Editorial
On nous parle à longueur de temps de "Mondialisation heureuse" et de développement nécessaire et favorable à tous. Alors juste un petit blog, pavé de plus dans la mare des joyeux chantres des bienfaits de la Globalisation. Il se base sur des expériences personnelles et s'adresse à tous les "sans", sans terre, sans air, sans droits, sans papiers, sans travail, sans toit, sans toi aussi d'ailleurs... Les récidivistes du stage s'y reconnaîtront.
Toute accusation d´affiliation à un groupe, parti, association, clubs de libéraux masochistes ou de néomarxistes, de joueurs de boules, de propriétaires de chien qui pue, de réhabilitation du clocher de Moussac ou de je ne sais quoi encore ne serait que fumisterie et vil procès d´intention. Les propos rédigés en ces pages n´engagent que leur auteur afin de partager des points de vue, des expériences vécues, des constats lors de voyages à l'étranger, etc. Il s'agit de réfléchir, un peu, sur le développement, sur l'environnement, sur l'actualité, sur la politique, sur l'altérité sans trop d'austérité. Bin Jamin se veut un vecteur d'informations généralistes à tendance sociale et écologique, mais également nationale et internationale.
Sa philosophie: " L'erreur ne devient pas vérité parce qu'elle se propage et se multiplie. La vérité ne devient pas erreur parce que nul ne la voit." (Gandhi)
Ou encore: "Le nouvel ordre mondial est en vigueur jour et nuit, selon le principe que celui qui ne produit pas, qui ne consomme pas et qui n'a pas d'argent pour le mettre en banque est inutile. Ainsi les immigrants, les sans terre, les sans toit sont traités comme les déchêts du système: ils doivent être éliminés." (John Berger)
Tous les commentaires sont les bienvenus, de même que les textes d'auteurs qui se sentent inspirés.
En attendant, un tract de mes amis des jeunes Verts et d'autres formations de la gauche résumant parfaitement la situation, et un dernier rappel puisque visiblement la majorité de la clique à Fillon n'a pas compris: les OGM, nous n'en voulons pas dans nos assiettes!!! Et nous sommes majoritaires dans notre pays.
"Appel Unitaire de la jeunesse sans OGM
Nous refusons d'être les cobayes d'une expérience scientifique grandeur nature.
Nous refusons d'être sacrifiés sur l'autel d'un projet de loi autorisant les cultures d'OGM en plein champ. Précisons que, loin d'être dogmatiques, nous ne sommes pas opposé-e-s aux cultures d'OGM en milieu confiné et à des fins de recherche scientifique. Mais nous voulons être protégés.
La société et sa jeunesse crient leur malaise face aux OGM. Alors qu'hier le Grenelle de l'environnement voulait garantir un droit à produire et consommer sans OGM, pourquoi hypothéquerions-nous aujourd'hui notre avenir ?
Il ne s'agit pas seulement d'une question de solidarité entre générations. C'est aussi et surtout une question de modèle de société et de gestion du risque. Plutôt que de les accepter aveuglément, la société doit prévenir les risques sanitaires et environnementaux liés aux OGM.
Nous demandons une plus grande écoute de la société civile afin d'appréhender tous les dangers, d'en évaluer les risques par une véritable expertise indépendante, et de mettre en œuvre le principe de précaution.
Nous lançons ensemble un
appel à la jeunesse afin de prévenir d’éventuels drames humains, de protéger notre santé et notre planète.
Nous vous invitons à signer cet appel et vous donnons rendez-vous pour une prochaine action "coup de poing" avant que le projet de loi ne soit débattu au Sénat puis à l’assemblée nationale."
Voir le site:
Comme concilier lutte contre la déforestation de la forêt amazonienne et combat contre l’expansion du virus du Sida au Brésil ?
Le lundi 7 avril, des ministres du gouvernement brésilien ont inauguré, à Xapuri, petite ville de l’Etat de l’Acre en pleine forêt amazonienne, la première usine de préservatifs fabriqués en Amazonie, à base de lait de latex issu des hévéas de la région. En offrant par ce biais un débouché économique aux récoltants de caoutchouc, le gouvernement brésilien espère les dissuader d’arracher les arbres de la forêt pour récupérer des terres agricoles comme ils le faisaient jusqu’alors, afin de se reconvertir dans la récolte et la vente de latex. L’usine, qui a coûté 8 millions d’euros, devrait fabriquer une centaine de millions de préservatifs par an et permettra au Brésil de réduire sa dépendance vis-à-vis de la Chine en la matière.
Au nom de la lutte contre le Sida (le Brésil est le pays d’Amérique Latine le plus touché par le virus), le gouvernement avait distribué
gratuitement l’année dernière pus de 120 millions de préservatifs. Les Brésiliens savent ce qu’il leur reste à faire pour lutter contre la destruction des « poumons » de la
planète.
En tous cas, bien que le projet semble sympathique, il faudra plus qu'une usine de préservatifs pour à la fois protéger la forêt amazonienne et
offrir à la population locale des possibilités de s'en sortir, sans parler des risques environnementaux liés à l'implantation d'une nouvelle activité industrielle en pleine Amazonie.
Pour Nicolas Sarkozy, les défenseurs des droits de l'Homme qui ont légitimement montré leur refus d'offrir un blanc seing à la Chine et à sa politique répressive vis-à-vis du Tibet sont des "tibétophiles fous". Quant à la réaction de Louis de Brossia, pourtant sénateur UMP, qui avait appelé "tous les élus locaux de France à arborer le drapeau tibétain au fronton des édifices publics", et bien pour le locataire de l'Elysée "c'est aussi idiot que si les officiels chinois me demandaient de hisser le drapeau basque au fronton de l'Elysée".
Quoi ajouter à ce genre de connerie? Elle parle d'elle-même. Basques et Tibétains subiraient donc le même sort. Des policiers français tirent sur des Basques et en tuent des centaines dans notre beau pays sans que nous ne réagissions? Les autorités nient le droit aux Basques d'exister? C'est terrible!
Je propose donc au Président de partir en vacances d'abord au Pays Basque, sur les côtes landaises, puis après au Tibet. Ca pourrait être pour lui une expérience enrichissante. En tous cas, celui qui se présentait avant son élection comme le futur "Président des droits de l'Homme" nous offre aujourd'hui de belles leçons de géopolitique. Certes il défend bien les "droits de l'homme d'affaires".
Quoi ajouter, si ce n'est pauvre type et pauvre France? Heureusement que nombre de nos concitoyens, contrairement à leur président, sont encore actifs pour défendre le peu qu'il nous reste de dignité humaine dans ce pays en refusant, au nom de pseudo valeurs de l'Olympisme, de fermer les yeux sur des massacres. Tous ces gens qui ont manifesté lundi ont sauvé l'image de l'Hexagone, tout comme les militants qui refusent chaque jour que des personnes, sous prétexte qu'elles n'ont pas de papiers, soient traitées tels des parias. Merci à eux!
La difficulté récurrente en France de critiquer dans certains milieux la politique étrangère israélienne vient de faire une nouvelle victime : Bruno Guigue. On peut ainsi se demander si la liberté d’expression ne se retrouve pas une nouvelle fois otage des communautés dans notre beau pays, droit dont l’application est à géométrie variable fonction de l’objet des critiques, qu’il s’agisse d’Israël ou de l’Islam :
Rien que le titre de ce texte, « L’ONU contre les droits de l’Homme », constitue en lui-même tout un programme. Diantre, les Nations Unies seraient devenues une organisation criminelle, ennemie des droits fondamentaux de l’Humanité ? Pour les auteurs de l’article du Monde, le conseil des droits de l’homme de l’ONU voudrait « anéantir la liberté d’expression », rien de moins. Aucune situation ou texte onusien ne vient étayer ces propos venimeux, et des amalgames grossiers sont opérés entre le voile islamique, l’oppression de la femme iranienne, la critique d’Israël, Goebbels, Staline, Pol Pot, le 11 septembre 2001 et les prises de position du CDH de l’ONU demandant le respect de toutes les religions, ou sa composition.
A côté de ce type de propos, les critiques de Bruno Guigue sur la politique étrangère d’Israël qui, cela est un fait, ne respecte pas le droit international depuis 1967, paraissent bien raisonnables, même si parfois virulentes. Je laisse à cet égard le soin aux lecteurs de juger des différents propos, même si pour moi ce n’est pas Bruno Guigue qui avait commencé. La question n’est pas là.
Le problème, c’est que suite à son article publié sur Oumma.com, M. Guigue s’est fait limogé par la ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, et a donc perdu son poste de sous-préfet de Saintes. Le gouvernement invoque le non respect par le haut fonctionnaire de son devoir de réserve.
La ministre a «été mise au courant mercredi du contenu de cette tribune et a immédiatement décidé de mettre fin aux fonctions» de M. Guigue, a-t-on indiqué de source ministérielle. Mais mise au courant par qui ? Certains invoquent un coup de fil du CRIF, Conseil Représentatif des Institutions juives de France. Sans vouloir entrer dans des « théories du complot » stériles, il serait dommageable qu’une ministre de la République limoge un sous-préfet suite à une plainte d’un groupe lobbyiste communautaire. Certes, Bruno Guigue n’a pas respecté son « devoir de réserve » en la matière, mais il s’exprimait en tant que politologue spécialiste de la région. S’il avait au contraire violement attaqué l’état iranien ou encore la religion musulmane dans ses formes obscurantistes, on peut se demander de façon légitime si le fonctionnaire aurait subi le même sort et les foudres de la ministre de l’Intérieur.
Comment au nom de la liberté d’expression, ces mêmes auteurs et soi-disant « intellectuels » peuvent défendre les propos d’un Robert Redecker ou d’une Ayaan Hirsi Ali, tout de même particulièrement insultants vis-à-vis de tous les musulmans, amalgamant une grande majorité muette de pratiquants de l’Islam modérés et une infime minorité de barbus excités et refuser ce même droit à s’exprimer, ou du moins ne pas défendre, un fonctionnaire qui critique Israël ? Ils sont bien peu nombreux aujourd’hui dans la presse, à défendre le Sous Préfet au nom de la liberté d’expression.
Défendre la position de M. Guigue, c’est défendre la liberté d’expression, de la même manière que pour Redeker, les caricaturistes danois et tous les autres. Ce principe est bien trop fondamental pour avoir à souffrir des exceptions.
*Le 11 avril 2008 au Sénat, entre 9h30 et 13h, la sénatrice Alima Boumediene-Thiery et son équipe (dont je fais partie), organise ainsi un colloque au sénat, salle Monnerville, pour défendre la
position de Bruno Guigue en sa présence.
Renseignements à mon numéro : 06 23 36 14 15
