Je n'avais pas envie de parler en ces pages du CPE, contrat stupide qui ne résoudra rien au chômage. Suffisamment de choses ont été dites là-dessus. Ah si, juste le fait que l'on ne parle que du contrat première embaûche, qui n'est qu'un petit aspect de la loi sur l'égalité des chances. Ce texte a également instauré dans son article 24, chose qui n'a que très peu été commentée, le "contrat de responsabilité parentale", permettant à un président de Conseil général de résilier les allocations familiales des familles lorsque un mineur s'absentera sans motif de son établissement scolaire. Vieux fantasme de la droite persuadée qu'il suffit de pénaliser les familles déjà en difficulté pour faire rentrer leurs rejetons dans le rang. On reste dans la philosophie sécuritaire chère à Sarko de la pénalisation de la misère. L'éducation ne s'achète pas à coup d'allocations. Mais bon, c'est un bon vieil appel démagogique à l'électorat conservateur. Pour la démonstration de la stupidité de la mesure, je fais confiance à n'importe quel étudiant de première année de sociologie. 
Heureusement un peu plus au sud, du côté de Denfert, la vie reprenait ses droits, à coup de slogans, de pancartes, de tracts, de kro et de sandwich au merguez.
Beaucoup de syndicats, de politiques, de salariés d'un certain âge, mais aussi de lycéens, etc. Finalement beaucoup de gens pas concernés par le CPE (pas encore concernant les lycéens).
C'est la symbolique qui domine dans ce contexte plus qu'houleux, prise de la Sorbonne qui rappelle mai 68 et manifestations en grand nombre qui rappellent...la France une grande partie de l'année. C'est aussi ce qui fait notre charme, le dialogue en arpentant le pavé. Une nouvelle génération de Français découvrira une fois de plus la politique, spécialité bien de chez nous, en hurlant des slogans récurrents contre le gouvernement en place. Pour les touristes, c'est une excellente façon de découvrir Paris. Alors tous dehors et à vos pancartes camarades!
Ah le Turkménistan ! Sympathique petit pays de 5 millions d’habitants, d’une superficie légèrement inférieure à celle de
Malgré ces caractéristiques alléchantes pour les chantres de la globalisation, le Turkménistan est très peu inséré dans les organismes internationaux. A ce jour, il ne fait parti que de
Le Turkménistan a obtenu son indépendance le 27 octobre 1991, à la suite de l’effondrement de l’URSS. Depuis lors, les Turkmènes ont la chance d’être dirigés par un personnage haut en couleurs, c’est le moins que l’on puisse dire, Séparmourad Nyazov. Souffrant d’une mégalomanie relevant de la psychose, Séparmourad veut absolument que ses concitoyens profitent de ses lumières. Se faisant appeler le « Turkmenbachi » (« père de tous les turkmènes », sans doute un des derniers grands nostalgiques de Staline), il règne en maître absolu sur le pays. Ne tolérant aucune opposition, on trouve le visage du père Séparmourad absolument partout, des billets de banque aux étiquettes des bouteilles de Vodka. La fête nationale du Turkménistan, le 19 février, est la date d’anniversaire du Président (c’est un Verseau comme moi).
Le Turkmenbachi se sert des médias aux seules fins de promouvoir son image, filtre l’info et fait passer à tabac le moindre journaliste assez fou pour rester dans ce pays et chercher à travailler correctement. En avril 2004 par exemple, le correspondant turkmène de Radio Free Europe (station américaine) s’était sévèrement fait casser la gueule par trois inconnus, sur ordre bien entendu des forces de sécurité. Véritable star internationale, Séparmourad fait parti chaque année du club restreint des « prédateurs de la liberté de la presse » établi par Reporters sans frontières, côtoyant les grands démocrates Ben Ali ou Mugabe.
Avec un bilan somme toute désastreux, on peut comprendre que la communauté internationale veuille quelque peu boycotter ce pays n’ayant rien à envier à
Et bien figurez-vous qu’une multinationale courageuse, française qui plus est (cocorico!), investit néanmoins considérablement au Turkménistan. Il s’agit de Bouygues, dont le sympathique PDG Martin est un ami de longue date du roi Chirac. (Ci-dessous Chirac et le Turkmenbachi).
Bouygues a construit au Turkménistan un palais, une mosquée, des monuments pour un conseil d’administration. Les chantiers se multiplient pour le groupe français, avec un chiffre d’affaire d’un milliard d’euros depuis douze ans.
Les cadres français du groupe se font loger dans de beaux appartements dans la capitale, Achgabat, et mangent dans les restaurants luxueux de la ville. Ils doivent avoir une belle vue sur la statue à l’effigie du Président, en or, mesurant
On le voit,
TF1 avait organisé en 1996 une interview très complaisante du Turkmenbachi pour ne pas froisser Martin Bouygues, le bétonneur propriétaire de la chaîne et obtenir de nouveaux contrats juteux. Mais le document n’a jamais été diffusé en France, où il y a toujours des gauchistes et autres « droits-de-l’hommistes » prêts à râler rien que pour emmerder les patrons qui font avancer le monde. (voir l’article d’Acrimed).
Tous ses détails croustillants sur Bouygues et le Turkménistan sont à découvrir dans le livre de David Garcia, le pays où Bouygues est roi (éd. Danger Public).
Environ trois cents militants étaient présents, écoutant studieusement se présenter, quinze minutes chacun, les cinq candidats à la candidature. Les quelques 8500 adhérents des Verts ont jusqu'au 14 avril pour choisir leur favori, un second tour devant ensuite départager les deux candidats arrivés en tête le 23 mai.Yann Werlhing, secrétaire général des Verts, et Mireille Ferri, secrétaire générale adjointe, avaient en charge l'animation des débats. Yann Werlhing a commencé par préciser que les Verts se lançaient dans une bataille pour des élections, les présidentielles de 2007, qu'ils ne cautionnent pas, le parti étant pour la proportionnelle et réclamant un changement de régime vers plus de parlementarisme. Les cinq candidats présents semblaient toutefois bien décidés à livrer bataille.
Cécile Duflot, Alain Uguen, Yves Cochet, Jean Desessard et Dominique Voynet ont tour à tour pris la parole durant quinze minutes afin de présenter leur vision pour les Verts, même si, quel que soit le candidat choisi, le programme restera inchangé, car décidé par le CNIR (Conseil national inter-régional des Verts).
Jean Desessard, désigné au tirage au sort comme le premier intervenant, s'est présenté sous le signe du "candidat pour la transformation sociale". La candidature du sénateur de Paris est motivée par "l'analyse du vote au traité constitutionnel européen" du 29 mai dernier. Pour lui les Verts doivent se recentrer autour des questions sociales. En réclamant également un "bilan des Verts à leur participation gouvernementale" durant son intervention, Desessard a attaqué directement Dominique Voynet et Yves Cochet, tous deux anciens ministres de l'environnement sous le gouvernement Jospin.
Alain Uguen ensuite, militant breton et ancien conseiller régional des Verts, a souligné être candidat pour "l'autonomie contractuelle". Favorable à des primaires générales à gauche pour contrecarrer la droite, il s'avérait ainsi être candidat pour une non candidature des Verts aux présidentielles. En ce sens, sa prestation fut réussie, son intervention ayant été laborieuse et marquée par un certain désintérêt des militants présents dans la salle, discutant durant son discours.
La prestation de Dominique Voynet, sénatrice de Seine St Denis et ancienne ministre de l'environnement, fut d'un niveau somme toute supérieur à ses prédessesseurs, tant sur le fond que sur la forme. Visiblement plus entraînée et habituée aux rouages de la communication, étant données ses anciennes fonctions, Dominique Voynet a d'abord commencé par souligner le décalage existant entre l'organisation de ce meeting des Verts et l'actualité, marquée au moment même où elle prenait la parole par l'affrontement entre les étudiants et les forces de l'ordre dans diverses universités, dont la plus symbolique, la Sorbonne. Réclamant des "Verts qui pèsent", applaudie alors par la salle, l'ancienne ministre a ainsi laissé entendre que les autres candidats, excepté Cochet sans doute, totalement inconnus du grand public, ne pouvaient constituer une candidature sérieuse pour s'adresser au pays. Cécile Duflot, trente ans, co-porte-parole des Verts et benjamine des candidats, s'est prononcée quant à elle pour "des réponses radicales". Membre de RDV, courant le plus à gauche, elle pourrait bien être la surprise de ces primaires écologistes, étant donnée la proximité idéologique de Voynet et Cochet, si les militants faiaient effectivement le choix d'un deuxième tour avec une candidate de la gauche du parti.
Yves Cochet enfin, député du XIVe arrondissement de Paris et ancien ministre de l'écologie sous Jospin, surfant sur le succès de son livre, pétrole apocalypse, s'est prononcée pour une réponse systémique globale à la crise environnementale que traverse la planète. Il s'agit pour lui de "relocaliser l'économie". Répondant à ses adversaires qui le taxent en permanence de chantre de l'apocalypse, Cochet a souligné non sans finesse que "la différence entre les pessimistes et les optimistes, c'est que, la plupart du temps, les pessimistes sont mieux informés".
Les cinq candidats, avec plus ou moins de réussite, se sont ensuite prêter à l'exercice de l'improvisation, en répondant chacun en trois minutes aux différentes questions qui émanaient de la salle. Celles-ci avaient été préalablement rédigées sur des bouts de papier par les militants durant les premiers discours, selon un processus bien scolaire ayant toutefois permis d'éviter les débordements.
Alors que dans la rue, partout en France, les étudiants se mobilisent, plus déterminés que jamais à faire échec au CPE, bloquant les facs et affrontant les forces de l'ordre, dans un climat ayant des relents de mai 68, la réunion des Verts de hier soir pour lancer la course à la présidentielle, dans une atmosphère très amicale, avait un petit quelque chose de décalé, de surréaliste par rapport aux urgences de l'actualité, comme si depuis leur planète ils adressaient des signaux à l'opinion.
Les Verts rétorqueront que, depuis leur existence, ils ont toujours été en décalage avec la pensée dominante et l'actualité, ayant crié au péril écologique bien avant tout le monde, prônant la décroissance à l'heure de l'accélération de la globalisation, dans un système mondial caractérisé par la nécessité de la croissance. Le décalage est peut être une des principales caractéristiques des Verts. C'est sans doute ce qui fait leur charme, mais peut être également un des éléments expliquant pourquoi ce parti si apprécié de l'opinion, toutes les enquêtes le prouvent, n'a guère plus de 8000 adhérents et affiche encore aujourd'hui des scores électoraux bien maigres, si ce n'est dans la capitale.

Les auditeurs du 7-9 de France Inter ont eu droit ce matin dans Question Directe à un nouvel aperçu de la magnifique et si pertinente philosophie de Monsieur Serge Dassault. Même Stéphane Paoli sentait remonter en lui des relents de gauchisme face à ce mandarin français, philosophe néolibéral à la pensée si pure et grandiose d'efficacité et de simplicité.
Le vendeur d'armes de 80 ans, aux connexions cérébrales encore vives dans son monde bien à lui où il n'y a que des fournisseurs, des clients et des feignants de gauche, venait s'exprimer sur les ondes à propos de la visite du plus célèbre des VRP français, Jacques Chirac, en Arabie Saoudite.
Le Président de la République se rend à Riyad pour essayer de refourguer les Rafales du père Dassault, dont personne ne veut depuis 10 ans, exceptée l'armée française, parce qu'ils sont trop chers. Beaucoup préfèrent effectivement l'Eurofighter, fruit d'une collaboration européenne et contribuant de plus à l'élaboration d'une Europe de la Défense qu'il serait temps d'envisager.
Alors déjà pour le père Dassault, les Eurofighters sont "mauvais", alors que le rafale est "un bon produit", bien entendu toujours selon la belle qualification dassaultienne (comme les "idées saines" dont il parle dans le magazine Entreprendre de décembre 2003, idées libérales bien sûr, face aux "idées malsaines" des gauchistes qui dirigent la France aujourd'hui encore).
Mais c'est lorsque Paoli l'interroge sur le CPE (Contrat première enculade) que Dassault, enfourchant cette fois-ci sa casquette de sénateur de l'Essonne et de Maire de Corbeilles Essonne, entonne un morceau d'anthologie:
D'abord "le licenciement abusif n'existe pas!" "Si le salarié est bon, il reste, sinon le chef d'entreprise le vire."
Voilà, c'est pas plus compliqué que cela. Car sinon "il y a des syndicats, des comités d'entreprise" avec des contrats garantissant des droits aux salariés. Attention le jeune, si tu vas travaillé chez Dassault en CPE et que tu revendiques une pause pipi par le biais d'un syndicat, le père Dassault sort son 4x4 sur lequel il a fait installé une tour et un fusil mitrailleur (véridique, c'est pour la chasse).
Alors voilà, le CPE c'est nécessaire, et pis faut le généraliser pour tout le monde, un point c'est tout! "La France est le seul pays au monde à protéger les salariés".
Face aux diatribes de Dassault, Paoli tente quand même un "alors, tous Chinois?" Le père Dassault semble hésiter: Ben... Ca marche en Chine quand même. Mais bon, le niveau de vie des salariés, des agriculteurs, tout ça. Cela fait beaucoup, le père Dassault s'arrête. S'il avoue que les salariés français doivent se calquer sur les Chinois, il va faire peur à ses vieux électeurs de l'Essonne. Alors il s'arrête.
De toute façon il possède le Figaro pour faire passer ses "idées saines". Ce n'est pas ce "troskiste" de Paoli (le mot est peut être un peu compliqué pour le monde de Serge Dassault qui, il l'avoue lui-même, n'a pas beaucoup lu de livres dans sa vie) qui va l'empêcher de s'exprimer.
Le vendeur d'armes possèdent tout de même cinq milliards d'euros, la cinquième fortune de France. Et en plus il cumule politiquement un poste de maire et un poste de sénateur. Cela ne lui suffisant pas, il a pris en 2004 le controle de la Socpresse et de ses 70 titres, dont le Figaro et l'Express, payant cash à la famille Hersant la somme de 1,5 milliards d'euros.
Son incursion dans la presse vise à "faire passer un certain nombre d'idées saines", comme il l'explique lui-même dans le magazine Entreprendre de décembre 2003. Ces idées saines sont: suppression de l'impôt sur la fortune et sur les successions, élimination des 35 heures, du code du travail, etc. Tout cela est expliqué dans son livre Un projet pour la France (Ed. Valmonde, 2001).
Aux journalistes du Monde, le père Dassault déclare: "Aujourd'hui les Français vivent sur un nuage, on ne leur dit pas la vérité" . "on ne travaille plus assez , on a trop de contraintes, trop de charges" (Le Monde, 09/09/04).
Les millions de précaires et chomeurs français doivent vraiment apprécier ce genre de déclaration. Et si les Français vivent sur un nuage, où vit donc Serge Dassault? "Il vit sur une autre planète". Et ce n'est pas moi qui le dit , c'est Stéphane Baudet, jeune maire UMP de Courcouronnes et concurrent local du milliardaire philosophe.
Et si le problème de la France, c'était plutôt les vieux mégalos de droite qui squattent les bancs du Parlement et gatouillent sur les ondes, pendant que de jeunes talents vont pointer au chomage?
