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"Bin Jamin", ça signifie "sans terre" en Hindi, et comme je m'appelle Benjamin et que je loue mon appartement, c'est un bon titre pour mon blog.

On nous parle à longueur de temps de "Mondialisation heureuse" et de développement nécessaire et favorable à tous. Alors juste un petit blog,  pavé de plus dans la mare des joyeux chantres des bienfaits de la Globalisation. Il se base sur des expériences personnelles et s'adresse à tous les "sans", sans terre, sans air, sans droits, sans papiers, sans travail, sans toit, sans toi aussi d'ailleurs... Les récidivistes du stage s'y reconnaîtront. Ce blog se veut un modeste lieu de "résistance", ce au sens noble du terme.

Toute accusation d´affiliation à un groupe (si ce n'est les écolos un peu gauchistes, je le concède volontiers, de même que Sauvons les Riches qui prône une mesure de salubrité publique, le revenu maximum), parti, association, clubs de libéraux masochistes ou de néomarxistes, de joueurs de boules, de propriétaires de chien qui pue, de réhabilitation du clocher de Moussac ou de je ne sais quoi encore ne serait que fumisterie et vil procès d´intention.

Les propos rédigés en ces pages n´engagent que leur auteur afin de partager des points de vue, des expériences vécues, des constats lors de voyages à l'étranger, etc. Il s'agit de réfléchir, un peu, sur le développement, sur l'environnement, sur l'actualité, sur la politique, sur l'altérité sans trop d'austérité. Bin Jamin se veut un vecteur d'informations généralistes à tendance sociale et écologique, mais également nationale et internationale, avec un intérêt marqué pour le Sous-Continent indien, véritable laboratoire de la globalisation, de ses excès et des mouvements qui tentent d'y remédier.

Sa philosophie: " L'erreur ne devient pas vérité parce qu'elle se propage et se multiplie. La vérité ne devient pas erreur parce que nul ne la voit." (Gandhi)

Ou encore: "Le nouvel ordre mondial est en vigueur jour et nuit, selon le principe que celui qui ne produit pas, qui ne consomme pas et qui n'a pas d'argent pour le mettre en banque est inutile. Ainsi les immigrants, les sans terre, les sans toit sont traités comme les déchêts du système: ils doivent être éliminés." (John Berger)


Tous les commentaires sont les bienvenus, de même que les textes d'auteurs qui se sentent inspirés.
Mercredi 6 janvier 2010 3 06 /01 /Jan /2010 18:13

Allez, bonne résolution pour 2010, essayer de relancer ce blog malgré des activités au Parlement européen qui me laissent guère de temps. Bientôt un nouveau squelette. En attendant, très bon article de Sophie Chapelle pour Bastamag, histoire de ne pas trop être désespéré par le gachis de Copenhague:

Le monde après Copenhague

Et si on parlait enfin des vraies solutions face au réchauffement

Par Sophie Chapelle (19 décembre 2009)


Pendant que les chefs d’Etat discourent indéfiniment et compromettent l’avenir de la planète, des mouvements et collectifs tentent d’agir concrètement. Les propositions, initiatives et expérimentations en faveur d’une société plus écologique et plus juste socialement ne manquent pas. Passage en revue de quelques-unes de ses « vraies » solutions au changement climatique, présentées à Copenhague par des citoyens ou des associations.

 

© crédits : Collectif à-vif(s) [1]


« Les vraies solutions ne sont pas dans l’agenda des négociations officielles », assène Naomi Klein, journaliste et altermondialiste canadienne, sur la scène du sommet alternatif à Copenhague. C’est en arpentant les rues à l’extérieur du Bella Center que l’on croise des militants venus du monde entier témoigner d’alternatives locales et mondiales.

Manger moins de viande

Kathy Bai se tient chaque jour à l’entrée du Bella Center. Son credo : une loi « pour le végétarisme ». Elle offre un sandwich végétal à toutes celles et ceux prenant le temps de s’arrêter : « L’industrie du bétail est responsable d’au moins 50 % du réchauffement climatique. 80 % des enfants souffrant de la faim vivent dans des pays qui exportent des aliments pour nourrir les animaux d’élevage des pays développés », assène-t-elle à ses interlocuteurs. Le végétarisme est pour elle « la première manière de stopper la faim dans le monde et le réchauffement climatique » [2].

Kathy peine à se faire entendre dans son pays - les Etats-Unis - comme au Danemark, qui exporte plus de 85% de sa production de porc. Largement nourris au soja génétiquement modifié selon la Via Campesina, ces élevages de porcs illustreraient « un modèle de gaspillage, de profit et de destruction environnementale et sociale [qui] a fait son temps ». Alors que des alternatives à l’alimentation à base de soja transgénique existent (comment se nourrir sans soja OGM ?).


Agriculture paysanne, droit à la terre et semences locales


En réponse à ce modèle, des paysans ne cessent de manifester pour la souveraineté alimentaire. Autrement dit, le droit des paysans de nourrir le monde et de se nourrir eux-mêmes. « Une conversion massive de la monoculture industrielle à l’agriculture paysanne durable et le développement des marchés locaux permettraient une réduction massive de tous les gaz à effet de serre », assure Josie Riffaud de la Via Campesina, qui regroupe des mouvements paysans du monde entier. Pour Henry Saragih, coordinateur général de ce syndicat paysan, « l’agriculture soutenable c’est aussi l’utilisation des semences locales ». Ces dernières connaissent une appropriation sans borne par les firmes semencières. Selon le rapport 2008 d’ETC Group, dix firmes contrôlent les deux tiers du marché mondial de la semence. « Nous voulons pouvoir conserver, ressemer, échanger et vendre nos semences et nous réclamons aussi le droit à la terre, précise Henry. Sous couvert de l’ONU, les gouvernements ont distribué 9 millions d’hectares dans le cadre de REDD mais sans jamais de compensation pour les personnes expropriées ».


Confier la préservation des forêts aux peuples autochtones

« REDD » est l’acronyme qui revient tout le temps dans la novlangue des négociateurs officiels comme dans les couloirs du Klimaforum. Ce sont les initiales de « reducing emissions from deforestation and forest degradation in developing countries », ou réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts dans les pays en développement. Une entreprise investissant dans la gestion durable de forêt serait créditée de droits à polluer qu’elle pourrait utiliser ou revendre. La mise en place de ce mécanisme est le seul aspect de la convention climat sur lequel les Etats sont tombés d’accord. Mais pas la société civile : de nombreux militants arborent le T-shirt « no rights = no REDD » (pas de droits = pas de REDD). « Pourquoi ce t-shirt ? Parce que tant que les peuples autochtones ne verront pas leurs droits reconnus dans le mécanisme REDD, nous n’en voudrons pas, précise une militante de la Global Forest Coalition. La solution au changement climatique est dans le respect de la mise en œuvre de leurs droits ».


Les peuples autochtones ne sont pas partie prenantes des négociations alors même qu’ils sont, souvent, les principaux concernés en tant qu’habitants de zones forestières à protéger. Les conventions internationales reconnaissant les droits des peuples autochtones sont pourtant nombreuses : Convention 169 de l’Organisation internationale du travail (OIT), Convention sur la diversité biologique, Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones. Ces textes peinent à être appliqués à l’échelle locale comme à l’échelle des Nations-unies. Pourtant, quand les peuples indigènes et les communautés locales acquièrent des droits, ils défendent avec succès leur territoire contre l’exploitation commerciale, montre une étude de l’ONG brésilienne Instituto Socioambiantal. Dans l’Amazonie brésilienne par exemple, seulement 1 % des territoires indigènes sont touchés par la déforestation contre 2 % en moyenne dans les aires protégées, et 19 % en dehors des zones protégées.


Un « new deal » moins polluant pour l’acier


« Est-ce que ce monde est sérieux ? », gronde Ange Benjamin Brida venu de Côte d’Ivoire et invité dans une conférence parallèle aux négociations officielles. Membre des Jeunes volontaires pour l’environnement, il est en colère contre « ce monde [qui] a pour l’instant esquivé les questions fondamentales sur le changement des modes de vie. Il nous faut adopter des plans de développement sobres en carbone ». Des mots qui entrent en résonance avec ceux de Joël Decaillon, secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES). Cette dernière a organisé du 14 au 16 décembre un pavillon du monde du travail à proximité du Bella Center. « Nous devons accepter l’idée que nous sommes à la fin d’un système, assure t-il. La question qui bloque, aujourd’hui, c’est la transition de la société vers le développement durable. Une transition juste avec des politiques bas-carbone nécessite du temps. Or les temps du capital financier sont courts et il n’en a rien à faire de l’anticipation. » Pour la fédération européenne des métallurgistes qui avait répondu présente à l’invitation de la CES, « un saut technologique, en particulier dans le secteur de l’acier, est nécessaire pour atteindre l’objectif européen de 80% réduction des émissions d’ici 2050 ». L’industrie sidérurgique est en effet l’un des secteurs les plus polluants en gaz à effet de serre (voir notre palmarès des entreprises françaises les plus polluantes). Les métallos proposent une nouvelle donne pour l’acier.


Des politiques industrielles « à faible intensité carbone »


Du côté du syndicat européen des transports, on regrette « le manque d’initiatives des entreprises. Nous poussons pour des transports verts pour les passagers comme pour le fret ». « Il faut organiser les salariés dans les secteurs émergents, comme les secteurs de la production d’énergie, afin que les syndicats puissent maintenir leur influence et leur pouvoir de négociation », insiste la fédération des travailleurs européens des mines, de la chimie et de l’énergie. En réponse à la Commission 2020 de l’Union européenne qui propose d’accélérer la conversion vers une économie verte, les syndicats se préparent à une grande mobilisation le 24 mars 2010 sur les politiques industrielles à faible intensité carbone.


Des coopératives de recyclage...

Le secteur de l’économie informel bouge aussi. « Les gens s’organisent au niveau mondial contre le changement climatique et la pauvreté en montant des coopératives de recyclage », témoigne Neil Tangry, membre d’un mouvement mondial pour la récupération. « La récupération, la collecte et le recyclage fournissent de l’emploi à des millions de personnes dans le monde. Même dans les pays développés, recycler fournit dix fois plus de jobs par tonne de déchets que les incinérateurs et l’enfouissement des déchets. Mais au lieu de subventionner le secteur du recyclage, on le privatise et on finance les incinérateurs », regrette t-il.


...Et des villes moins dépendantes du pétrole


« Certaines villes ont pris les devants, on les appelle les villes en transition », indiquent des représentants du mouvement des villes en transition. Initié en Grande-Bretagne, ce réseau vise à rendre les villes et leurs habitants moins dépendants des énergies fossiles à l’approche du pic pétrolier, qui marquera le déclin de la production pétrolière. « Les villes en transition sont une manière concrète pour les individus d’agir sur le climat et le défi du pic du pétrole », explique Ben Brangwyn dans une conférence au Klimaforum. Après la petite ville anglaise de Totnes qui a été la première à entamer une politique de transition, on compte aujourd’hui plus de 130 villes en transition dans le monde, principalement au Royaume-Uni et en Irlande, mais aussi en Amérique latine et aux États-Unis.

« Ce sont les habitants qui définissent les solutions qu’ils souhaitent mettre en place. "Le plan de descente énergétique" passe par la multiplication des liens entre acteurs locaux, s’appuyant sur une relocalisation de toutes les activités qui peuvent l’être », témoigne Ben. La mise en place de monnaie locale permet par exemple de faire ses achats chez les commerçants partenaires du projet. Un bon début pour « changer son rapport à la vie », bien loin des préoccupations des chefs d’Etat et de gouvernement qui négocient pourtant notre avenir. Heureusement, les citoyens ont des initiatives et de l’imagination à revendre.

Sophie Chapelle

Notes

[1] Du 6 au 19 décembre 2009, les photographes du collectif à-vif(s) sont à Copenhague pour la Conférence des Nations unies sur le climat. En publiant quotidiennement des reportages photographiques et sonores, ils portent un regard subjectif sur une ville, théâtre d’un évènement planétaire surmédiatisé. Chaque jour, en collaboration avec les sites mouvements.info, Mediapart.fr et m-e-dium.net des collectifs et des organisations participant à l’événement, l’équipe d’à-vif(s) vous convie à suivre en ligne le sommet du climat sous un angle original et décalé.

[2] Sur l’industrie de la viande, lire aussi notre interview de Fabrice Nicolino.

 

Par Ben - Publié dans : Environnement - Communauté : Media - Actualité générale
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Lundi 26 octobre 2009 1 26 /10 /Oct /2009 15:57
Par Ben - Publié dans : Actualité Bin Jamin - Communauté : Media - Actualité générale
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Lundi 26 octobre 2009 1 26 /10 /Oct /2009 14:47


article paru dans Nouvelobs.com le 24 octobre:

Le fils cadet du chef de l'Etat a été élu administrateur de l'Etablissement public d'aménagement de la Défense (Epad) par la majorité du conseil général des Hauts-de-Seine. Pour la séance "publique", plusieurs centaines de policiers ont été déployés pour imposer "une véritable sélection à l'entrée".

Jean Sarkozy au Conseil général des Hauts-de-Seine le 23 octobre (AFP)

Jean Sarkozy au Conseil général des Hauts-de-Seine le 23 octobre (AFP)


Tout juste élu administrateur de l'Etablissement public d'aménagement de la Défense (Epad), le fils cadet du chef de l'Etat, Jean Sarkozy a défini devant la presse vendredi 23 octobre sa vocation politique "inaltérable".
"J'ai dit que j'avais la passion de l'engagement public. J'ai cela en moi, c'est une vocation. Elle n'a pas été altérée (par la polémique, ndlr) parce qu'elle est inaltérable", a affirmé Jean Sarkozy devant les micros de nombreux journalistes, français et étrangers, qui assistaient à l'évènement.
Interrogé sur son éventuel projet de se présenter en 2011 à la présidence du conseil général des Hauts-de-Seine, le conseiller général a répondu que "dans les années à venir, (il) aura l'occasion de (se) présenter devant les électeurs", sans plus de précision.

"Cela forge le caractère"


Revenant sur la polémique qui a entouré son projet de candidature à la tête de l'Epad auquel il a finalement renoncé, Jean Sarkozy a parlé d'une "épreuve".
"C'est toujours une épreuve de se retrouver au centre d'une polémique mais cela forge le caractère et la détermination", a-t-il dit
Interrogé sur l'éventualité d'une autre candidature, dans le futur, à la tête de la Défense, il a répondu qu'il n'avait "pas l'ambition des titres et des honneurs".
"J'ai de l'ambition pour La Défense. C'est le premier quartier d'affaires européen. Mais ce n'est pas un acquis, il faudra que l'on travaille beaucoup pour garantir ce leadership et confirmer cette attractivité", a-t-il dit.
"C'est une ambition qui est forte, qui est noble, je suis administrateur, j'ai des idées. J'ai envie de me battre, de les défendre, c'est ce que je veux faire", a-t-il conclu.

Extension du quartier d'affaires


Le conseil général des Hauts-de-Seine a approuvé vendredi le projet de décrets concernant notamment l'extension du quartier d'affaires de la Défense, a constaté l'AFP.
L'avis favorable du département a été acquis par 28 voix contre 17.
Le projet de décrets, soumis à l'avis des élus départementaux, prévoit la fusion de l'établissement public de La Défense (Epad) avec un autre établissement public, l'Epasa, qui chapeaute une partie de Nanterre.
Peu après 10h, la séance publique du conseil général des Hauts-de-Seine avait débuté sous haute surveillance.

"Je ne renoncerai à rien"

Très à l'aise, Jean Sarkozy, portant de fine lunettes et vêtu sobrement d'un costume gris et d'une chemise bleue, a défendu sa candidature pendant plus de 20 minutes.
"Je ne renoncerai à rien de l'ambition que j'ai pour ce quartier d'affaires, je ne renoncerai à rien de ma candidature à ce poste d'administrateur", a notamment lancé le conseiller général UMP à l'issue d'un discours où il a appelé l'opposition "à la concertation, au partenariat pour donner à la Défense les moyens de sa politique".
"De biens belles envolées. Mais quand j'entends Jean Sarkozy dire qu'il ne renonce à rien, j'ai beaucoup d'inquiétude pour l'avenir", a ironisé son adversaire communiste.
"Les beaux engagements d'aujourd'hui, j'aurais voulu que la droite les mette en oeuvre dans le passé, notamment en ce qui concerne la concertation avec les élus locaux. En politique, on ne juge pas aux discours, on juge les actes", a lancé Nadine Garcia.
Jean Sarkozy occupera le siège laissé vacant par Hervé Marseille (NC), démissionnaire, qui jusqu'alors représentait l'assemblée départementale à l'Epad.

Une séance "publique" sous contrôle policier


Pour l'organisation de cette séance "publique", plusieurs centaines de policiers ont été déployés à Nanterre. Les boulevards ont été totalement interdits au public et les policiers contrôlaient les identités de tous les passants jusqu'à environ 500 mètres du bâtiment, interdisant l'accès aux personnes non munies d'autorisations officielles.
Malika Elkord, envoyée spéciale du nouvelobs.com à Nanterre, témoigne d'"une réunion en rien publique". "Un important service d'ordre contrôle les entrées, avec une véritable sélection à l'entrée", raconte-t-elle. "Même la député européenne Karima Delli [également membre du collectif "Sauvons les riches", NDLR] n'a pas pu entrer dans la salle des discussions... Les forces de l'ordre prétextent qu'il n'y a plus de place, qu'il y a trop de monde." Finalement, malgré son titre d'euro-député, elle n'a pas pu rentrer.
Par ailleurs, une manifestation d'une cinquantaine de militants socialistes, accompagnés d'élus locaux de gauche, a été contenue à bonne distance du bâtiment.
De même, plusieurs membres du collectif "Sauvons les riches", costumés en uniformes de l'époque de la monarchie, ont dansé, brandissant des pancartes brocardant le chef de l'Etat et affichant une phrase qu'il a prononcée dans un discours récent sur la réforme du lycée : "Ce qui compte en France pour réussir, ce n'est plus d'être bien né".

Un président intérimaire pour l'Epad ?


Le ministre du Logement, Benoist Apparu, ministre de tutelle de l'Epad, a suggéré vendredi qu'un administrateur de l'Etat pourrait assurer l'intérim à la tête de l'établissement jusqu'à sa fusion avec l'établissement public de Seine Arche, évoquant une "option ouverte".
"Plusieurs options sont ouvertes pour la succession de Patrick Devedjian" à la tête de l'Epad, a-t-il déclaré. "La tradition, c'est qu'on choisisse le président parmi les représentants élus du département pour ne pas favoriser les communes. Or Jean Sarkozy ayant renoncé à briguer la présidence et Patrick Devedjian étant atteint par la limite d'âge, aucun des deux représentants du département ne sera candidat", a expliqué le ministre du Logement. "Alors pourquoi pas un administrateur de l'Etat [on compte 9 représentants de l'Etat parmi les 18 administrateurs, NDLR] pendant la période transitoire jusqu'à la fusion Epad-Epasa", a-t-il suggéré. Une fusion qui pourrait intervenir au 1er semestre 2010.

De son côté, le responsable PS des Hauts-de-Seine et conseiller général Pascal Buchet propose que la présidence de l'Epad puisse être confiée aux maires des communes concernées.
Depuis cinquante ans, l'Epad a pour rôle d'aménager et d'urbaniser les 160 hectares du plus important quartier d'affaires d'Europe, implanté dans la banlieue nord-ouest de Paris, dans le prolongement des Champs-Elysées. Située principalement sur les communes de Courbevoie et Puteaux (Hauts-de-Seine), cette "opération d'intérêt national" a déjà abouti à la construction de 3 millions de m² de bureaux, avec 2.500 sièges sociaux d'entreprises, dont plusieurs du CAC 40, et 150.000 salariés.

(Nouvelobs.com avec AFP)
Par Ben - Publié dans : Actualité Bin Jamin - Communauté : Media - Actualité générale
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Mercredi 19 août 2009 3 19 /08 /Août /2009 10:59

Et pendant ce temps au Sri Lanka… silence, on tue !


 


« Nous les enfants Tamouls : nous ne vous demandons pas de la nourriture ; bien que nous ayons faim. Nous ne vous demandons pas des vêtements ; bien que nous ayons froid. Nous ne vous demandons pas un toit ; bien que nous dormions dans la jungle. Nous ne vous demandons pas des jouets ; bien que nous soyons encore des enfants. […] Mais nous vous demandons seulement de nous sauver la vie. »


Ces quelques phrases émouvantes avaient été lues par une enfant tamoule, au cours d’une manifestation de soutien aux victimes tamoules de la guerre civile, à Paris, en février 2009, alors que l’armée sri-lankaise se livrait à d’intenses combats contre les derniers bastions de résistance des LTTE, les Tigres de libération de l'Eelam tamoul, au Nord Ets du Sri Lanka.

 

Où en est-on depuis ? La communauté internationale ne semble pas s’alarmer grandement de la situation régnant sur « l’île bienheureuse », présentant pourtant tous les symptômes d’un crime contre l’humanité, d’un génocide qui ne voudrait pas dire son nom.  

Officiellement, les combats ont cessé le 19 mai dernier suite à la mort de Velupillai Prabhakaran, dirigeant historique du LTTE à la réputation plus que sulfureuse, tué par l'armée gouvernementale. A cette date, 265 000 personnes déplacées étaient enregistrées dans des camps, selon le HCR (Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés).

 

Une longue et violente guerre civile


La guerre civile du Sri Lanka a opposé, officiellement de 1983 à 2009, le gouvernement du Sri Lanka, dominé par la majorité cinghalaise bouddhiste et les Tigres de libération de l'Eelam Tamoul, organisation séparatiste luttant pour la création du Tamil Eelam, un État indépendant dans l'Est et le Nord du pays, majoritairement peuplé de Tamouls de religion hindoue(18% de la population).

 

Cette guerre civile, qui allait devenir une des plus longues et des plus sanglantes du monde contemporain, débuta le 24 juillet 1983, lorsque des pogroms furent perpétrés par la majorité cinghalaise à l’encontre de la minorité tamoule, suite à la mort de 13 soldats sri-lankais, tombés dans une embuscade des LTTE. La tragédie entra dans l’Histoire sous le nom de « Black July », avec le massacre de plus d’un millier de Tamouls, dont nombre de femmes et d’enfants.

 

Ces évènements allaient profondément marquer la communauté tamoule de l’île et c’est à cette époque que nombre de Tamouls commencèrent à émigrer à l’étranger, en Australie, aux Etats-Unis et en Europe. Quelques 80 000 réfugiés tamouls originaires du Sri Lanka vivent aujourd’hui en France. Et c’est à partir de 1983 que désormais tous les coups allaient être permis entre le gouvernement sri-lankais et les Tigres, les civils se retrouvant bien souvent pris en otage entre les deux. C’est néanmoins entre janvier dernier et aujourd’hui qu’ils ont payé le plus lourd tribut, en majeure partie à cause du pouvoir sri-lankais dirigé par Mahinda Rajapakse (président depuis novembre 2005).


Les responsabilités du LTTE

 

Certes les agissements des Tigres tamouls ces dernières décennies n’ont pas facilité la tâche pour rendre sympathique la cause tamoule auprès des opinions publiques internationales : nombre d’attentats-suicide et de bombes à retardement dus aux LTTE ont explosé de multiples fois ces deux dernières décennies dans les villes sri-lankaise, tuant des centaines de civils dans des bâtiments gouvernementaux ou des transports publics. En janvier 1996 par exemple, les Tigres tamouls commettent leur plus sanglante attaque-suicide dans la Banque centrale de Colombo, tuant 90 personnes et en blessant 1 400. En janvier 98, c’est le Sri Dalada Maligawa à Kandy, l'un des temples bouddhiste les plus sacrés au monde, qui est endommagé par un camion piégé.

 

En réponse à ces attentats, les différents gouvernements sri-lankais vont déclarer les LTTE hors-la-loi et inciter d'autres gouvernements étrangers à en faire de même. L'Inde le fait en 1992, suite à l’assassinat de son Premier ministre Rajiv Gandhi (fils d’Indira Gandhi et donc petit fils de Nehru, le père avec le mahatma Gandhi de l’Inde indépendante) par une Tamoule,  probablement combattante des LTTE, lors d'un attentat-suicide dans un meeting électoral. Tandis que jusqu’alors l’Inde, qui possède une importante population tamoule, en particulier dans l’Etat du Tamil Nadu au Sud du pays, était plutôt favorable aux indépendantistes, elle change son fusil d’épaule suite à cet attentat. Désormais résolument hostile aux LTTE, l’Inde continuera toutefois à prendre position pour les droits des Tamouls.

 

Continuant leurs exactions, les LTTE essaient de tuer la présidente sri-lankaise Chandrika Kumaratunga en décembre 1999, celle-ci perdant un œil dans l'explosion. En juillet 2001, les Tigres commettent une attaque-suicide contre l'aéroport international Bandaranaike, détruisant huit avions des forces aériennes sri-lankaises et quatre avions de la Sri Lankan Airlines, portant ainsi un coup sévère à l'industrie touristique. Les États-Unis finissent par lister les LTTE comme organisation terroriste en 1997, avant le Royaume Uni en 2000. Aujourd’hui 31 pays dont les Etats membres de l’Union européenne classifient les Tigres de l’Eelam tamoul en tant qu’organisation terroriste. 


La coupable indifférence occidentale

 

Les Occidentaux n’ont tout d’abord pas beaucoup porté d’attention à cette région du monde, depuis l’indépendance de l’île en 1948. Néanmoins les Etats-Unis dans les années 80, sous l’administration de Ronald Reagan, s’intéressent de près au port de Trincomalee, situé au Nord Est de l’île, donc en plein territoire tamoul, dans l’optique d’y installer une base navale américaine (c’est un site géostratégique important pour la maîtrise des mers d’Asie du Sud est). L’Inde, y voyant un empiètement certain de sa souveraineté, réussit à faire capoter le projet en signant l’Accord d’entente indo-sri-lankaise en 1987[1].

 

C’est ensuite sous administration Bush, après les attentats du 11 septembre, que Washington s’intéressera de nouveau à l’île, à son port de Trincomalee et à son aéroport de Palaly, seuls endroits intéressants pour l’armée américaine dans la région. Il s’agit donc pour l’équipe Bush de régler la question tamoule rapidement. Or, au lieu de jouer un rôle de facilitateur dans la résolution du conflit, les faucons de la Maison Blanche, comme à l’accoutumé, traduit le conflit en une lutte des démocraties contre le terrorisme. En renonçant à la promotion du respect des droits de l’homme pour en appeler à la nécessaire lutte contre les  « terroristes », les Etats-Unis offrent alors un blanc seing et un argumentaire clef en main au pouvoir à Colombo pour se débarrasser enfin des séparatistes tamouls, ce quel qu’en soit le prix.    

 

Les Etats européens ne portent eux guère d’intérêt pour le conflit au Sri Lanka à l’exception des pays nordiques, et en particulier de la Norvège, qui offre ses bons offices en 2000 jusqu’à l’obtention inespérée d’un cessez-le-feu en décembre 2001. Celui-ci sera de courte durée puisque les LTTE décident de se retirer du processus en avril 2003. Puis le conflit reste de basse intensité jusqu’à l’arrivée au pouvoir fin 2005 de Mahinda Rajapaksee.

 

Celui-ci opte alors pour le « tout militaire » afin d’écraser la rébellion tamoule et sape en même temps par presse interposée l’action des pays nordiques œuvrant pour la paix au sein de la SLMM[2]. Accusés de soutenir la guérilla tamoule par le Gouvernement, affaiblie par les Tigres qui décident de la reprise des combats en 2006, la SLMM, réduite à sa plus simple expression, est priée par Colombo de rapatrier ses derniers émissaires début 2008.


L’escalade de la violence

 

Le gouvernement sri-lankais, de plus en plus intransigeant, décide alors de porter le coup de grâce : le 25 janvier 2009, 50 000 militaires de l'armée Sri Lankaise prennent le contrôle de Mullaitivu après des combats contre 2 000 tigres tamouls. Dernière ville encore aux mains des indépendantistes, ceux-ci se retrouvent alors confinés dans la jungle sur un territoire de 20 km de long sur 15 km de large.

 

Les organisations humanitaires internationales tentent alors d’alarmer l’opinion sur le sort de 150 000 à 300 000 civils coincés dans la région de Mullaittivu et que les Tigres utiliseraient d’après le gouvernement comme boucliers humains.

Le 23 février 2009, le LTTE demande un cessez-le-feu qui est rejeté d’emblée par le gouvernement de Rajapaksee. ]Le 25 avril 2009, le LTTE est retranché dans une zone de 13 km² à Puttumatalan, étroite bande côtière du district de Mullaithivu encerclé par l' arméée sri-lankaise. La présence de dizaines de milliers de civils rend la situation humanitaire effroyable.

 

Le 16 mai 2009, le LTTE perd son accès à la mer, vital pour son approvisionnement, et dépose les armes tandis que le 18 mai, Velupillai Prabhakaran, dirigeant historique du LTTE, est tué par l'armée gouvernementale.

 

Au 19 mai 2009, 265 000 personnes déplacées sont enregistrées dans des camps selon le HCR.

 

Fin mai, John Holmes, secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des affaires humanitaires, déclare que les chiffres des pertes civiles dans la dernière bataille ont été sous-estimés par l'ONU,  le chiffre de 20 000 morts étant avancé dans la presse, et que l'on ne saura sans doute jamais combien de civils ont péri dans les derniers affrontements.

 

Le Sri-Lanka, plus grand camp de réfugiés du monde ?

 

Depuis des mois, le gouvernement sri-lankais maintient une chape de plomb sur la réalité de la situation pour les civils tamouls dans l’île, entravant l’accès aux médias étrangers et aux organisations humanitaires. Tant et si ben que l'association Human Rights Watch (HRW) demande officiellement en juillet la libération de plus de 280.000 civils tamouls déplacés, qui s'entassent dans des camps de détention au nord du Sri Lanka.

 

D’après la célèbre ONG, le gouvernement de Colombo maintient en détention depuis mars 2009, en violation complète du droit international, presque tous les civils ayant fui les combats entre l'armée et les Tigres de libération de l'Eelam tamoul.

 

Les Nations unies ont estimé précisément qu'à la date du 17 juillet 2009, le gouvernement sri-lankais retenait 281.621 personnes dans 30 camps militaires gardés par l'armée dans quatre districts du nord, à Vavuniya, Jaffna, Mannar et Trincomalee. Les réfugiés peuvent seulement en sortir pour recevoir des soins médicaux d'urgence, en général accompagnés d'une escorte militaire, et les ONG n'ont pas accès à ces camps.

 

Le quotidien britannique The Times annonce fin juillet que 1400 personnes meurent par semaine à Manik Farm (photo), camp de réfugiés dans le nord de l’île, principalement de maladies telle que la diarrhée. Manque d'hygiène, d'infrastructures, développement de maladies, etc., les conditions de vie y sont effroyables, à tel point que le Times va jusqu'à utiliser le terme de « camp de concentration ». L’information n’a pourtant pas fait la une des journaux en France. Rares sont les journalistes présents sur place, et les ONG elles-mêmes ont un accès très limité à ce camp.


Alors que faire ?

 

Va-t-on laisser longtemps un gouvernement se livrer à de tels crimes de guerre sans réagir ? Au prétexte que les Tigres tamouls ont employé des méthodes déplorables par le passé pour faire entendre leurs revendications, peut-on justifier l’injustifiable ? Et des êtres humains poussés en désespoir de cause à se livrer à des attentats suicides face à un Etat impitoyable, ça ne vous rappelle rien ? Pourquoi ce qui nous soulève le cœur et nous révolte au Darfour, à Gaza, en Tchétchénie, au Tibet et ailleurs nous laisse t’il indifférent sur cette lointaine île au Sud du Sous Continent indien ? Il semble que le long travail idéologique perpétré depuis des années par le gouvernement de Colombo de considération du mouvement tamoul par le seul prisme de la lutte contre le terrorisme ait porté ses fruits. Si Bush n’est plus, sa vision manichéenne des relations internationales semblent avoir de beaux jours devant elle.

 

Et en attendant que la France se réveille et que l’inénarrable Bernard Kouchner nous parle peut-être des « moules » sri-lankaises après ses « yogourts » en Chine[3], nous écologistes ne pouvons plus rester inactifs. Une délégation de nos nouveaux eurodéputés doit pouvoir se mettre en place rapidement pour se rendre au Nord de l’île et afin de pouvoir constaté la réalité des faits effroyables annoncés. A l’instar de l’ex-Yougoslavie et du Rwanda, vus les faits énoncés, il y a suffisamment matière à invoquer la nécessité d’un tribunal pénal international pour le Sri Lanka chargé d’enquêter en toute objectivité, sans être entravé de nulle manière que ce soit par Colombo, sur la réalité des faits énoncés, en particulier des bombardements aveugles de l’armée, des pillages et des milliers de viols dénoncés par des femmes tamoules sur le terrain.

 

Mais commençons tout d’abord par ouvrir les yeux sur cette région du monde, pour cesser l’indignation à géométrie variable, insupportable aux yeux des principaux intéressés, notamment notre très importante diaspora tamoule implantée en France.


Benjamin Joyeux

 

août 2009


 



[1] Le 29 juillet 1987, cet accord est signé entre le premier ministre indien Rajiv Gandhi et le premier ministre sri-lankais de l’époque, Junius Jayawardene, permettant le déploiement de l’IKPF, force indienne de maintien de la paix chargée de désarmer les Tamouls. Or ceux-ci refusent de lâcher les armes tant et si bien qu’ils en arriveront à la solution extrême d’assassiner Rajiv Gandhi en représailles de cet accord, fermant la voie à un processus de paix sous égide indienne.

[2] Mission de Contrôle déployée à la suite de l’accord de cessez-le-feu au Sri Lanka signée en 2002, composée de la Norvège, de l’Islande, de la Suède, de la Finlande et du Danemark. Initialement composée de 57 représentants de ces pays, la mission est réduite à 30 Norvégiens et Islandais en août 2006, à la suite d’une reprise des violences.

[3] Notre ministre des affaires étrangères a parlé de « Yogourts » au lieu d’Ouïgours après les soulèvements de cette minorité à l’Ouest de la Chine ces dernières semaines.

 

Par Ben - Publié dans : Actualité Bin Jamin - Communauté : Media - Actualité générale
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