Mardi 29 avril 2008
Voici une interview de Vandana Shiva, physicienne et prix Nobel alternatif 1993, datée de 2006, et qui permet de prendre un peu de hauteur par rapport au débat sur les OGM qui occupe actuellement nos parlementaires. Ces derniers semblent d'ailleurs dans leur grande majorité n'avoir pas du tout saisi toute l'ampleur des enjeux. Espérons que quelques uns verront cette interview. Argumentation imparable. Rien à ajouter.

Jeudi 24 avril 2008
Le gouvernement la semaine dernière nous offrait une nouvelle fois un bel exercice de cacophonie à propos des OGM. Alors que Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM pour les intimes) défendait un amendement déposé par un député communiste pour défendre un label territorial garanti sans OGM, la majorité UMP, lobbyisée par les semenciers et l'agro-industrie, criait au scandale. La secrétaire d'Etat se retrouvait deréchef dans l'obligation de s'excuser, alors que 78% des Français soutenaient sa position. Mais s'excuser de quoi au fait? De vouloir défendre une alimentation saine pour les générations futures? De refuser de livrer nos territoires à la firme agro-fasciste Monsanto? Merci au gouvernement de défendre les multinationales des OGM au détriment de notre santé. J'ai été personnellement victime d'un cancer digestif et je ne tiens pas à avoir à réaffronter une chimio dans quelques années à cause de la contamination de la nourriture dans nos assiettes, parce qu'une bande de vieux parlementaires n'est pas foutu de voir plus loin que le bout de sa fourchette.

En attendant, un tract de mes amis des jeunes Verts et d'autres formations de la gauche résumant parfaitement la situation, et un dernier rappel puisque visiblement la majorité de la clique à Fillon n'a pas compris:
les OGM, nous n'en voulons pas dans nos assiettes!!! Et nous sommes majoritaires dans notre pays.

"Appel Unitaire de la jeunesse sans OGM

Nous vivons actuellement un des grands tournants de l'histoire du monde. Ce mot d'ordre est loin d'être innocent. Il y a comme quelque chose d'extrêmement sensible qui est train de se passer. Nous avons décidé de ne pas nous laisser faire car il ne s'agit pas d'une grogne qu'il faudrait taire, d'un simple chahut ou d'une manipulation. Nous avons décidé de prendre en charge notre destin et de manifester notre colère sur les conséquences d'actes irréfléchis que nous allons subir.

Nous refusons d'être les cobayes d'une expérience scientifique grandeur nature.

Nous refusons d'être sacrifiés sur l'autel d'un projet de loi autorisant les cultures d'OGM en plein champ. Précisons que, loin d'être dogmatiques, nous ne sommes pas opposé-e-s aux cultures d'OGM en milieu confiné et à des fins de recherche scientifique. Mais nous voulons être protégés.

Demain, à cause de la décision du gouvernement et du vote de la majorité parlementaire, nous risquons de trouver dans nos assiettes des produits génétiquement modifiés dont personne ne connaît l'impact à long terme sur notre santé comme sur la biodiversité.

La société et sa jeunesse crient leur malaise face aux OGM. Alors qu'hier le Grenelle de l'environnement voulait garantir un droit à produire et consommer sans OGM, pourquoi hypothéquerions-nous aujourd'hui notre avenir ?

Il ne s'agit pas seulement d'une question de solidarité entre générations. C'est aussi et surtout une question de modèle de société et de gestion du risque. Plutôt que de les accepter aveuglément, la société doit prévenir les risques sanitaires et environnementaux liés aux OGM.

Aujourd'hui, nous tirons la sonnette d'alarme pour éviter l'hémorragie.

Le gouvernement et la majorité parlementaire sont prêts à nous sacrifier. Aujourd'hui ils sont informés, demain ils ne pourront pas dire qu'ils ne le savaient pas ! 

Nous demandons une plus grande écoute de la société civile afin d'appréhender tous les dangers, d'en évaluer les risques par une véritable expertise indépendante, et de mettre en œuvre le principe de précaution.

Nous lançons ensemble un appel à la jeunesse afin de prévenir d’éventuels drames humains, de protéger notre santé et notre planète.

Nous vous invitons à signer cet appel et vous donnons rendez-vous pour une prochaine action "coup de poing" avant que le projet de loi ne soit débattu au Sénat puis à l’assemblée nationale."

Voir le site:



Mardi 22 avril 2008

Comme concilier lutte contre la déforestation de la forêt amazonienne et combat contre l’expansion du virus du Sida au Brésil ?

Le gouvernement de Lula vient de trouver une solution miracle: fabriquer des préservatifs. Attention, pas de vulgaires capotes en latex fabriqués en Chine et exportées  vers l’Ouest par centaines de millions chaque année, non, qui plus est des préservatifs « bios » !

Le lundi 7 avril, des ministres du gouvernement brésilien ont inauguré, à Xapuri, petite ville de l’Etat de l’Acre en pleine forêt amazonienne, la première usine de préservatifs fabriqués en Amazonie, à base de lait de latex issu des hévéas de la région. En offrant par ce biais un débouché économique aux récoltants de caoutchouc, le gouvernement brésilien espère les dissuader d’arracher les arbres de la forêt pour récupérer des terres agricoles comme ils le faisaient jusqu’alors, afin de se reconvertir dans la récolte et la vente de latex. L’usine, qui a coûté 8 millions d’euros, devrait fabriquer une centaine de millions de préservatifs par an et permettra au Brésil de réduire sa dépendance vis-à-vis de la Chine en la matière.

Au nom de la lutte contre le Sida (le Brésil est le pays d’Amérique Latine le plus touché par le virus), le gouvernement avait distribué gratuitement l’année dernière pus de 120 millions de préservatifs. Les Brésiliens savent ce qu’il leur reste à faire pour lutter contre la destruction des « poumons » de la planète.

En tous cas, bien que le projet semble sympathique, il faudra plus qu'une usine de préservatifs pour à la fois protéger la forêt amazonienne et offrir à la population locale des possibilités de s'en sortir, sans parler des risques environnementaux liés à l'implantation d'une nouvelle activité industrielle en pleine Amazonie.

Mercredi 9 avril 2008

La phrase du jour de Sarko: Pour le Président de la république, les manifestations qui ont eu lieu un peu partout dans Paris au passage de la flamme olympique, lundi 7 Avril 2008, était "un spectacle ridicule, lamentable" (Cf Canard enchaîné d'aujourd'hui).

Pour Nicolas Sarkozy, les défenseurs des droits de l'Homme qui ont légitimement montré leur refus d'offrir un blanc seing à la Chine et à sa politique répressive vis-à-vis du Tibet sont des "tibétophiles fous". Quant à la réaction de Louis de Brossia, pourtant sénateur UMP, qui avait appelé "tous les élus locaux de France à arborer le drapeau tibétain au fronton des édifices publics", et bien pour le locataire de l'Elysée "c'est aussi idiot que si les officiels chinois me demandaient de hisser le drapeau basque au fronton de l'Elysée".

Quoi ajouter à ce genre de connerie? Elle parle d'elle-même. Basques et Tibétains subiraient donc le même sort. Des policiers français tirent sur des Basques et en tuent des centaines dans notre beau pays sans que nous ne réagissions? Les autorités nient le droit aux Basques d'exister? C'est terrible!

Je propose donc au Président de partir en vacances d'abord au Pays Basque, sur les côtes landaises, puis après au Tibet. Ca pourrait être pour lui une expérience enrichissante. En tous cas, celui qui se présentait avant son élection comme le futur "Président des droits de l'Homme" nous offre aujourd'hui de belles leçons de géopolitique. Certes il défend bien les "droits de l'homme d'affaires".

Quoi ajouter, si ce n'est pauvre type et pauvre France? Heureusement que nombre de nos concitoyens, contrairement à leur président, sont encore actifs pour défendre le peu qu'il nous reste de dignité humaine dans ce pays en refusant, au nom de pseudo valeurs de l'Olympisme, de fermer les yeux sur des massacres. Tous ces gens qui ont manifesté lundi ont sauvé l'image de l'Hexagone, tout comme les militants qui refusent chaque jour que des personnes, sous prétexte qu'elles n'ont pas de papiers, soient traitées tels des parias. Merci à eux!

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