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"Bin Jamin", ça signifie "sans terre" en Hindi, et comme je m'appelle Benjamin et que je loue mon appartement, c'est un bon titre pour mon blog.

On nous parle à longueur de temps de "Mondialisation heureuse" et de développement nécessaire et favorable à tous. Alors juste un petit blog,  pavé de plus dans la mare des joyeux chantres des bienfaits de la Globalisation. Il se base sur des expériences personnelles et s'adresse à tous les "sans", sans terre, sans air, sans droits, sans papiers, sans travail, sans toit, sans toi aussi d'ailleurs... Les récidivistes du stage s'y reconnaîtront. Ce blog se veut un modeste lieu de "résistance", ce au sens noble du terme.

Toute accusation d´affiliation à un groupe (si ce n'est les écolos un peu gauchistes, je le concède volontiers, de même que Sauvons les Riches qui prône une mesure de salubrité publique, le revenu maximum), parti, association, clubs de libéraux masochistes ou de néomarxistes, de joueurs de boules, de propriétaires de chien qui pue, de réhabilitation du clocher de Moussac ou de je ne sais quoi encore ne serait que fumisterie et vil procès d´intention.

Les propos rédigés en ces pages n´engagent que leur auteur afin de partager des points de vue, des expériences vécues, des constats lors de voyages à l'étranger, etc. Il s'agit de réfléchir, un peu, sur le développement, sur l'environnement, sur l'actualité, sur la politique, sur l'altérité sans trop d'austérité. Bin Jamin se veut un vecteur d'informations généralistes à tendance sociale et écologique, mais également nationale et internationale, avec un intérêt marqué pour le Sous-Continent indien, véritable laboratoire de la globalisation, de ses excès et des mouvements qui tentent d'y remédier.

Sa philosophie: " L'erreur ne devient pas vérité parce qu'elle se propage et se multiplie. La vérité ne devient pas erreur parce que nul ne la voit." (Gandhi)

Ou encore: "Le nouvel ordre mondial est en vigueur jour et nuit, selon le principe que celui qui ne produit pas, qui ne consomme pas et qui n'a pas d'argent pour le mettre en banque est inutile. Ainsi les immigrants, les sans terre, les sans toit sont traités comme les déchêts du système: ils doivent être éliminés." (John Berger)


Tous les commentaires sont les bienvenus, de même que les textes d'auteurs qui se sentent inspirés.
Vendredi 27 mars 2009 5 27 /03 /2009 14:57
Par Ben - Publié dans : Actualité Bin Jamin - Communauté : Media - Actualité générale
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Vendredi 20 mars 2009 5 20 /03 /2009 11:59

A quand des riches en carrosse dans le cortège de la CGT ?

 


logo-sauvons-les-riches2501
Rdv jeudi 19 mars 13 heures
place de la République puis tout le long du défilé

 

La manifestation syndicale du jeudi 19 mars verra l’apparition d’un tout nouveau collectif d’utilité publique : le collectif « Sauvons les riches », à bord d’un carrosse très simple.

Demander une augmentation du Smic et des minima sociaux pour les pauvres, c’est très bien. Mais n’oublions pas les riches ! Face aux inégalités, ce sont les riches qui sont en première ligne. Eux aussi ont droit à la dignité. Cocktails mondains, clubs privés, week-end aux Bermudes et courses au Bon Marché : la vie des riches et sa litanie de consommations ostentatoires les enferme dans une cage dorée.


Le collectif des sauveurs de riches tire la sonnette d’alarme et met en avant une indéniable expertise trop souvent taboue dans notre société obnubilée par le luxe.

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  • A l’origine de la crise, l’appât du gain sans aucun frein des Madoff et Kerviel de tous les pays a détruit la confiance que nous pouvions (encore) avoir envers les institutions financières, entraînant l’économie mondiale dans leur déchéance.
  • Des données épidémiologiques constantes montrent une dépendance des riches au foie gras, à la cocaïne et à l’hebdomadaire Valeurs Actuelles.
  • Ces phénomènes deviennent tellement graves que les gestionnaires de patrimoine proposent désormais des services d’assistance psychologique. « Certains clients se sentent coupables d’avoir hérité de grosses sommes d’argent, peut-on lire sur le site de lapresseaffaires.com, d’autres ont des problèmes de couples au sujet de l’argent et d’autres encore se demandent quoi donner à leurs enfants dans un monde où ils peuvent tout acheter. »
  • Des scientifiques ont même démontré que l’abus de richesse nuisait à… la sympathie !

Le tout nouveau collectif Sauvons les riches affiche une ambition modeste : répartir les richesses et sauver la planète. Mais, pour cela nous avons décidé d’interpeler les riches eux-mêmes, pour les sauver de leur vie clinquante, vulgaire et tellement triste.

Notre mission : ramener sur terre les Bernard Arnault, Serge Dassault et autres Jacques Séguéla. Parce que personne ne devrait être contraint de vivre la vie de la famille Grimaldi de Monaco.


Aux Etats-Unis, pays le plus touché par ce fléau, Barack Obama a été obligé de plafonner à 500 000 dollars par an (soit 32 000 euros par mois) les revenus des dirigeants d’entreprises aidées par l’Etat. Qu’est-ce qu’on attend pour faire de même ?

La grande majorité des citoyens ont du mal à boucler leurs fins de mois, certes, mais pendant ce temps là les riches roulent en carrosse rongés par la mauvaise conscience. Un carrosse de riches repentis au milieu du cortège de la CGT, arborant une banderole « Je suis riche, mais je me soigne »… Vous pensiez que c’était impossible ? Ce n’est que la première action du collectif « Sauvons les riches » !

 

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Le Collectif « Sauvons les riches », dans le cadre de la campagne Europe-Ecologie, vise à instaurer un revenu maximal autorisé européen, de l’ordre de 30 fois le revenu médian, au-delà duquel les revenus seraient massivement imposés. Dans ce but, les jeunes contestataires, armés de baguettes de pain et de paquets de spaghettis, interpellent à leur manière nos amis les riches, accros à un mode de vie destructeur, non-généralisable, et finalement tellement triste.

Par Ben - Publié dans : Actualité Bin Jamin - Communauté : Media - Actualité générale
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Vendredi 20 février 2009 5 20 /02 /2009 10:49

A propos de ce qui se passe en Guadeloupe, voici l'excellente tribune de Noël mamère publiée sur son site le 16 février 2009: rien à ajouter.


La grande révolte des colonies

"Guyane, Guadeloupe, Martinique, Réunion. Par vagues successives, les peuples des dernières colonies de l’Empire se mettent en mouvement pour exiger leurs droits à la dignité et à la justice sociale. La crise et la baisse du pouvoir d’achat ont fédéré les populations contre un pouvoir colonial qui maintient ces territoires dans une marginalisation entretenue depuis des décennies.

La Guadeloupe est aujourd’hui paralysée par une grève générale commencée le 20 janvier et dont les principales revendications sont : l’augmentation du SMIC de 200 euros et de tous les minima sociaux, la baisse des prix, notamment des carburants, le blocage des loyers. En tout, 146 revendications, qui ont été établies par la population, à travers ses organisations syndicales et populaires, réunies dans un collectif LKP ( Liyannaj Kont Pwofitasyon, Mouvement contre l’exploitation ), le plus puissant jamais développé dans l’île.

Le 30 janvier, à Pointe-à-Pitre, il avait réussi à rassembler plus de 65000 personnes, soit à peu près 15 % de la population totale de Guadeloupe. Mais ce mouvement, historique, ne se limite pas à l’exigence d’un plan d’urgence face à la crise, il fédère la colère, au nom du respect, de l’égalité sociale et de la mémoire collective issue de l’esclavage. Les collectifs qui structurent ce soulèvement identitaire, réunissent toutes les générations, toutes les catégories sociales, la plupart des organisations syndicales, associatives et politiques de l’île. C’est comme si toute une histoire, faite d’humiliation rentrée, de demande de réparations passée aux oubliettes de l’Histoire, de rage alimentée par les promesses non tenues, de discours infantilisants et paternalistes, de clientélisme politique et social, ressurgissait contre la domination d’une métropole lointaine qui a su exploiter les terres et les corps, de la période esclavagiste à celle du RMI forcé, sans jamais donner une once de pouvoir réel aux peuples discriminés et dominés par une poignée de familles békés, héritières des colons blancs esclavagistes. Certains de ces entrepreneurs békés en sont encore à « vouloir préserver la race », comme a osé le dire l’un deux au Secrétaire d’Etat à l’Outre-mer. Cet apartheid social et ethnique est d’autant plus insupportable qu’il se conjugue avec un monopole de la production et de la distribution, qui empêche toute émancipation des populations locales. En Martinique comme en Guadeloupe, huit familles contrôlent toute l’économie des îles. A la Guadeloupe, par exemple, le monopole de la distribution de l’essence est contrôlé par la SARA, une filiale de Total dont on annonce dans le même temps à Paris une hausse des bénéfices de 14 milliards.

Ces territoires, dits d’outre mer, ont le plus fort taux de chômage, ils croulent sous la misère, le nombre de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté est trois fois plus important qu’en métropole et on y compte cinq fois plus de érémistes. La vie chère n’est pas un slogan syndical. Alors que les salaires sont en moyenne de 12 % moins élevés qu’en métropole, les prix connaissent des écarts allant de 30 à 80 % pour les produits de première nécessité. Les postes de responsabilités sont trustés par des blancs, reléguant les populations créoles au rôle de sous-fifre. Depuis que le scandale du chlordécone a été identifié, dénoncé et les responsabilités établies, rien n’a été fait pour enrayer ce fléau et juger les coupables...

Les clichés des îles, du soleil, de la mer et du punch, ne résistent pas une minute à l’examen de la réalité. Cela ne pouvait durer indéfiniment. Cette fois- ci, le système craque de partout. Le mépris dont a fait preuve Nicolas Sarkozy, en ne citant même pas le cas de la Guadeloupe, en grève depuis trois semaines, dans son long monologue de plus de 90 minutes, est l’indice supplémentaire de l’irrespect des autorités françaises, ressenti comme du mépris et de l’humiliation. Le rappel à Paris du sous-ministre Jégo, qui s’était pourtant engagé au nom de l’Etat à conclure un accord avec le collectif, a fait déborder le vase. Visiblement, la seule tactique du patronat local et de l’Etat français, est de jouer le pourrissement du mouvement pour, ensuite, réprimer, peut-être dans le sang, ce mouvement populaire sans précédent.

Elie Domota, qui connaît son histoire, a d’ailleurs réclamé justice et vérité sur les massacres de mai 1967, qui avaient fait 120 morts et qui s’étaient conclus par le jugement inique des militants indépendantistes. La manifestation de samedi dernier, au Moule, rassemblait des milliers de personnes, dans une marche en hommage aux cinq ouvriers de la canne à sucre, tués le 14 février alors que, comme aujourd’hui, ils réclamaient une augmentation de salaire.

La question de la mémoire est une donnée de la politique antillaise, pour le pouvoir et les békés, comme pour les créoles. A peine quelques mois après l’enterrement en grande pompe d’Aimé Césaire, on essaye d’enterrer ce mouvement, en l’étouffant, en l’isolant, en le réprimant, comme les politiciens de la métropole l’ont toujours fait. Mais cette fois, la coupe est pleine pour ceux qui se sentent en permanence insultés par une politique discriminatoire ancrée dans leurs mémoires. Ils en ont assez de ces vexations permanentes , imposées par les héritiers de la traite négrière, que ce soient les patrons békés, les autorités coloniales, les préfets, les gendarmes et les ministres turbos. L’humiliation a un prix. C’est ce que nous dit cette révolte qui vient de loin. Ce prix, c’est celui du droit de réparation, de la dette écologique, humaine, sociale, due par le pouvoir colonial aux territoires d’Outre-mer. Un plan de réparation devrait non seulement entériner les revendications légitimes du collectif mais encore créer les conditions d’un alter développement des îles, pour en finir avec l’économie dépendante de la rente, le pouvoir d’une caste, les prébendes et la corruption. Sortir du colonialisme, c’est sortir de la tutelle parisienne et de la spoliation généralisée, c’est respecter le droit à l’autodétermination, quelle qu’en soit la forme décidée par les populations locales.

Au moment même où Obama incarne la longue marche pour les droits civiques des fils et des filles d’esclaves, la révolte citoyenne se généralise dans les confettis de l’Empire. Les tambours grondent et rappellent la phrase de Frantz fanon, l’enfant de la Martinique, qui s’engagea dans les rangs du FLN Algérien : « Nous nous sommes mis debout et nous avançons maintenant. Qui peut nous réinstaller dans la servitude ? » Devant ce soulèvement de la dignité, la réponse de Sarkozy apparaît comme dérisoire et à contretemps. Il envoie des escadrons de gendarmerie et des médiateurs sans autre pouvoir que de tout faire pour ne pas céder devant les revendications légitimes d’un peuple uni, debout et qui résiste.

« La Guadeloupe est à nous/ La Guadeloupe n’est pas à vous/ Vous ne pourrez plus faire ce que vous voulez/ Dans ce pays qui est le nôtre »... Nos concitoyens ultramarins ne veulent plus être "considérés comme des chiens". Aujourd’hui, les « chiens » se lèvent et ont décidé de mordre."

Noël Mamère, le 16 février 2009

Par Ben - Publié dans : Actualité Bin Jamin - Communauté : Media - Actualité générale
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Lundi 16 février 2009 1 16 /02 /2009 14:21

Voici un texte de la merveilleuse Aminata Traoré concernant la situation catastrophique qui prévaut actuellement au Zimbabwe, où l'on voit que le vilain Robert Mugabe n'est pas seul responsable de tous les maux de son pays. La communauté internationale semble reproduire les mêmes erreurs que lors de l'embargo irakien qui a fait payer aux enfants d'Irak ( près d'un million de morts suite à l'embargo de 1990 à 2000 décidé par l'ONU, voir sur le site de l'UNESCO ) le comportement du dictateur Saddam Hussein. La communauté internationale tient-elle à accentuer le désastre zimbabweén?  Pourquoi n'arrivons-nous donc jamais à tirer les leçons du passé?  


"Plus de 3000 morts et près de 70 000 malades du choléra au Zimbabwe, avec des risques de propagation de l’épidémie aux pays voisins, n'ont donc pas suffi à mettre un terme aux sanctions économiques que la Grande-Bretagne et ses alliés infligent à ce pays depuis la fin de la décennie 90. C'est ainsi que le Conseil de l'Europe, à l'issue de sa session du 26 janvier 2009, a décidé de "proroger d'une année la position commune concernant les mesures restrictives à l'encontre du Zimbabwe". D'une extrême gravité, une telle décision ne peut qu'exacerber une situation déjà caractérisée par un taux de chômage (94%) et d'inflation qui sont les plus élevés au monde, la pénurie alimentaire dont souffrent près de 7 millions de personnes, la déscolarisation des enfants ainsi que la fuite des bras et des cerveaux dont de nombreux enseignants et membres du personnel soignant.

 

L’unique tort du peuple zimbabwéen, ainsi privé de travail, de revenu, d’eau potable, de soins de santé et de nourriture – condamné, en somme, à une véritable descente aux enfers - est d’être dirigé par Robert Mugabe dont l’éviction a été exigée pendant de longues semaines de campagne de déstabilisation et de diabolisation. L'ancienne puissance coloniale, les adversaires politiques du Président zimbabwéen ainsi que des ONG et les médias dominants l’accusent d’avoir ruiné son pays, de violer les droits de ses concitoyens et de se maintenir au pouvoir par la répression des opposants et la fraude électorale. A défaut de sa démission, le partage du pouvoir avec son principal rival, Morgan Tsvangirai, vient d'être conclu après quatre mois de négociations au cours desquelles le Président du Mouvement pour le Changement Démocratique (MDC) exigeait, en plus du poste de Premier ministre, le contrôle de postes ministériels stratégiques.

 

Il est heureux que la réunion du 30 janvier 2009 des pays membres de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) ait débouché sur ce dénouement pacifique qui vient de se traduire par la constitution d'un gouvernement d'union nationale avec Morgan Tsvangirai comme Premier ministre. Espérons que le Président Robert Mugabé et la Zanu-PF seront à hauteur d'attente pour que cette crise soit un triste souvenir !

 

Mais, ce pas important n'est que l'amorce d'un processus de normalisation qui, pour mettre fin au martyre du peuple zimbabwéen, exige la levée immédiate et sans autres conditions des sanctions économiques qui ont largement contribué à plonger l'ancienne Rhodésie du Sud dans une situation aussi calamiteuse. Cette lecture du drame zimbabwéen sous l’angle des mesures punitives qui affament, appauvrissent et tuent des innocents n’exonère en rien le Président zimbabwéen et son parti pour les erreurs qu’ils ont pu commettre. Il s’agit de donner une chance à la paix en mettant en lumière des faits déterminants mais délibérément occultés.

 

Il faut remonter aux Accords de Lancaster House qui, en 1979, ont mis fin à quatorze années de lutte féroce pour la libération de l'ancienne Rhodésie du Sud des griffes du raciste Ian Smith. Ils ont été signés dans un contexte où quelques 6000 fermiers blancs possédaient plus de 15,5 millions d'hectares sur les terres les plus fertiles du pays. Pendant ce temps près de 4,5 millions de Noirs subsistaient péniblement sur les "terres communales" souvent arides où les colons les avaient confinés un siècle durant. Le consentement entre l'acheteur et le vendeur est l'un des principaux aspects du dispositif qui devait changer cette situation. Dix ans plus tard, elle n'avait pas évolué de manière palpable parce que les fermiers blancs avaient renchéri les prix et ne cédaient que les terres les moins fertiles.

 

En 1997, le gouvernement de Tony Blair signifia à Harare qu'il ne pouvait plus contribuer financièrement au transfert des terres aux Noirs, comme convenu, en dédommageant des fermiers britanniques qui devaient être expropriés. Le Président zimbabwéen a alors décidé de confisquer, sans compensation, les terres de ces derniers qui ont dès lors promis de faire sa perte. Les sanctions économiques constituent la machine de guerre financière, économique, sociale et politique qui a été déployée en guise de punition par la Grande Bretagne et ses alliés plus particulièrement les USA. Jugeons-en :
En décembre 2001, le Congrès des Etats-Unis d’Amérique a voté le « Zimbabwe Democracy and Economic Recovery Act » ou loi sur la relance économique et la démocratie au Zimbabwe. Elle comporte entre autres l’opposition des Etats-Unis d'Amérique à tout prêt au Zimbabwe et à l’annulation de sa dette auprès des institutions internationales de financement. Cette loi a largement contribué à plonger le Zimbabwe dans la récession économique et dans une inflation de plus en plus vertigineuse. 

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En 2002, l’administration Bush a également mis en place un programme dénommé « Gouvernance et démocratie » doté de 6 millions de dollars destinés à soutenir les opposants (MDC, syndicats, groupes religieux, ONG, médias « indépendants », etc.).

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Au plus fort de la campagne de redistribution des terres, les Etats-Unis s’opposèrent à l’aide du Programme Alimentaire Mondial (PAM) aux Zimbabwéens

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En 2004, l’administration Bush s’opposa également à l’appui du Fonds Mondial contre le Sida aux malades du Zimbabwe.

- A
 partir de 2002, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne poussèrent l’Union européenne à prendre des sanctions contre le Zimbabwe, en violation de l’article 98 de l’Accord de Cotonou signé en 2000 entre l’Union européenne et les pays ACP (Afrique, Caraïbe et Pacifique).

-
Tous les fonds consentis par différents pays occidentaux à l’éducation, à la santé et à l’assainissement furent suspendus.

Il suffit d’ajouter à ces sanctions les conséquences classiques et désastreuses des programmes d’ajustement (PAS) du Fonds Monétaire International (FMI) et de la Banque mondiale (libéralisation, privatisations, bas salaires, détérioration des conditions de vie…) et le cycle plus rapproché des sécheresses pour réaliser les causes profondes de l'enlisement du Zimbabwe. Les autres pays africains n'échappent au même sort que parce qu'ils vivent sous perfusion, alimentés par les financements extérieurs dont ce pays est privé.

Les sanctions infligées au Zimbabwe sont d'autant plus injustifiables qu'elles émanent d'Etats et d'institutions non transparents et non démocratiques dans leurs pratiques en Afrique si nous considérons les règles du commerce mondial, les termes des accords de partenariat économique (APE) ou de réadmission des migrants africains. Ils sont illégitimes parce que non représentatifs des peuples africains dont ils bafouent les droits économiques mais savent instrumentaliser dans la défense de leurs propres intérêts.


Antidémocratiques et meurtrières, les sanctions économiques relèvent par ailleurs de la corruption politique et financière dans la mesure où en sanctionnant les dirigeants qu'ils jugent indésirables, les grandes puissances dissuadent ceux d'entre eux qui seraient tentés de s'écarter de ce que qu'elles considèrent comme le droit chemin.

 

Aussi, est-il grand temps de privilégier dans le débat sur le présent et l'avenir de l'Etat postcolonial en Afrique, la question centrale mais souvent occultée du contrôle des richesses et de l'initiative du changement dont la réforme agraire. En plus de la personnalisation à outrance du débat politique, le pays de Robert Mugabé est, sur ce plan aussi, un cas d'école à méditer à l'heure de la ruée des multinationales de tous horizons vers les terres fertiles du continent et du grand bradage au nom de la croissance et du marché-roi.

Alors que le diagnostic de la situation est biaisé et les sanctions économiques meurtrières pour les populations des voix incitent le nouveau Président américain, Barack Obama, à les poursuivre, à son tour. Son « Yes we can », faut-il le rappeler exige un changement radical de regard, de discours et de pratiques en matière de politique américaine en Afrique. Il est de la plus grande importance qu'il joue sur le continent noir comme au Proche-Orient la carte de l’écoute et de la main tendue au lieu de la poursuite de sanctions qui d'une manière ou d'une autre ne sont que violence contre des peuples démunis, désemparés et désinformés.

 

Il s'agit plus concrètement d'en finir avec la thèse de l'axe du Bien et du Mal de George W. Bush qui a valu au monde l’agression et l’occupation de l’Irak de Saddam Hussein, les attaques barbares et répétées d’Israël contre le peuple palestinien, illustrées par le dernier déluge de feu sur la bande de Gaza. En Afrique, elle passe d'une certaine manière par le Zimbabwe. La mise en lumière des enjeux mondiaux économiques, sociaux, financiers et environnementaux de telle sorte que les Zimbabwéens et les Africains, d’une manière générale, s’engagent dans le jeu démocratique sur des bases autres que l'alternance pour l'alternance et la course aux postes stratégiques est le véritable défi qui devrait interpeller les dirigeants africains, les institutions sous régionales, l'UA et les véritables alliés du continent.

 

Nous rappelons qu'il est périlleux pour l'Afrique de suivre les conseils des maîtres du monde aujourd'hui embourbés dans une profonde crise, signe de l'échec de leur idéal de société que la moralisation de la sphère financière ne suffit pas à crédibiliser. Quant à la légitimité du pouvoir politique en Afrique, il convient de souligner qu'au-delà des élections qui sont nécessaires, elle réside aussi et surtout dans la volonté et la capacité des dirigeants élus à négocier et à gérer les richesses du continent dans le sens des intérêts de ceux et celles qui les ont mandatés.

Aussi, l'accalmie qui vient d'être obtenue par la SADC doit-elle être érigée en paix véritable pour les Zimbabwéens et pour l'Afrique tout entière en opportunité de jeter un autre éclairage sur les crises, son image habituellement malmenée ayant été considérablement ternie par l'hypocrisie et les mensonges qui prévalent dans l'analyse de la situation de ce pays.

Les intellectuels et les autres acteurs de la société civile critique ainsi que les politiques africains et non africains qui estiment que le continent noir n'est pas une planète à part mais bel et bien le berceau de l'Humanité et partie prenante du capitalisme fou et destructeur doivent contribuer à en déceler et à en démonter les rouages.

Pour donner une chance à une paix véritable et durable au Zimbabwe, nous joignons nos voix à celles des Zimbabwéens qui n’ont que trop souffert, de la SADC et de l'UA et rappelons à la Grande Bretagne, aux USA et à l'UE le coût social et humain exorbitant des mesures punitives infligées à ce pays.

- Nous déclarons que l’eau potable, la nourriture et les médicaments doivent cesser d’être des armes de guerre

 

- Nous demandons la levée immédiate du blocus qui prive des millions de Zimbabwéens de ces biens indispensables à une existence humaine digne de ce nom.

 

- Nous considérons qu’il est profondément injuste et irresponsable de suspendre des vies humaines à un accord de partage du pouvoir politique au sommet.

Oui, nous le pouvons ! Il suffit de ne plus confondre les intérêts britanniques, américains et européens avec les droits des peuples zimbabwéen et africains à la terre, la nourriture, l’eau potable, la santé, l'éducation, l'emploi et le revenu.


NOUS SOMMES TOUS ZIMBABWEENS !"

 

Signataires : Aminata D. Traoré (Essayiste, Mali) – Jean Ziegler (Sociologue, Suisse) – Boris Boubacar Diop (Ecrivain, Sénégal) - Mireille Frantz Fanon (Fondation Frantz Fanon) – Diadié Y. Dagnoko (Enseignant, Mali) -Demba Moussa Dembélé (Economiste, Sénégal) – Assetou Founé Samaké (Biologiste, Mali) - Bruno Rebelle - Souleymane Koly (Artiste chorégraphe, Côte d’Ivoire)– Hamidou Magassa (Ecrivain, Mali) – Christian Koné (Journaliste, Burkina-Faso) – Ismaël Diabaté (Artiste-peintre, Mali) – Bibi Diawara (Démographe, Mali) – Lucette et Christian Morillon (LA BRASSAUDERIE 17120 EPARGNES  France) – Mamadou Goïta (Socio-économiste, Mali) – Sarah Jane Mellor (Traductrice France/Angleterre) – Moussa Bolly (Journaliste, Mali) – Valerie Ngo Biem (Cameroun) – Jean Michel Naud (Enseignant, France) – Clariste Soh Moube(Cameroun) – Moustapha Diaté (Economiste, Sénégal) – Aziz Coulibaly (Comptable, Côte-d'Ivoire) –Aboubakary Gollock (Eonomiste, Canada) –Amadou Gollock (Consultant, Mali)

 

Si vous souhaitez prendre part à cette campagne, veuillez le signer en nous communiquant votre nom, profession et adresse à djenneart@afribone.com.ml


Galvaudés, instrumentalisés et décrédibilisés, sont la démocratie, les droits de l'homme et la bonne gouvernance, à partir du moment où les puissants qui prétendent en être les garants, les bafouent quand ils ne les transforment pas en redoutables instruments de pression, de domination et de chantage au financement.
Par Ben - Publié dans : Actualité Bin Jamin - Communauté : Media - Actualité générale
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