Mercredi 28 février 2007
Alors voilà, puisque les médias depuis quelques mois ont choisi de déterminer la taille des candidats, en parlant des "grands" et des "petits" candidats (Sarkozy est par exemple qualifié de "grand candidat" malgré ses 1m65), j'ai décidé de citer aujourd'hui les "très petits candidats", ceux dont on n'entend jamais, mais alors jamais parlé. C'est vrai, n'oublions pas qu'il y a pour le moment 44 candidats officiellement déclarés. Bien entendu tous n'iront pas jusqu'au bout, mais dans le lot, il y en a quand même certains qui valent le déplacement:

Commençons d'abord par les "grands" des "très petits candidats":
nous avons Frédéric Nihous, 39 ans, candidat de Chasse Pêche Nature Traditions (CPNT). Lui, on l'a vu un peu. Son programme: la ruralité d'abord. Ok, mais c'est quoi la ruralité, surtout quand on habite en ville? La chasse aux pigeons sans doute. Pour l'instant, il s'agit de chasser les maires et leur précieux paraphe et les pigeons électeurs. Bon, il y a également Antoine Waechter, 57 ans, président du Mouvement écologique indépendant (MEI), qui fut candidat en 1988 et obtînt 3,78% des voix (j'espère que Voynet fera au minimum aussi "bien"). Le seul des très petits à avoir eu (quand même!) sa marionnette aux Guignols (mais si, le fameux: "Brice! Passe-moi le cendrier en rotin!"). Jacques Cheminade (photo, une belle geule d'escroc), 64 ans, président de "Solidarité et progrès", fut candidat en 1995 et otînt 0,28% des voix. Bras droit de Lyndon Larouche, ancien militant américain d'extrême gauche ayant sombré dans la paranoïa et la mégalomanie, Cheminade est le représentant en France de la secte "Solidarité et progrès". Il a quand même été condamné en 92 pour escroquerie et en 2004 pour diffamation publique. La secte "Solidarité et progrès" est très active dans les campus français. Nous avons Nicolas Miguet, 45 ans, président du Rassemblement des contribuables français, qui apparemment s'adonne à l'escroquerie pour obtenir ces 500 signatures (voir article Yahoo actu).Il y a un "jeune", Rachid Nekkaz, 34 ans, président du "Club des élus Allez France", candidat de la diversité qui semble surtout vouloir se faire de la pub. Vient ensuite Roland Castro, 64 ans, architecte-urbaniste, fondateur du "Mouvement de l'utopie concrète". Lui aussi doit vouloir faire de la pub pour son cabinet. Comme s'il n'y avait pas assez d'écolos à cette élection, nous avons également France Gamerre, 64 ans, présidente de Génération Ecologie. Pierre Larrouturou (photo), 41 ans, délégué national du PS, est lui candidat "pour pousser la gauche à plus d'audace". Personnage des plus intéressants, il défend notamment à rebrousse poil de toute la nomenklatura française qui veut que l'on travaille plus, l'idée de la semaine de 32h. Et en plus, c'est très bien argumenté. Il a reçu en décembre un soutien de poids, celui de Michel Rocard. Leila Bouachera, 45 ans, chargée de mission au CSA, est également candidate. Son parti c'est elle-même. Docteur en droit international, elle a commencé sa carrière à l'ONU et travaille actuellement au CSA. Quelques idées intéressantes dont des réformes institutionnelles. Le parti des Travailleurs n'est pas en reste avec Gérard Schivardi, 56 ans, maire du patelin de Mailhac et conseiller général.

Si l'on suit la classification médiatique, suivent ensuite les candidats "microscopiques". Et là, "c'est d'la balle!" comme disent les djeun's:

Il y a Christian Chavrier, 40 ans, président du Parti fédéraliste et Jean-Philippe Allenbach, 58 ans, ancien dirigeant du Parti fédéraliste. N'en doutons pas que ces deux là se présentent pour plus d'Europe. Il fallait bien qu'ils soient au moins deux. Nous avons Eric Taffoureau-Millet, 43 ans, président de "Attention! Handicap". Reconnu handicapé de catégorie B, c'est un ancien producteur musical, artiste, biographe (de Serge Gainsbourg ou encore Marilyn Monroe) et interprète. Dans la catégorie neuneu anachronique pour le retour de Louis XXV, il n' y a pas que le Vicomte de Vendée De Villiers. Nous avons également Yves-Marie Adeline, 46 ans, président de l'Alliance Royale. Un jeune, Franck Abed, 25 ans, candidat de "Réconciliation nationale", groupuscule d'extrême droite qui a pour programme l'opposition au "parti de l'étranger". Jeune et déjà si vieux.
Viennent ensuite Jean-Marc Governatori, 47 ans, président du mouvement "La France en action".
Soheib Bencheikh, 45 ans, ancien grand mufti de Marseille, Yvan Bachaud, 67 ans, retraité et défenseur du référendum d'initiative citoyenne et Michel Martucci, 75 ans, président de la Confédération nationale des syndicats CID (artisans et commerçants), sans doute le candidat préféré de Jean-Pierre Pernaut. Romdane Ferdjani, 59 ans, est lui adjudant-chef à la retraite. Pour le port du képi pour tous? Robert Baud (photo), 57 ans, est pour une "majorité des minorités en souffrance morale et sociale". Il porte bien son nom. Attention la photo fait un peu peur. Alain Mourguy, 58 ans, est président de l'union droite-gauche. C'est sans doute le petit Bayrou. Le "Miyeu" en force. Jean-Christophe Parisot, 39 ans, se présente au nom du Collectif des démocrates handicapés tandis que Michel Baillif, 62 ans, le fait en tant que président de la Fédération nationale de l'invalidité. Lucien Sorreda, 64 ans, est candidat pour que "les revenus du bas tirent vers le haut". 

Edouard Fillias, 27 ans, est candidat et président de la secte madeliniste Alternative libérale. Détail intéressant, Marielle de Sarnez, grande copine de Bayrou, était au Congrès d'AL au Bataclan le 4 février dernier. L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux et maintenant des sondages ne serait-il pas sur une ligne bien à droite en matière d'économie?

Yves Aubry, 38 ans, veut permettre aux Rmistes et aux pauvres de vivre décemment. Visiblement maintenant, il se retirerait au profit du candidat de l'Union des candidats émergents. Merde! Lui qui était si près de l'Elysée. Gabriel Enkiri, 74 ans, ancien communiste, antisionniste, a un programme original: "soit Jacques Chirac se présente, soit j'y vais". Enfin, il y a Jean-Paul Le Guen, 63 ans, se disant "apolitique" (alors pourquoi vouloir faire de la politique?), ancien pompier qui veut rétablir la peine de mort (encore un maboul), Jacques Borie, 41 ans, candidat de France Equité, chef de service dans une entreprise de transport et ancien du PRG et Hervé Mathiasin, 38 ans, candidat du Centre humain ouvert à tous (CHOAT), et surtout ingénieur conseil en énergies renouvelables qui doit vouloir également se faire un peu de pub (je crois que pour l'instant personne ne le connaît). Et la meilleure pour la fin, bien entendu, l'extraordinaire Cindy Lee (photo), candidate du Parti du plaisir, qui espère bien faire dresser les urnes. Son programme? Entre autre, le droit à une vie sexuelle épanouie pour tous. Ca au moins, c'est un beau programme.

Vraiment les présidentielles françaises, avec tous ces beaux candidats, c'est encore mieux que la Star Ac'.  Et on voudrait nous imposer le bipartisme? Hors de question. Ce qui fait plaisir au moins, c'est que Dominique Voynet comme José Bové feront plus que tous ces candidats. Aller les maires, soyez beaux joueurs, il y a plus de 36 000 communes. Arrêtez de conserver farouchement vos signatures, que l'on puisse tous voter Cindy Lee.

Jeudi 22 février 2007

Contre l'oubli du 17 octobre 1961

Alors que Papon vient de mourir et que l'on a poussé le vice jusqu'à enterrer ce salopard avec la légion d'honneur, petite vidéo sur l'inauguration d'une station de métro à Gennevilliers baptisée dimanche dernier "17 octobre 1961" par un collectif d'associations. Le préfet collabo aura au moins fait une chose bien: sa mort le jour de cette inauguration aura attiré toute la presse à cette action nécessaire pour commencer à regarder en face les pages sombres de notre histoire.
Pour un rappel des évènements du 17 octobre: Le 17 octobre 1961: Se souvenir
Ne pas oublier également la semaine anticoloniale
Mardi 20 février 2007
Aller, après l'Irak, le Darfour. Alors que les Français ont le nez rivé sur les élections présidentielles, que Sarkozy joue un coup le bon samaritain, un coup le père Fouettard, réalisant des grands écarts électoraux qui impressionnent jusqu'à Chirac, que Ségolène fait l'institutrice de la IIIe république sur TF1, tentant de cornaquer des éléphants de plus en plus déprimés et que Bayrou, gargarisé par les sondages et à cheval sur son tracteur, croit dûr comme fer en son destin, prenons un peu de distance avec la France et arrêtons-nous quelques instants sur un des conflits qui restera comme le plus sanglant de la fin du XXe et du début du XXIe siècle, celui du Darfour:

Le "Darfour", signifiant "patrie des Four", est une région du désert du Sahara, située dans l'Ouest du Soudan. Il se compose de trois provinces, Gharb Darfour, Chamal Darfour et Djanoub Darfour, et couvre une surface de 510 000 km², soit presque la taille de la France. Il est peuplé majoritairement de musulmans. L'Islam aurait été introduit au Darfour aux environs du XIVe siècle par les Toundjour, vraisemblablement d'origine arabe. Jusqu'au XIXe siècle, la région sera dominée par divers royaumes dynastiques. Le sud du Darfour est à cette époque une réserve bien pratique d'ivoire et d'esclaves à destination de l'Egypte, cette dernière dominant le pays de la fin du XIXe jusqu'à la Première Guerre Mondiale. En 1916, le sultan du Darfour, Ali Dinar, s'allie avec l'Empire Ottoman et déclare la guerre à la Grande Bretagne.
La rébellion est alors matée, le sultan tué et le pays incorporé au Soudan britannique. A l'indépendance du Soudan en 1956, le Darfour est alors intégré à la République du Soudan. La région sert ensuite de base au parti Oumma, dirigé par Sadiq al-Mahdi.

Aujourd'hui, 5 à 6 millions de personnes vivent au Darfour. La région connaît un très faible niveau de développement. Par exemple, seul un tiers des filles vont à l'école pour moins de 45% des garçons.

Entre 1983 et 2003, un terrible conflit entre le gouvernement soudanais et les rebelles du Sud provoque près de deux millions de morts. Fin 2003, l'opposition au président soudanais Omar el-Béchir se montre de plus en plus virulente. Khartoum, pour se venger, laisse alors des milices arabes, les tristement célèbres "Djandjaouids", dirigées par Choukratalla, ancien officier de l'armée soudanaise, agir sur tout le Darfour. Les populations civiles sont prises à partie et victimes de bandes armées qui violent, tuent et pillent dans l'indifférence du gouvernement de Khartoum et de l'opinion internationale. Début 2006, nous en sommes à plus de 300 000 morts et quelques 2,4 millions de personnes déplacées.

En juillet 2004, à Washington, le Congrès vote à l'unanimité une résolution qualifiant les exactions des Djandjaouids au Soudan de "génocide". Les rebelles, regroupés dans trois principaux mouvements, l'armée de libération du Soudan (ALS), le Mouvement pour la justice et l'égalité et le Mouvement pour la libération du Soudan (MLS), réclament alors une intervention de la communauté internationale.


Justement, la communauté internationale: Les Etats-Unis et la Grande Bretagne s'intéressent à cette région depuis qu'entre 2003 et 2004, le Soudan a doublé sa production pétrolière. Par exemple, Tony Blair s'était déclaré être par principe contre toute intervention militaire au Darfour. Les Etats-Unis eux, ont décrété un embargo sur les ventes d'armes à l'encontre de Khartoum, tandis que les Chinois, qui aiment de plus en plus faire commerce avec les pires régimes africains (Zimbabwe, Ouganda, Ethiopie, Burundi, Congo), intéressés également par le pétrôle soudanais, y vendent des armes à tir-larigot.
Un rapport d'Amnesty International accuse par exemple Pékin en août 2005 d'avoir envoyé plus de deux cents camions militaires au Soudan.

Aujourd'hui, malgré la présence de 7000 soldats envoyés par l'Union africaine sur le terrain, les exactions continuent. Il semble en fait que le gouvernement de Khartoum, seulement intéressé par les richesses du Darfour, veuille se débarasser de la population pauvre qui y réside pour pouvoir agir comme bon lui semble. Depuis l'indépendance, le gouvernement central ne s'est en effet jamais préoccupé des habitants de cette région, dépourvus du moindre service de l'Etat, que ce soit de routes, d'écoles ou de dispensaires. Omar el-Béchir a réussi de plus à faire croire aux pays arabes que les rebelles livraient une guerre contre l'Islam et a obtenu de fait leur soutien alors que les Darfouriens sont dans leur immense majorité musulmans. Ainsi ce conflit n'est pas du tout racial, comme ont tendance à le montrer nombre de médias, mais bel et bien, comme la plupart du temps d'ailleurs, économique, les différents gouvernements médiocres s'étant succédés depuis l'indépendance en 1956 ayant toujours cherché à instrumentaliser à leur profit les différents groupes composant le pays.

Et la France dans tout ça? Paris, longtemps soupçonné de complaisance envers le Soudan, est plus ou moins en conflit larvé avec celui-ci en raison de l'aide militaire que la France apporte aux gouvernements du Tchad et de la Centrafrique, en butte aux incursions de forces rebelles basées en territoire soudanais. En "conflit larvé" peut-être, mais ce qui n'a pas empêché notre chère patrie des droits de l'homme d'avoir reçu la semaine dernière à Cannes Omar el-Béchir, François Bozizé et Idriss Déby (Chefs d'Etat respectifs du Soudan, de la Centrafrique et du Tchad) pour qu'ils puissent tranquillement papoter ensemble sous l'égide bienveillante de Chirac. Les trois dictateurs veulent en effet mettre en place des "
instances de concertation active entre le Soudan, le Tchad et la Centrafrique". Oui très bien, concertez-vous! Et puis restez bien au pouvoir, saignez vos peuples et accaparez les richesses! Paris veille sur vous! Ce n'est pas notre pays qui irait arrêter des dictateurs africains, pensez-vous?

Ce qui est "amusant" dans tout cela, c'est qu'aux Etats-Unis par exemple, l'opinion publique s'est émue de ce qui se passait au Darfour, sensibilisée notamment par l'acteur Georges Clooney. En France, rien, ou pas grand chose, si ce n'est l'action d'associations et d'ONG. Et oui, l'Afrique, c'est du domaine réservé, pour l'Elysée, pas pour ces "connards" de parlementaires (dixit Villepin) ou pire, pour le menu peuple. C'est du Foccart du XXIe siècle, de la bonne vieille Françafrique qui malgré tous les beaux discours, continue d'imprégner les esprits de nos politiques, diplomates et militaires.

Nos gouvernants en sont encore à l'idéologie des aires d'influence et du "pré-carré" qui a fait notre belle réputation d'enfoirés hypocrites sur le continent noire. Les Etats-Unis, la Grande Bretagne ou la Chine ont peut-être une attitude scandaleuse mais agissent, eux, par purs intérêts économiques, ce qui est dégueulasse mais rationnel. La France, elle, joue encore l'arbitre colonial dans une sorte de nostalgie d'un Empire totalement déchu. Et comme pour le Rwanda, on va s'apercevoir bientôt que non seulement un génocide nous est passé sous le nez, mais qu'en plus nous ne sommes pas tout à fait  innocents dans cette affaire.

En voilà un beau sujet pour les Présidentielles, une des guerres les pires de l'histoire de l'humanité qui se déroule dans l'indifférence presque générale de nos médias. Mais que fait François Bayrou? Tout ceci dépasse en effet le clivage gauche-droite, non?

Jeudi 8 février 2007
Ce matin, deux attentats à la voiture piégée ont frappé Bagdad et une localité du sud de la capitale (photo AFP), tuant au moins 20 personnes et en blessant quelque 40 autres, tandis qu'au Nord, une attaque armée a fait cinq morts. Hier, sept soldats américains ont été tués dans la chute d'un hélicoptère de transport. Officiellement, on ne connaît pas la cause de l'accident, mais visiblement, il y avait des tirs au sol lorsque l'hélicoptère s'est écrasé.

Les jours se suivent et les informations en provenance d'Irak se ressemblent, faites de morts, de blessés, et encore de morts. Plus de 3000 soldats américains ont été tués depuis le début de l'invasion américaine. Certes c'est dramatique, mais ce sont des soldats, des professionnels de la guerre, envoyés par une administration Bush belliqueuse. Bien pire, et le chiffre est sans doute ultra minimisé, 12 000 civils irakiens ont été tués rien qu'en 2006. Depuis le début de cette guerre en mars 2003, ce sont au moins 100 000 civils qui ont été tués. 100 000 personnes qui n'avaient rien demandé!!!

George W. Bush a demandé lui au Congrès américain le 5 février pas moins de 285,1 milliards de dollars pour continuer à financer les opérations militaires en Irak jusqu'en 2009. La facture de cette guerre s'élève à plus de 660 milliards de dollars. Elle aura coûté fin 2008 plus chère à l'Amérique que la guerre du Vietnam. Je sais que "comparaison n'est pas raison", mais tout de même, d'après les Nations Unies, pour éradiquer la faim dans le monde d'ici à 2015, il faudrait y consacrer au moins 6 milliards de dollars par an. 6 milliards? A mettre en perspective avec les 660 milliards de la guerre en Irak.  A cet égard,  le président Eisenhower, qui s'y connaissait en guerre, avait déclaré le 16 avril 1953:


"Chaque arme à feu qui est faite, chaque vaisseau de guerre lancé, chaque fusée tirée, signifie au final un vol de ce qui devrait aller à ceux qui ont faim et ne sont pas nourris, à ceux qui ont froid et ne sont pas habillés."
Merci Dwight, on en est encore là.

Pourtant, il y en avait du monde dans les rues partout en Europe (j'en étais) en 2003 pour protester contre cette stupide guerre d'Irak. Mais voilà, l'administration Bush n'écoute pas. Tant pis pour elle, elle restera dans l'histoire américaine comme une des pires équipes que les Etats-Unis aient connue. Et les Français "va t'en guerre", Goupil, Glucksman (circonstance aggravante pour ce dernier, il soutient désormais Sarkozy. Encore un "gauchiste" qui a mal tourné!), Kouchner au début (lui aussi est prêt à rallier Sarkozy, tiens?), Bruckner, etc., ils ont tout intérêt à s'écraser aujourd'hui, vu l'ampleur du désastre.

En attendant, une information positive, pour changer, en provenance d'Irak:
La chaîne de télévision par satellite Al-Sana (la paix) va commencer à émettre dans les semaines qui viennent. D'après son directeur, Qasim Hadi (photo), « Al-Sana révélera au monde le véritable visage de l'occupation et des gangs religieux. On parlera enfin du monde du travail, des femmes, des droits des enfants.... ».

Qasim Hadi est également secrétaire général du syndicat des chômeurs en Irak. Leader ouvrier, organisateur de plusieurs grèves sous Saddam Hussein, il a été arrêté à plusieurs reprises par l’armée américaine pour son rôle dans l’organisation de manifestations de chômeurs en 2003.


Cette nouvelle chaîne de télévision est une initiative du Congrès des libertés en Irak, un mouvement politique et syndical de
gauche qui s'oppose à l’occupation américaine mais également aux groupuscules islamistes radicaux qui mettent le pays à feu et à sang. Le Congrès des libertés en Irak entend promouvoir une alternative progressiste, laïque et démocratique dans le pays.


Les programmes d'Al Sana
, d'après Samir Adil, secrétaire général du Congrès, parleront de « l’identité humaine, contre les conflits ethniques et nationalistes, sur l’égalité entre femmes et hommes, pour expliquer que la femme est un être humain. Un programme sur les questions de santé, d’éducation, sur l’éducation des enfants, contre les punitions corporelles, sur l’art, sur la séparation de la religion et de l’état, sur la liberté d’opinion, sur la nouvelle société... et puis bien sûr, des films et de la musique »


Al-Sana va émettre au début 14 heures par semaine, à raison de deux programmes de deux heures par jour. La chaîne
a bénéficié du soutien financier du Comité japonais de soutien à la résistance civile en Irak, une coalition d’organisations pacifistes, qui a collecté 400 000 $ en quelques mois pour soutenir ce projet.

Une lueur d'espoir dans un pays bien sombre, où il n'y a pas que des soldats américains benêts et des barbus excités, mais également des "héros ordinaires" (pour reprendre notre superbe pub contre le cancer) qui tentent de reconstruire et de redorer le blason d'un Etat qui fut, en des temps lointains, le berceau de la civilisation humaine, la Mésopotamie.

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