l'Elysée plus c'est gros et plus ça marche. Il lance quelques notes et l'orchestre des médias reprend en choeur. Il n'a qu'à siffloter le début. Non pas qu'il domine les médias, attention. Ce n'est qu'un échange de bons procédés. L'oligarchie médiatique ne fait que défendre ses intérêts qui sont mêlés à ceux de l'oligarchie économique qui sont mêlés à ceux de l'oligarchie politique. Chacune des oligarchies à la fois se sert et sert les deux autres. Appelez ça connivence, les mots ne me font pas peur.
Et lui n'est qu'un leurre dans cette histoire. Et nous les dindons. Des dindons béats, les sondages le disent, c'est donc vrai, voilà la réalité. Karl Rowe, l'éminent conseiller de George W Bush, le disait sans complexe, « Nous sommes un empire, désormais nous créons notre propre réalité »Mais ce n'est pas tous les Français, évidemment. Il y a les effaceurs de bourrelet, mais il y a aussi des râleurs qui dénoncent la peopolisation, la personnalisation, « le coup d'éclat permanent », « le tout à l'ego ». Pour l'instant c'est la lèche, mais ça ne durera pas disent ces mauvais perdants en guettant le premier faux pas du petit trapéziste. Ils se répètent la formule qui dit bien les revirements du peuple ingrat, « Je lèche, je lâche, je lynche ». Mais laissons ces Tartuffes, eux aussi profitent de l'aubaine, la contestation se vend bien, et c'est tant mieux. En mal, en bien, c'est encore de lui dont on parle et c'est ça qui compte. L'U.B.M. L'Unité de Bruit Médiatique. Voilà l'unité de mesure de cette gouvernance. Et sur cette échelle-là, il atteint des sommets. Un tintamarre qui écrase toutes les autres voix. Boute en train ! trompe couillon ! Embobineur ! Vous pouvez vous égosiller, personne ne vous entend. Revenez dans quelques mois, ou quelques semaines. Mais soyez attentifs. Ne comptez pas trop sur les grands médias pour vous prévenir quand le vent tournera.
Car si la plupart des médias roulent pour lui, lui aussi roule pour la plupart des médias. Prenons un exemple au hasard, France Inter. Doit-il remercier France inter ? En tout cas France Inter peut le remercier. Grâce aux élections, l'audience a remonté. Et l'audience pour nous c'est sacré. Littéralement sacré. Or selon les sondages publiés en juillet pour la période, avril juin 2007, France inter a enrayé son déclin, avec 10 points d'audience. Sans retrouver son audience d'avant 2004 (10.6) ni tous les auditeurs envolés lors de la campagne pour le référendum de mai 2005. Les récentes élections ont permis de retrouver de l'audience, dans les tranches d?information, notamment la tranche du matin. Mais aussi grâce à « Là-bas » ! [...]
C'est ainsi chaque année avant l'été, le Prince fait tomber quelques têtes dans la sciure médiatique, au gré de son humeur ou de ses intérêts à la Cour. De fortes têtes de préférence, des têtes d'hérétiques ou de récalcitrants. À l'évidence il s'agit de faire un exemple pour maintenir la docilité des troupes. « Si celui-là est viré, pourquoi pas moi demain? ». Quand les têtes rentrent dans les épaules, la fabrique de l'opinion peut fonctionner sans encombre, plus lisse, plus conforme, plus neutre et donc plus neutralisante.
Chaque année bien sûr, les victimes se débattent. Avocat, pétition, campagne de presse, menace de grève. Beaucoup plus de bruit que n'en font les ouvrières d'une usine du Pas-de-Calais quand tombe le plan social, c'est vrai. Certes, le licenciement de Frédéric Bonnaud n'est pas un pire drame humain que celui de Marie-Hélène Bourlard, de LVMH (voir nos émissions de mai 2007). Mais la soumission et la normalisation des médias, c'est la réduction des têtes. Et donc des possibles. Cette ligne de front est essentielle.
L'insubordination, en voilà une belle feuille de route pour cette nouvelle saison !
Et comme dit Sally Mara « tiens bon la rampe ! »"
Le Monde, 4 septembre 2007

ARIS (Reuters) - L'ancienne juge d'instruction Eva Joly critique violemment les projets de Nicolas Sarkozy de "dépénaliser" la vie économique et d'interdire dans ce domaine l'ouverture d'enquêtes pénales sur le fondement de lettres anonymes. "Il me semble que les valeurs que dessine le président Sarkozy ne sont pas celles de la France que j'aime. Les méthodes qu'il suggère sont celles de M. Berlusconi. Pour moi, c'est un extraordinaire et étrange choix que de choisir de soutenir les délinquants contre les victimes", a-t-elle dit dans un entretien diffusé mardi sur France Info.
"Je ne comprends pas un pays qui responsabilise ses enfants et ses fous et irresponsabilise ses élites et cela me paraît une grave erreur et surtout une absence de compréhension de ce que veut dire la criminalité organisée et économique", a-t-elle dit.
Dans un discours vendredi devant l'université d'été du syndicat patronal Medef, le président de la République a annoncé son intention de faire interdire l'ouverture d'enquêtes pénales sur le fondement de lettres anonymes et son souhait de "dépénaliser" la vie économique.
Les chefs d'entreprise réclament depuis longtemps une réforme du délit "d'abus de biens sociaux" (le détournement de fonds au sein des sociétés).
"Dire que ce n'est pas grave de présenter des comptes inexacts ou de ne pas respecter la différence entre sa propre poche et la poche de l'entreprise, c'est grave. Le droit pénal, il ne faut pas l'oublier, protège les victimes", a dit l'ancienne magistrate.
Quant à l'interdiction pour les juges d'utiliser les lettres anonymes, elle la qualifie de "grave erreur", en rappelant que l'Onu et l'OCDE demandent à leurs membres de légiférer pour protéger les témoignages anonymes.
