L’incendie qui a complètement détruit les bâtiments du centre de rétention administrative de Vincennes (CRA), dimanche 22 juin 2008, était malheureusement prévisible. Il est le résultat d’une politique inique, inhumaine et scandaleuse, en matière d’immigration, conduite sciemment par le Président de la République et son gouvernement. Cet incendie est également la conséquence d’une gestion calamiteuse des conditions de détention dans notre pays, que ce soit en centre de rétention administratif ou dans les établissements pénitentiaires.
Contrairement aux affirmations cyniques et grotesques du député UMP Frédéric Lefebvre, l’incendie n’a
pas été provoqué ou entretenu par les associations de défense des sans papiers, qui manifestaient alors à l’extérieur du centre, mais bel et bien par le décès, samedi 21 juin en fin d’après midi,
d’un Tunisien âgé de 41 ans suite à un arrêt cardiaque. Ainsi, un homme, non pas un chiffre ou une statistique chers à Brice Hortefeux, meurt enfermé, et ses codétenus s’interrogent légitimement
sur les circonstances de son décès, jusqu’à la révolte ayant amené certains à mettre le feu à leur matelas. Ce type de phénomènes s'observe également de plus en plus dans les prisons françaises
surpeuplées et indignes de la République, quoi que dise notre Garde des Sceaux ("à champagne" comme dirait le Canard).
Cet incendie est donc le fruit d’un sentiment d’injustice et de colère vécu par des gens qui, rappelons-le encore, ne sont ni des délinquants ni des criminels mais des êtres humains dont la seule faute est d’avoir voulu coûte que coûte gagner la France pour améliorer leurs conditions de vie. Essayer de détourner l'attention sur la responsabilité des associations est absolument indigne. L'UMP n'a décidément peur de rien en matière de démagogie.
Le CRA de Vincennes était le plus grand centre de rétention administratif de France, avec 249 personnes enfermées au moment du drame, tête de pont de la politique d’expulsion pratiquée par Sarkozy et son ministre de l’immigration Brice Hortefeux. Il est aujourd’hui totalement détruit.
Ce nouvel incident doit amener l'excité de l'Elysée à s’interroger sérieusement sur le bilan de sa politique migratoire à très courte vue, qui coûte cher à notre pays en terme de drames humains, entache douloureusement notre parvis des droits de l’Homme, donne une image calamiteuse de la France à l’étranger, et dont les bénéfices sont totalement nuls pour nos concitoyens qui eux, se préoccupent surtout de leur pouvoir d'achat. Et ce n'est pas une campagne de communication (de propagande) grotesque orchestrée par Thierry Saussez, le gourou publicitaire de Sarkozy, qui va faciliter les fins de mois de plus en plus difficiles de la majorité des Français.
Arrêtons donc de poursuivre, d’arrêter, d’enfermer et d’expulser les étrangers en situation irrégulière comme s’ils étaient des criminels. Stop à la politique du chiffre ! Dans un prochain article, nous verrons d'ailleurs combien coûte précisément, en monnaie sonnante et trébuchante, cette politique migratoire raciste et stupide faite pour galvaniser l'électorat d'extrême droite et qui ne résout en rien les problèmes de notre pays.
Si la France continue à pratiquer ce type de politique,
la seule question à se poser est malheureusement: où et quand la prochaine explosion ?
Expulsion des immigrés clandestins, diminution des
remboursements de soins, chasse aux sans papiers, aux chômeurs, aux jeunes des cités, aux syndicalistes, stigmatisation des profs, des petits fonctionnaires, des Français issus de l'immigration,
des associations de défense des droits de l'homme, etc.
La stratégie de la majorité est simple et se résume en trois points: -aider les riches (paquet fiscal, privatisation des services publics, dont l'audiovisuel public, etc.) -culpabiliser les pauvres (notamment la nouvelle "offre raisonnable d'emploi" dont l'esprit sous-entend que l'on peut se complaire dans le chomage. On voit bien que ce texte a été écrit par un jeune sous-ministre, Laurent Wauquiez, qui ne connaît pas les mois à moins de 10 000 euros d'argent de poche). -détricoter les derniers restes de l'Etat providence tel qu'issu du Conseil national de la Résistance après la Seconde Guerre Mondiale, en gros ce qui faisait la spécificité, donc la fierté de la France.
On l'a voulue, on l'a la "rupture"!
Mais attention, l'urgence sociale est de plus en plus prégnante et la majorité ferait bien de se méfier d'un retour de bâton, pas de l'opposition, totalement inefficiente, mais bel et bien de la rue. Même Raffarin sent bien que "ça peut péter à tout moment!".
Et bien on ne trouve pas beaucoup de journalistes pour relayer l’information. Chaque année à la même période, le groupe de Bilderberg se réunit discrètement en un bel hôtel de la planète pour traiter des affaires du monde. Cette fois-ci, la réunion « secrète » a eu lieu à l'hôtel Westfields Marriott de Chantilly, en Virginie, à une quinzaine de kilomètres de l'aéroport international de Washington Dulles (plus pratique en sortant du jet, un petit coup de limousine et on y est), le week-end dernier.
Mais
qu’est-ce donc que ce groupe de Bilderberg ? Comme le résume très bien Wikipedia, le groupe de Bilderberg, ou conférence de Bilderberg, ou encore Club Bilderberg est un rassemblement annuel et non-officiel d'environ 130 membres, dont la
plupart sont des décideurs, des influenceurs comme on dit en marketing, banquiers, hommes politiques, industriels, universitaires, haut fonctionnaires, personnalités d'influence dans le monde du
travail et de l'éducation, et journalistes. Ce groupe se réunit depuis 1954 (photo de la première réunion) en différents lieux d’Europe ou d’Amérique du Nord. L’idée de départ était de
renforcer, dans le contexte de la Guerre Froide, la coopération entre les Etats-Unis et leurs partenaires européens, notamment via l’OTAN. Bien entendu, leur rôle a considérablement évolué depuis
la chute du mur de Berlin.
Certains vont jusqu’à affirmer que Bilderberg est le lieu où sont choisis les futurs présidents américains et Premiers ministres britanniques. Cela serait corroboré par la présence de Bill Clinton à ces réunions en 1991 et celle de Tony Blair en 1993. Sans aller jusque là, les peuples choisissant tout de même à la fin leur dirigeant par le biais des urnes, le groupe de Bilderberg constituerait un des principaux lieux décisionnels de la mondialisation.
Ainsi les « Bilderbergers », comme ils se nomment eux-mêmes, à l’abri des regards extérieurs, en dehors de toute médiatisation, gèrent les affaires du monde. Ce genre de groupe, c’est vraiment du pain béni pour tous les adeptes de la « théorie du complot ». A leur décharge, sur ce coup là, on ne peut que comprendre leur paranoïa. Alors que la réunion s’est tenue les 7 et 8 juin, pas une agence, pas un journal et très peu de sites Internet pour relayer cette information. On se croirait dans Le Talon de Fer, de Jacques London. Saluons les sites Alterinfonet et Rue89, les seuls qui ont parlé de la réunion de cette année. Pourtant rien que la liste des participants avait de quoi allécher toute la presse, notamment people.
Aller, « en exclu » comme ils disent, voici la liste des participants français de cette année :
-Christophe Margerie, PDG de Total,
-Thiery de Montbrial, président de l’Institut français des Relations internationales (IFRI), ça c’est pour le côté intello,
-Nicolas Baverez, doxosophe de salon et « déclinologue » célèbre,
-Henri de Castries, président du directoire du groupe AXA,
-Bertrand Collomb, président du Conseil d’administration du groupe Lafarge,
-Bassma Kodmani (ouaih, une femme !), directrice de l’Arab Reform Initiative,
-Et dame Christine, comme disait Philippe Alexandre, Christine Okrent, épouse de l’autre et toujours dans les bons coups,
jusqu’ici rien d’étonnant
Pour les politiques :
-Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d’Etat aux affaires européennes,
-François Pérol, secrétaire général adjoint de l’Elysée,
-Hubert Védrine, prof de relations internationales pour VIP au portefeuille bien garni,
-Jean-Claude Trichet, Président de la Banque centrale européenne,
-Et petite surprise, Manuel Valls, oui, oui, le socialiste député-maire d’Ivry en campagne, comme tout le monde au PS en ce moment, pour prendre la tête du parti.
Que faisait donc ce dernier au groupe de Bilderberg ? Il donnait des cours de socialisme ? N’en doutons pas ! Un peu comme Strauss Kahn au FMI ou Lamy à l’OMC. En fait, ce sont des taupes infiltrées au cœur du grand capital pour faire sauter cette mondialisation inique qui creuse chaque jour le gouffre des inégalités et amener au pouvoir l’international socialiste.
Merci camarades de vous battre pour les peuples du monde entier asservis par le Capital !
En tous cas, c‘est
Sarkozy qui peut être content. Avec des Socialistes comme ça, le danger est à chercher plutôt du côté des récalcitrants de la majorité. Pendant qu’au PS, on se bat pour savoir qui est le plus
libéral, partout ailleurs, on se bat pour pouvoir finir le mois, surtout les trente derniers jours, alors que le monde n’a jamais autant créé de richesses qu’aujourd’hui.
Soyons sur que le groupe de Bilderberg a travaillé cette année sur une plus juste répartition des richesses et sur la lutte contre la crise écologique, les deux grandes urgences de la planète en ce début de 21ième siècle. Non ?
D’après le site Alterinfonet, l’ordre du jour des Bilderbergers de cette année était consacré tout d’abord au prix de l’essence, on s’en serait douté, puis à une probable attaque américaine de l’Iran (oui, oui, les faucons de la Maison Blanche, fiasco après fiasco, n’arrivent toujours pas à se calmer). Visiblement sur cette question les Bilderbergers européens étaient des plus septiques (c’est bien les gars !). Enfin, et ça c’est beau, le groupe de Bilderberg a évoqué la lutte contre le terrorisme et, à cet effet, la possibilité de poser une micropuce sur chaque citoyen américain pour surveiller les possibles futures recrues d’Al Qaeda. Je leur proposerai bien plutôt le code barre dans l’anus, plus discret, mais on va me taxer de vulgarité.
On le voit, le groupe de Bilderberg, c’est vraiment nécessaire pour sauver la planète ! Alors merci à Manuel Valls d’être allé le surveiller pour que nous la gauche, nous participions à la construction du bonheur de demain.
Désolé Ségolène mais je crois que l’on tient le futur secrétaire du PS. Et avec un PS aussi combattif, la droite a de belles années de pouvoir sans partage devant elle. Et l’année prochaine, on va tous à la réunion Bilderberg !
Certes la diversité est
devenue un thème très à la mode, qui s’impose désormais dans la plupart des partis politiques, du moins en apparence, comme un impératif démocratique. Ainsi
Nicolas Sarkozy lors de son élection a mis en avant des personnalités dites «de la diversité », devenues ensuite ministres telles que Rama Yade ou Rachida Dati, jusqu’alors inconnues du
grand public.
Pourtant, pourtant, on sent bien encore que quelque chose cloche, comme du
temps de la promotion d’Azouz Begag, sous Chirac, qui avait eu ce bon mot : « je ne veux pas être l’Arabe qui cache la forêt ».
C’est là qu’intervient
l'enquête réalisée par Vincent Geisser et El Yamine Soum.
Les auteurs, après avoir
enquêté auprès d’une vingtaine d’élus et de militants politiques issus de l’immigration et des DOM-TOM, dénoncent une opération de diversion, une
colorisation superficielle de la vie politique française pour mieux dissimuler les rapports de type colonial qui prévalent encore dans les formations politiques.
La diversité en politique,
parlons-en ! Elus locaux ou nationaux, cadres et responsables, au PS, à l’UMP, chez les Verts, au PCF, au Modem, ils ont accumulé parfois plus de 20 ans de militantisme. Pourtant, aujourd’hui
encore, ils sont unanimes à dénoncer les discriminations qui sévissent dans leur parti politique.
On s’aperçoit à travers ce
livre que la diversité telle que pratiquée par les partis politiques conduit davantage à une gestion exotique des minorités dites « visibles », qu’à un
véritable partage du pouvoir. Des noirs et des arabes, on en veut bien comme militants de base et colleurs d’affiches, mais quand il s’agit de devenir élu, représentant du peuple, là les partis
sont unanimes pour favoriser les « non colorés ». On entend à ce propos d’ailleurs toujours les mêmes vielles rengaines : « le peuple n’est pas prêt », « cela
choquerait notre électorat », « la prochaine fois sera la bonne », etc.
Dressant un bilan critique
des élections législatives de 2007 qui se sont traduites par une totale invisibilité des « minorités visibles », les militants décrits dans le livre, issus de l’immigration maghrébine, africaine
et des DOM-TOM, réclament un « traitement de choc républicain », pour instaurer une égalité réelle dans les partis.
Sceptiques à l’égard de la
« discrimination positive », perçue majoritairement comme un faux remède, ils proposent un certain nombre de mesures concrètes pour lutter contre ce phénomène de « plafond de verre » qui domine
encore aujourd’hui, en 2008, la vie politique française.
Le véritable
communautarisme, ne serait-ce pas plutôt celui des grandes formations politiques, qui fait que les institutions ne sont plus aujourd’hui à l’image de la France, diverse ?
La diversité à la Française ne doit pas être une voie de garage ethnique servant d’alibi aux partis politiques pour se donner bonne conscience.
Après la lecture de cet ouvrage, les nombreuses hypocrisies et impostures qui règnent sur le sujet sont démasquées et des pistes sont ouvertes.
